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Une violence incontrôlable…

Une violence incontrôlable…



 Certains quartiers de la ville ont vécu ce jeudi saint un vrai cauchemar. Un affrontement d’une rare violence a opposé des bandes rivales pour, selon certaines sources, l’accaparement ou le contrôle de territoires. Le bruit de la mitraille et la puissance des détonations ont retenti dans toute la zone métropolitaine. Des loups sont sortis de leur tanière, et une chasse à l’homme s’est poursuivie toute la soirée, avec des incendies dévastateurs de maisons précaires dont les flammes pouvaient se voir depuis les hauteurs de Turgeau engloutissant dans leur furie de précaires maisons.

Le chef suprême de cette opération punitive a déclaré vouloir venger six de ces hommes abattus des jours auparavant par des hommes armés venus du Bel Air. Une situation dangereuse se développe donc depuis quelque temps dans le pays, où des groupes armés décident en fonction de leur bon vouloir de conduire des offensives ou contre-offensives de type militaire…au beau milieu de quartiers surpeuplés, sans se soucier d’éventuels dommages collatéraux.

Ces guérillas organisées et disposant d’importantes artilleries ont en fait le contrôle effectif de l’espace haïtien. D’autres villes de la région Amérique latine et Caraïbes connaissent le fléau criminogène de bandes armées tout aussi puissantes, mais elles sont confinées dans des zones limitées géographiquement. Et le territoire de ces pays voisins est en majeure partie contrôlé par des forces légales détenant le monopole de la force légitime. Chez nous, l’impunité totale semble recouvrir d’un drap blanc les corps ensanglantés des victimes de ces jeux de massacre immondes. Tout se passe comme si on poussait la poussière sur le tapis au lieu de faire le ménage avec sincérité, et puis pourquoi se gêner puisqu’on ne risque rien.

L’enlèvement d’un pasteur et de quelques fidèles en pleine célébration de la Semaine sainte, par un groupe armé, diffusé en direct sur les réseaux sociaux aura démontré l’ampleur traumatique du vide sécuritaire. Les citoyens ne savent plus où donner de la tête. Des quartiers entiers continuent de se vider, des riverains de zones encore passablement épargnées, n’ont plus de places chez eux pour accueillir chaque jour des proches, nouveaux réfugiés ! La vérité est qu’une ceinture meurtrière serre la Cité jusque dans ses viscères.

Le silence des officiels est lourd de conséquences. Il y a de ces situations à la fois sinistres et ubuesques qui imposent un silence peu flatteur. La ville s’est, en effet, réveillée avec la parole unique d’un chef de guerre donnant sa version des faits du jeudi noir. Un confrère a évoqué que ce que nous vivons était dû au fait que les bandits ne se trouvaient pas seulement dans la « ceinture de feu » que nous évoquions quelques lignes plus haut, mais il existe aussi des « gangs de salons » autrement plus dangereux qui sont à la manœuvre.

Quoiqu’il en soit, il sera difficile de nous enlever du pied cette épine douloureuse et empoisonnée. Un jeune armé d’un fusil AK 45, c’est lui qui précise la marque au micro d’un journaliste improvisé, affirme qu’il ne déposera son arme que contre des garanties d’interventions étatiques pour les sortir de leur pauvreté crasse.

Voici un discours violent mâtiné de revendication sociale, qui a poussé dans nos bidonvilles crasseux depuis des décennies, et que des politiques néfastes ont arrosé de leurs mensonges et de leur argent pourris.

Roody Edmé




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