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La grande tristesse

La grande tristesse



Aujourd’hui et peut-être plus que jamais, ils sont légion les citoyens haïtiens, qui alimentent ou subissent la crise politique en Haïti, en train de chercher un lien logique entre la souveraineté et la dignité d’un peuple. La déception est énorme pour tout un peuple affamé, pourchassé par des bandits et incapable de se protéger de la pandémie du Coronavirus. De révoltante, la situation vire à l’insoutenable.

Personne ne peut expliquer, avec des mots justes et sincères, comment nous sommes arrivés à ce point-là. Un pays dépecé qui cherche refuge dans le ridicule, comme si la démocratie, de la manière qu’on la conçoit, autorise toutes les pirouettes, même les plus grossières. Qui, à l’avenir, fera acte de contrition et endossera la responsabilité de toutes ces faillites ?

Sans tomber dans le nationalisme plat, il est évident que le projet de ceux, nos ancêtres en l’occurrence, qui ont forgé et inauguré l’indépendance d’Haïti, est confronté à des pratiques irritantes qui vont à rebours de toute logique. Le contrat démocratique est rompu parce que les institutions qui en avaient la garde sont amputées de leurs membres, de leurs dirigeants et de leur pouvoir. Au moment d’écrire ce texte, il n’existe plus la possibilité de convoquer une assemblée nationale, un pouvoir judiciaire dévasté par le mauvais sort et maintenant un exécutif monocéphale.

En passant, puisqu’il faut l’écrire, la démocratie ne peut pas fonctionner sur la base des dernières volontés d’un leader, même charismatique, ou des pères tutélaires de la nation. Il s’agit d’un pacte entre les citoyens qui détermine les conditions et les moyens de la gouvernance du pays. La thèse de pouvoir héréditaire sonne faux, choque et agace. Et, nous sommes arrivés à ce point inconfortable et presqu’indéfendable parce que nous avons mis notre « intelligence » à contribution pour faire les choix qui conduisent, en ligne droite à l’instabilité politique la plus totale. La démocratie, malheureusement pour nous, impose ses exigences qui induisent le respect des normes et des formes.

Dommage ! Il ne reste que le réalisme politique pour faire tourner la République avec le risque d’être confrontés au déficit d’idées et de légitimité. Et, bien entendu, personne n’aura ni le temps ni les moyens de juguler la pauvreté extrême de la population et garantir aux Haïtiens qu’ils ne se mettent pas en danger en choisissant de rester chez eux et d’envisager leur participation à la construction de leur pays. Il va de soi que cette appropriation brutale du cas haïtien par la communauté internationale rabaisse tout un peuple qui n’avait que la fierté comme principale béquille. Samedi dernier, la communauté internationale, cassant la magie des négociations subtiles, a parlé plus fort et plus sec que la conférence citoyenne, organisée par des structures politiques et une frange représentative de la société civile haïtienne. Même si la cause est premièrement haïtienne, la voix de nos amis étrangers s’est imposée au-dessus du vacarme. Tout le monde a compris et obéi.

C’est une douleur ajoutée à celle de devoir organiser les funérailles du président Moïse sauvagement assassiné.

Le National tient à exprimer à Marine Moïse ainsi qu’à sa famille durement éplorée, sa profonde compassion et ses condoléances les plus attristées.

La Rédaction




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