RTPacific Contact Avis
 
27.05° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

212 milliards de gourdes collectées contre 239 milliards de gourdes décaissées en neuf mois

212 milliards de gourdes collectées contre 239 milliards de gourdes décaissées en neuf mois



Au cours du 3e trimestre de l’exercice fiscal 2020-2021, l’économie haïtienne a connu des moments difficiles. Selon la Banque République Haïti (BRH) dans sa dernière publication portant sur la politique monétaire, au 3e trimestre de l’exercice 2021, les troubles sociopolitiques, la détérioration du climat sécuritaire du pays et la pandémie du coronavirus, sont les trois facteurs qui selon la BRH, ont eu des incidences négatives sur les activités économiques du pays et sur la situation des finances publiques, affectant la capacité de l’État à mobiliser des ressources durant le trimestre.

Selon les chiffres présentés pour l’exercice, un montant de 21,8 milliards de gourdes a été collecté, soit une diminution de 8,13 % par rapport au trimestre précédent. Et les dépenses budgétaires ont crû de 11,2 % en variation trimestrielle pour s’établir à 84,6 milliards de gourdes.

Quant aux recettes collectées par l’État haïtien sur les neuf premiers mois de l’exercice en cours, elles ont été chiffrées à 212, 21 milliards de gourdes, soit une augmentation de 15,93 % par rapport à la même période de l’exercice passé. Ces recettes expliquent la BRH, représentent 33,36 % des ressources totales de l’État. Toutefois, les spécialistes de la Banque centrale ont indiqué que, ces recettes ont été insuffisantes pour couvrir les décaissements de totaux de 239,7 milliards de gourdes, dont 124,4 milliards de gourdes de dépenses budgétaires effectuées par l’État sur les 9 premiers mois de l’exercice.

Aussi, les informations révélées font croire que les opérations financières de l’État haïtien se sont soldées par un déficit budgétaire partiellement financé par la BRH pour un montant de 40,22 milliards de gourdes en juin 2021 contre 34,04 milliards de gourdes le trimestre antérieur. Cependant, le déficit budgétaire qui tourne autour de 40,22 milliards de gourdes est supérieur au plafond de 39.3 milliards de gourdes fixé par la BRH dans le cadre du pacte de gouvernance économique et financière signé entre la BRH et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

S’agissant du système bancaire haïtien, l’analyse des données disponibles sur le système bancaire au mois de mai 2021 a fait ressortir une évolution favorable de la rentabilité bancaire et du résultat net du système. À en croire les données, l’actif du système a crû de 7,4 % par rapport au 31 mars 2021, atteignant 477,6 milliards de gourdes au mois de mai 2021. Cette hausse de l’actif lit-on, est supportée principalement par la progression simultanée des disponibilités (8 %), des autres placements (+9,7 %) et du portefeuille net de prêts (+10 %). Cet accroissement du portefeuille net de prêts, pour sa part, s’explique par une hausse de 10 % des prêts en devises converties, lesquels se sont établis à 57,5 milliards de gourdes au mois de mai 2021 contre 52,2 milliards de gourdes au 31 mars 2021.

D’octobre 2020 à mai 2021, on voit que le système bancaire a généré un produit net bancaire (PNB) totalisant environ 17,7 milliards de gourdes contre 16,4 milliards au cours de la même période de l’exercice 2019- 2020, soit une progression de 7,9 %. Cette hausse du PNB résulte de la bonne performance des « autres revenus » (+25,2 %), en dépit du fait que les revenus nets d’intérêt aient chuté de 5 % sur la même période. Le bénéfice net cumulé sur la période a crû de 17,4 %, atteignant 5,3 milliards de gourdes. Cette évolution est subséquente à la bonne tenue du produit net bancaire par rapport aux dépenses d’exploitation, lesquelles se sont fixées à 10,2 milliards.

À noter qu’au cours du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2021, des décisions de politique monétaire ont été prises dans l’idée de limiter le rythme de dépréciation de la gourde et ses incidences sur les prix à la consommation. En ce sens, la Banque centrale a donc maintenu sa politique de reprise de liquidité excédentaire au niveau du système bancaire à travers les interventions sur le marché des changes tout en gardant le statu quo au niveau des taux de réserves obligatoires et des taux sur les bons BRH.

Perspectives

À court terme, les perspectives pour l’économie haïtienne d’après la BRH, restent mitigées. La détérioration de la situation sécuritaire et du contexte sociopolitique ainsi que ses incidences sur la production et les circuits de commercialisation pourraient continuer à affecter négativement l’activité économique, a affirmé la Banque des banques. Quant à la production agricole, elle pourrait pâtir de l’épuisement des maigres réserves des agriculteurs au cours de la période de soudure et des impacts négatifs potentiels de la saison cyclonique.

Parallèlement, la BRH prévoit que la conjoncture sociopolitique et sécuritaire risque d’agir négativement, une fois de plus cette année, sur les rentrées des visiteurs durant la période estivale. De même, des pressions inflationnistes pourraient être alimentées par la poursuite de la tendance à la hausse des cours des produits de base sur le marché international notamment ceux du pétrole. De plus, une telle situation risquerait d’alourdir la facture d’importations du pays et d’amplifier les manques à gagner par l’État.

Néanmoins, la BRH fait savoir qu’un dénouement favorable de la crise sociopolitique et l’amélioration des conditions de sécurité pourraient permettre d’atténuer les impacts négatifs des chocs actuels sur l’activité économique. Aussi, un tel développement enverrait-il des signaux positifs susceptibles de rétablir la confiance des agents, laquelle peut les conduire à nuancer leur position attentiste quant à leurs dépenses de consommation et d’investissement dans l’économie.

Peterson Jean Gilles




Articles connexes


Afficher plus [3175]