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Qui sont ces « rat kay »?

Qui sont ces « rat kay »?



Ces derniers temps tout semble devenir urgent en Haïti. L'état d'urgence général devrait être déclaré pour tous les domaines. Parmi toutes les urgences qui nous pressent, la question de sécurité demeure la plus urgente. Les autorités établies peinent à trouver la bonne formule pour reprendre le contrôle de la sécurité du pays laissé au profit des groupes armés qui dictent leurs lois. Les mesures relatives à l'état d'urgence sécuritaire dans les zones rouges ainsi que la mise en veilleuse du droit de teinte des véhicules n'ont jusque-là que l'effet d'annonce.

L'incapacité des dirigeants à assumer pleinement leurs responsabilités vis-à-vis de la population laisse un terroir fertile aux délinquants qui endeuillent quotidiennement les familles haïtiennes. Alors que l'insécurité, dans ses différentes manifestations, a atteint un point culminant où les bandits opèrent à visières levées, l'État tarde s'inscrit aux abonnés absents. Les attaques armées se multiplient au Bel-Air, ce quartier qui charrie tout un pan de l'histoire de la capitale, l'État semble, peut-être, trop occupé à peaufiner les grands chantiers de l'heure pour se pencher sur ces mutineries répétitives dans cette zone située à une coudée du Palais national.

Pourtant, le redressement du climat sécuritaire devrait être la priorité des priorités. La tenue du referendum ainsi que les élections générales en perspectives pour cette année pourraient se révéler un vœu pieux sans les conditions de sécurité nécessaires . En tant qu'exercice démocratique, elles ne peuvent être tenues que dans un climat apaisé où les citoyens se sentiront plus ou moins quiets pour exercer leur droit. Dans ce sens, les différentes mesures annoncées récemment par l'Exécutif, comme la déclaration de l'état d'urgence sécuritaire dans certaines zones réputées « chaudes » ont été applaudies par plus d'un.

Apparemment, les paroles tardent à se faire actions. Depuis l'opération du 12 mars à Village Dieu, qui s'est soldée malheureusement par cuisant échec, la PNH, vraisemblablement en situation d’implosion, ne se remet pas encore de cette humiliation. Humiliation, c'est bien le mot utilisé par le Premier ministre pour qualifier cette opération, lors de sa conférence de presse du 31 mars 2021.

En dépit de cette déconvenue, le chef du CSPN Joseph Jouthe n'en démord pas en renouvelant les mesures qu'il a prises pour combattre l'insécurité, notamment la mise en veilleuse du droit de teinte des véhicules et celle de faire passer les conteneurs à effets personnels uniquement par les ports de Port-au-Prince et du Cap-Haitien.

Pour lui, cette dernière disposition peut aider à contrôler l'insécurité dans le pays, surtout la circulation des armes à feu qui demeure une grande préoccupation, sachant que depuis bien des années, Haïti est sous embargo en ce qui concerne les armes à feu. Et l'achat et la réglementation des armes deviennent la chasse gardée de la Police nationale d'Haïti. Ce qui parait paradoxal, en dépit des restrictions imposées sur les armes à feu, la population civile n'a jamais été aussi armée.

À ce sujet, le Premier ministre a épinglé un certain « rat kay k ap manje pay kay ». Depuis son intronisation comme chef du gouvernement, Joseph Jouthe dit avoir déjà saisi, à dix reprises, de fortes cargaisons d'armes et de munitions dans le seul port de Saint-Marc et ce trafic juteux serait l'œuvre d'un proche du pouvoir. « Ou di w se zanmi pouvwa, ou se alye, w ap travay pou pouvwa, si w mete dife nan kay la, w ap boule tou rat », avait lâché du chef CSPN le 31 mars, dans son style propre à lui, sans filtre.

Pour déjouer le plan de ces « rats de la famille », Joseph Jouthe entend garder ses mesures jusqu'à ce qu'il n'est plus Premier ministre. La question de sécurité est trop importante pour être traitée avec autant de légèreté comme les linges sales qui se lavent en famille. Depuis bien des ans, les cargaisons d'armes et de munitions sont saisies à tout bout de champ, mais personne ne sait à qui elles appartiennent. La CNDDR dit avoir identifié onze familles qui s'adonnent à ce commerce juteux, mais illégal. Ces noms demeurent inconnus. Et la PNH n'a jamais présenté les résultats d'enquête dans le cas de ces saisines. Encore moins la justice, sur les suivis.

Heureusement pour le pays, le Premier ministre semble avoir bien identifié « les rats » responsables du malheur de la population. En sa qualité de chef du CSPN, il doit se donner l'obligation de mettre « tout rat kay kap manje pay kay » hors d'état de nuire, pour ne pas se faire complice.

Noclès Débréus




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