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Immense deuil !

Immense deuil !



De nouveaux arrivés, et non des moindres, viennent s’entasser devant l’autel de « Bawon », le soir du 29 juin 2021. Qui sont-ils ces martyrs ? Qui sont ces victimes ? Pourquoi lui, pourquoi elle ? A quand la fermeture de cette vanne ? Que viennent chercher ces hommes et femmes brusquement devant Baron et Brigitte ? Certainement pas le repos !

Laliste des s victimes ou martyrs de l’an 2021 vient de s’allonger. La presse, la Police nationale d’Haïti, le secteur politique notamment l’organisation politique Matrisliberasyon, le secteur culturel, la communauté des féministes et des familles entières sont cruellement touchés, et mis à genoux par ces crimes de trop.

Du spasme violent pour ces jeunes qui voulaient participer à la vie politique en Haïti. Un coup terrible pour toutes ces jeunes femmes et universitaires qui veulent s’inscrire dans une démarche de militance politique dans ce pays, que nous aimons trop, que nous chantons trop souvent à travers le refrain :« Mourir est beau » !

Dans deux mois exactement, le pays et le monde, dans une certaine mesure,vont souffrir pour le premier anniversaire de l’assassinat du bâtonnierMonferrier Dorval. Et, les souvenirs de ce mapou de la justice haïtienne et de l’intelligence universelle nous reviendront avec des sanglots.

Deuil national, deuil familial, en dehors des notes de sympathie qui pleuvent dans les premières minutes, journées et semaines. Comment faire aujourd’hui le deuil d’une génération qui représentait l’avenir ? Les membres de chaque famille, les amis et collègues les plus intimes auront besoin de beaucoup de temps pour supporter les douleurs et cicatrices qu’on ne verra pas toujours sur la peau.

Dommage que suivant le dicton :« Pita pitris », si rien n'est fait pour rendre justice à ces familles, parents et proches et réparer les torts causés, le temps risque de nous imposer l’oubli et l'indifférence, face à ces âmes meurtries d’ici quelques semaines et mois à venir. Et si seulement cette nouvelle récolte de la terre des ancêtres pouvait servir à faire renaître l'être haïtien des temps anciens, qui doit inspirer le présent et investir dans l'avenir par le renouveau.

De l’artiste feu GinouOriol, je retiens les refrains de cette sombre mélodie: « Ayiti, mwenrenmen w pou tout lavim, se nan braw pou mwenmouri », une manière de traduire l’assassinat de Marie-Antoinette Duclair, de Diego Charles, et de tant d’autres professionnels qui ont choisi de rester dans le pays, en dépit des opportunités offertes, pour pouvoir continuer de servir ! Quel fardeau !

De Diego Charles, nous gardons son sourire et ses reportages. De Marie-Antoinette « Netty », la plus rebelle des Duclair, il restera pendant longtemps la semence d’une jeune femme décidée à vivre, dévouée, déterminée et destinée à offrir sa vie, comme un gage pour fermer la porte du chaos !

De tous les autres disparus, chacun dans leurs familles et leurs milieux professionnels et promotionnels, nous garderons l’essentiel qui marquera leur existence dans le silence des souvenirs éternels. Ici en Haïti, ces derniers temps, la mort est offerte au quotidien en cadeau !

Des leçons à tirer dans ce deuil national imposé ? Il est préférable de se battre pour son rêve et sa dignité, pour ses droits et l’accomplissement de sa mission sur cette terre, sachant que les victimes autant que leurs bourreaux ne sont pas éternels. Nous sommes tous sur le même bateau !

Dominique Domerçant




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