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Il n’y a pas de fatalité !

Il n’y a pas de fatalité !



La descente aux enfers se poursuit à un rythme accéléré. L’assassinat du président de la République a eu l’effet d’un véritable séisme politique. La brutale exécution du chef de l’État traduit un grave problème de société que nous n’avions de cesse de relever dans nos reportages et éditoriaux. Le chaos généralisé et son lot de massacres dans nos quartiers populaires sans oublier le règne souverain de l’impunité annonçaient une tragédie qui devait consacrer au plus haut niveau la faillite d’un « Etat-clone » et l’insoutenable faiblesse de nos Institutions.

Les Haïtiens de toutes tendances idéologiques, les critiques les plus acerbes du président comme ceux de son clan politique, veulent comprendre ce qui s’est produit cette fameuse nuit du 6 au 7 juillet, où le sommet du pouvoir a été emportépar des vagues de fond d’une violence inouïe.Un assassinat crapuleux qui va laisser ses traces dans notre histoire déjà ensanglantée, et dans notre quotidienqui suffoque sous le poids des exactions des bandes armées. Nos défaillances civiques peuvent aussi s’observer sur les réseaux sociaux : le cadavre mutilé du défunt devenu viral montre que le respect des autres et cette retenue qui nous avaient jadis caractérisés, tendent à disparaître.

Nous ne pouvons plus continuer à entretenir ce désordre généralisé.Cette culture du chaos qui devient une sorte d’exception haïtienne qui fait de notre pays la « honte » du sous-continent. Un éditorialiste français de la droite dure connu pour ses propos controversés, Éric Zemmour, a peint une caricature repoussante de notre forme de gouvernance, et il y apeu d’arguments à lui opposer malheureusement, tant notre réalité actuelle est désespérante, sinon que de relever quelques relents colonialistes dans ses propos. Car en disant que les concepts d’État et de nation étaient incapables de s’implanter dans notre pays, il semble insinuer que c’est chez nous quelque chose qui relève de l’atavisme. On peut comprendre pourquoi la cheffe de l’extrême droite trouve Éric Zemmour insoluble même au sein de son parti.

Aujourd’hui, nous sommes face à nous-mêmes. Il nous faut tirer les leçons de ce qu’un journaliste de l’Hexagone a appelé : la malédiction du chaos. Ici au « National », nous refusons toute fatalité ou une quelconque malédiction. Ce que nous vivons est purement et simplement le résultat des politiques néfastes des uns, des luttes sans grandeur des autres pour le pouvoir, et aussi et surtout de pratiques mafieuses ayant plombé nos institutions. Il est possible de prendre un nouveau tournant comme cela s’est fait dans d’autres pays qui ont vécu des situations similaires.

Nous avons besoin de réflexions nouvelles qui viendront combattre ce qu’un chercheur haïtien volontairement iconoclaste a appelé la « pensée indigente », il nous faut à travers l’éducation reconstruire l’être haïtien qui s’est abîmé dans la précarité et la « petite corruption ».

L’heure est grave.Il est plus que temps de faire émerger un leadership patriotique et éclairé, loin des intimidations et des basses manœuvres qui entortillent l’esprit et affaiblissent notre vision du futur.

L’aide externe ne viendra pas comme une manne, les États-Unis promettent cinq millions de dollars pour combattre les gangs.On suppose que les chefs de bandes eux-mêmes doivent disposer de beaucoup plus que cette modique somme, tant ils se font payer grassement par leurs commanditaires et leurs victimes.Les troupes étrangères ne viendront pas se faire « accrocher » dans nos corridors. Le président Joe Biden ne voudra pas s’enliser dans le bourbier haïtien, pendant que la communauté internationale vient d’échouer en Afghanistan.

C’est pour cela que nous plaidons pour l’implication de tous les secteurs dans un dialogue sans compromis mous, mais solide et respectueux pour un relèvement national. C’est seulement à ce moment-là nousque nous pourrons faire tomber les étiquettes de « shit hole » ou de pays maudit.

Le dialogue a commencé et bouillonne dans les milieux politiques et la société civile, c’est de bonne guerre. Il faut cependant moins de précipitation quede méthode et stratégie et surtout une bonne dose de réalisme pour évaluer les rapports de force, vaincre les méfiances et avancer du bon pied.

Roody Edmé




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