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Port-au-Prince, ville meurtrie !

Port-au-Prince, ville meurtrie !



La violence s’est installée dans la ville et remue violemment ses viscères. Les quartiers nord et sud de la capitale subissent d’intenses pilonnages engendrés par un violent conflit entre des gangs. Et comme pour une guerre classique, des alliances se forgent, la bataille ainsi se généralise transformant le bas de la ville en un gigantesque brasier. On ne sait plus qui tire sur qui. Ni quel clan a pris l’initiative de telles offensives sanglantes et cesabsurdes et tragiques expéditions punitives contre des civils.

Il est vrai qu’un chef de bande s’est récemment auto-proclamé le justicier du « peuple ». Il a défilé à la tête d’une troupe bigarrée et menaçante, semblant sortir d’un vieux grimoire du temps des baïonnettes. Mais il n’est pas le seul protagoniste de ce mauvais « western » : le nombre de seigneurs de la guerre ou de petits chefs de zones ou de quartiers augmente dangereusement, accentuant ainsi la balkanisation de la ville.

Il faut chercher les raisons de cette profonde déchirure dans la violence et le désespoir d’un peuple vivant depuis trop longtemps en marge du progrès économique. Il faut aussi l’expliquer dans le règne souverain d’une forme de flibusterie dans l’espace public où brassages et combines sont les choses du monde les mieux partagées. Le secteur dit des affaires n’est pas non plus épargné, les pratiques illicites enrichissent des requins de la finance et ruinent les commerçants honnêtes qui paient régulièrement leurs impôts.

La cité est aussi depuis quelques années l’enjeu de violents conflits terriens. Ces oppositions traînent dans leurs sillages, des contingents d’avocats, de juges et de policiers prêts à en découdrepour des arpents de terre. Le vainqueur est celui qui aura plus de connexions dans l’administration publique, plus de relations avec les hommes forts du moment où qui acceptera de donneren gage certains des biens qu’il aura conquis par la force et que des juristes aux ordres auront grossièrement maquillés juridiquement.

Nombre de conflits ont donc pour théâtre la ville, ils peuvent être latents ou brutalement activés au gré des intérêts politiques ou économiques. Certains hommes politiques affectionnent depuis des années de disposer de leurs troupes de choc en cas d’élections ou même de prise du pouvoir.Ils espèrent ainsi se prémunir d’un coup de force et assurer la sécurité de leurs postes dans un pays d’incertitudes. Aussi les forces légales sont laissées dans la précarité au détriment de commandos paramilitaires abondamment fournis en artilleries de toutes sortes qui passent par nos douanes poreuses.

Certains gros commerçants ont suivi le courant en entretenant de véritables petites armées pour protéger leurs investissements. La clientèle toute trouvée dans cette course aux armements loge dans nos quartiers pauvres transformés aujourd’hui en zones de guerre civile oùs’affrontent des caciques gérants de petites et moyennes entreprises du crime.

Il arrive que ces chefs de bandes développent un discours « social » plutôt cohérent, nourri par des siècles d’injustices. Mais ce discours mâtiné d’idéologieaux vagues couleurs progressistes est en porte à faux avec leurs actions sur le terrain et leurs comportements quasi-génocidaires vis-à-vis d’une population qu’ils prétendent protéger.

La violence aujourd’hui est partoutbanalisée. Dans le discours politique constitué d’anathèmes et de menaces. Dans les altercations de rues où des gens armés dégainent leurs armes au moindre désaccord.Dansl’arrogance criminelle de certains « motards » qui menacent de brûler des voitures et leurs occupants au moindreincident de circulation. L’irrespect des lieux de cultes et du savoir couplés aux actes de kidnapping nous éloignant chaque jour de tout projet républicain.

Il faut chercher à vaincre le poison de la méfiance qui paralyse l’ensemble du corps social pour retrouver cette « unité historique de peuple » nécessaire à la refondation de notre pays, au-delà du simple slogan.

Roody Edme




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