RTPacific Contact Avis
 
29.05° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Soutenir les femmes rurales pour atteindre le développement durable d’Haïti

Soutenir les femmes rurales pour atteindre le développement durable d’Haïti



Port-au-Prince, le 7 juin 2021. Haïti est classée 152e sur les 162 pays et territoires en terme d’inégalité de Genre affichant un Indice d’Inégalité de Genre (IIG) de 0,636 et un Indice de développement humain (IDH) de 0,510 (PNUD, 2020). La pauvreté est plus répandue en zones rurales qu’en zones urbaines. Elle est caractérisée par la baisse de productivité des terres, entraînant l’exode rural et son corollaire, la rareté de main-d’œuvre agricole, ce qui signifie moins de terres arables mises en valeur. Les femmes rurales sont les plus vulnérables.

Malgré leur vulnérabilité, elles jouent un rôle crucial dans le développement des chaines agroalimentaires et la préservation des activités génératrices de revenus. Elles contribuent de manière significative à la production agricole, la transformation des produits de récoltes, la sécurité alimentaire et la nutrition ; la gestion des terres et des ressources naturelles ; et au renforcement des capacités d'adaptation face aux changements climatiques.

Selon la répartition traditionnelle des tâches dans l’agriculture, on retrouve les femmes prioritairement dans les activités du petit commerce, les petites unités de transformation (cassave, beurre d’arachide ; sirop miel …), l’accompagnement dans les champs (activités de cueillette et de récolte), le triage de charbon, la préparation de la nourriture pour les Coumbites, la vente de poissons, etc. Elles sont intégrées aux travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO), activités temporaires entreprises par certaines institutions étatiques ou des ONG, où la pratique du recrutement d’un certain quota de femmes est observée depuis quelques années.

En dépit qu’elles représentent la clé de voute pour le développement durable, les femmes ne peuvent souvent pas exploiter pleinement leur potentiel productif et entrepreneurial, ou participer aux chaînes de valeur agroalimentaires au même titre que les hommes ; ce qui entrave leur autonomisation économique. Elles font face à des contraintes qui limitent leur accès aux facteurs et moyens de production, aux technologies, à la formation, au crédit et à l’emploi. Cette situation ne fait qu’accroitre leur vulnérabilité face à l’insécurité alimentaire en dépit de la validation de la politique de l’égalité des sexes par le gouvernement.

Pour surmonter ces difficultés et renforcer leur résilience face aux différentes crises, il faut une identification des contraintes de genre afin de développer une stratégie d’intervention appropriée pour parvenir aux objectifs liés à l’égalité entre les sexes et au développement des chaînes de valeur.

Pour mettre un terme à la faim et la pauvreté, en collaborant avec les autorités étatiques, la FAO reste pleinement engagée à aborder les contraintes structurelles auxquelles sont confrontées les femmes rurales afin de renforcer leur résilience face aux chocs successifs – naturels et anthropomorphiques- et améliorer leur sécurité alimentaire, pendant ce moment crucial où près de 41 pour cent de la population est en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle (CNSA, septembre 2020).

Conformément à l’engagement de «ne laisser personne de côté» qui est au cœur des Objectifs de développement durable (ODD), la FAO est résolue à éliminer les inégalités entre les sexes, en apportant toujours son soutien aux femmes impliquées dans des activités liées à l’agriculture par le renforcement de leurs capacités de gestion et de leadership, ainsi que l’amélioration de la productivité et de la rentabilité des chaines de valeur qu’elles mettent en œuvre. La valorisation de leurs connaissances locales passe par l’approche « Champs Écoles Paysans (CEP) » qui les encourage à travailler en réseau, à améliorer leur propre confiance et à être davantage reconnues par leurs communautés.

Dans le but de booster la transformation rurale de manière inclusive pour le développement durable d’Haïti et de contribuer de manière significative au bien-être économique des femmes rurales, il est indispensable de promouvoir les interventions suivantes :

• La sensibilisation des acteurs afin d’harmoniser le financement et les résultats collectifs et de travailler sans relâche pour impliquer les femmes rurales dans les activités visant l’atteinte du développement durable en Haïti ;
• L’autonomisation des femmes rurales à travers une approche multidimensionnelle visant, entre autres, l’amélioration de leur accès aux ressources productives, leurs emplois décents et leur accès aux opportunités économiques, à travers des mesures de promotion de l’agilité des sexes et de protection sociale ;
• La prise en compte de la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation socioéconomique dans toute intervention favorisant une agriculture durable pour éliminer l’insécurité alimentaire et la pauvreté ;
• L’investissement dans les capacités des femmes rurales en vue de créer un environnement propice leur permettant de participer au même pied d’égalité que les hommes aux activités de transformations du monde rural ;
• La diffusion des connaissances sur leurs droits, les opportunités d’emploi, et les formations disponibles ;
• L’augmentation des opportunités de renforcement des capacités des femmes rurales et de scolarisation des filles afin d’améliorer leur chance de trouver un travail décent et de contribuer à la croissance de l’économie rurale.
• L’intégration des femmes dans les processus décisionnels qui les concernent pour booster leur confiance et renforcer leur leadership.

José Luis Fernandez
FAO Representative in Haiti




Articles connexes


Afficher plus [3149]