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De Dessalines à Jovenel Moïse: une histoire de sang et de symbole !

De Dessalines à Jovenel Moïse: une histoire de sang et de symbole !



La triste nuit du 6 au 7 juillet 2021 sera à tout jamais gravée, à l’encre forte, dans l’histoire d'Haïti. Le chef de l’État haïtien, le premier des citoyens de la nation, l’homme, qui devrait disposer des plus grands dispositifs de sécurité du pays, a été assassiné en sa résidence, à Pèlerin 5. Le président Jovenel Moïse n'est plus ! Un nouveau symbole tombe, comme un séisme politique d’une magnitude de 7.7 !

De ce drame majeur, imprévisible ou de trop, on retient que la Première dame, blessée, a été soignée, dans un premier temps, dans un hôpital à Port-au-Princepuis elle a été transférée vers un centre de soins en Floride. D’autres proches de la famille de l'ex-président sont en lieu sûr. Les questionnements pleuvent. Aussi, le silence, la prudence et la méfiance pour des jours de violence, éventuellement à venir,complètent le tableau. Un fait est certain, c’est la vulnérabilité totale et pitoyable des institutions de sécurité du pays qui est mise à nue !

Le deuil national est décrété par les autorités en place pour une période de quinze jours. L’état de siège a été instauré après l’assassinat du président Jovenel Moïse. Telles sont les deux premières grandes décisions d’État, en attendant que certaines questions des plus sensées, sensibles, stratégiques trouvent des réponses !

Des dirigeants d’autres pays, diplomates, personnalités publiques, responsables des institutions internationales comme l’ONU et l’OEA, et des politiques locaux et étrangers ont réagi autour de ce nouvel assassinat qui vient gonfler la longue liste des victimes de sang. Ici, la violence est imposée et invisible, imprévisible et impartiale. Une insécurité exacerbée par la circulation sauvage des armes et des munitions qui traversent les frontières, et la présence de nouveaux acteurs, des mercenaires (professionnels), des commandos étrangers qui seraient les auteurs de ce crime d’État, selon les autorités haïtiennes, dont plusieurs représentants d’Haïti à l’étranger.

Déjà cinq chefs d’État haïtiens assassinés au pouvoir durant les 217 années qui suivent l'indépendance d'Haïti. Jean Jacques Dessalines (1 janvier 1804-17 octobre 1806), Sylvain Salnave (14 juin 1867 – 15 janvier 1870), Cincinnatus Leconte ( 14 août 1911 - 8 août 1912), Vilbrun Guillaume Sam ( 9 mars 1915 – 28 juillet 1915), et enfin Jovenel Moïse (7 février 2017-7 juillet 2021).

De Jean-Jacques Dessalines à Jovenel Moïse, c’est une histoire de sang qui est conjuguée à tous les temps dans la lutte pour le pouvoir, entre des classes sociales et des clans. Les sacrifices se renouvellent entre les générations sans véritablement apporter des solutions concrètes et durables, ou permettre aux héritiers, aux dirigeants et aux survivants de payer les dettes politiques, mystiques, économiques, géopolitiques ou historiques.

De Jean-Jacques Dessalines à Jovenel Moïse, c’est le cycle de la violence visible et invisible qui s’impose dans la vie sociopolitique, économique et culturelle. Du duel fratricide ou du culte du suicide collectif renouvelé, on retiendra, en attendant, dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, cette double dimension temporelle et spatiale, entre la date du 6 et 7 juillet (2018-2021), et le quartier de Pélerin 5, lieu d’exécution de deux des plus grandes figures du pays dans l’espace d’une année : l’ancien bâtonnier Monferier Dorval et l’ancien président Jovenel Moïse.

De quoi sera fait l’avenir d'Haïti dans les prochains jours? Que reste-t-il encore comme symbole au pays ? Entre ce deuil, la peur et l'espoir d’une justice haïtienne à inventer, elles sont si nombreuses les blessures mortelles faites à toute une nation, depuis des générations. Il y a tant de torts à réparer et tant de familles à consoler, comme celles de Diego Charles, de Marie Antoinette « Netty » Duclaire et toutes les autres personnalités, victimes connues ou anonymes tombées et disparues. Haïti a pour obligation de se réinventer dans ce chaos pour ne pas disparaître.

Dans une semaine, un mois, un an, dix ans et plus encore, les parents et les partisans de l’ancien président Jovenel Moïse vont lui rendre un ultime hommage entre les couloirs du musée du Panthéon national (MUPANAH), comme sur les sites de l’un des rares projets qu’il a portés ou inaugurés, et certainement dans sa ville natale. Quelles sont les leçons (politiques, diplomatiques, historiques, juridiques, mystiques, pyscho-sociologiques...) que nous enseigne ce présent chaotique ?

Sympathies aux parents, aux proches et partisans de l’ex-président de la République. Et, lumière au peuple d'Haïti qui doit traverser ces temps sombres !

Dominique Domerçant




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