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Le défi du consensus

Le défi du consensus



Le dialogue inter-haïtien fait pour le moment du surplace. Pourtant les initiatives de la société civile et de certains acteurs politiques ne manquent pas.Elles ont mêmeabouti à diverses propositions pour une gouvernance de la transition.Toutefois, chaque secteur exhibe son plan comme la « solution » à une crise qui prend ses racines profondes dans nos multiples failles socio-politiques.

La Commission pour une solution haïtienne à la crise a sans nul doute fait un travail non négligeable de rassemblement de groupes divers en ratissant le plus large possible. Elle continue d’ailleurs à enregistrer des signatures dont celle- et non des moindres- du parti « Fanmi lavalas ». Cependant, sa propositionlaborieuse suscite quelques réticences dans un pays où à tort ouà raison, la méfiance est une des choses du monde les mieux partagées.

Certains leaders politiques craignent qu’ils ne soient évincés par un mouvement de la société civile qui se veut représentatif de l’ensemble des forces vives du pays. Ils perçoivent la nouvelle Commission comme une plate-forme quelque peu rivale qui pourrait en quelque sorte desservir leurs intérêts.

Certains observateurs jugent démocratique, mais quelque peu alambiquée, la composition du Conseil national de transition (CNT) qui constitue un des fondamentaux de la nouvelle gouvernance proposée par ladite Commission.

Il existe trois autres propositions dont celles du Premier ministre Ariel Henri, de l’organisation « N ap mache pou lavi », et le « Protocole d’entente nationale », (PNE),regroupant certains partis politiques et ce qui reste du Sénat de la République. Sans oublier « L’Avisd’universitaires haïtiens sur la gouvernance post-Jovenel Moïse » du 4 août dernier. Cependant, le courant ne passe pas encore entre les protagonistes qui croient chacun détenir l’accord idéal.

Une chose est d’avoir des propositions rédigées aussi complètes soient-elles, une autre est de les rendre opérationnelles et d’en faire des instrumentsde vraies négociations. La récente prise de position de « N ap mache pou lavi » semble indiquer une voie de sortie de crise ; elle suggère « que la société civile et les secteurs politiques doivent travailler ensemble dans une logique de complémentarité en vue de doter le pays d’un accord politique » semble indiquer une voie de sortie.Ellepropose aussi« la mise en place d’un groupe de travail inclusif devant plancher sur un accord définitif ».

Toujours est-il une telle démarche, quoique noble dans ses intentions, constitue un défi majeur en raison du fait qu’elle demande une certaine dose de tolérance et de compromis assez inhabituelle dans nos pratiques sociétales ou les pulsions du clan finissent par dominer le souci du bien commun.

La peur de subir un procès en sorcellerie, ou tout simplement de se faire descendre en flamme sur les réseaux sociauxfait que les leaders de ces initiatives sont « prisonniers » de leurs bases tout aussi suspicieuses qu’une majorité de l’opinion publique. Ainsi, il devient difficile de nuancer ou faire des compromis sur une proposition que les « bases » dans leurs travaux auront scellée dans du béton.

Pendant que certains leaders se prennent la tête sur quelle est la meilleure formule de gouvernance monocéphale ou bicéphale ?-la réalité quotidienne n’a que faire de ces exercices en futilité. Tout un peuple s’endort le soir en rêvant d’hommesmasqués ou à visagedécouvert hirsutes et menaçants !

Le pire est que ces machinateurs de nos troubles détiennent de vraies cartes en main pour influencer la conjoncture. Les chefs de bandes contrôlent une capitale désormais balkanisée. Ils peuvent décréter des trêves unilatérales, faire baisser ou augmenter le taux d’enlèvements. Redoutables statisticiens, ils sontcapables de manipuler les chiffres du nombre mensuel de décès par balle quand bon leur semble. Leur toute- puissance inquiète le gouvernement dominicain qui affirme que chez eux heureusement il existe une armée et des forces de police.

Je n’aime pas les comparaisons simplistes, Port-au-Prince n’est pas Kaboul, mais peut-être aujourd’hui est pire que la capitale afghane. Car le chaos nous surprend tous les jours au détour de nos rues.

Nos « élites » sont averties, les États-Unis ne veulent plus s’impliquer dans du « nation building ». Le président Biden a fait récemment un discours de politique étrangère que ne désapprouverait pas son prédécesseur. La responsabilité de construire cette nation est bien nôtre, plus que jamais. Puissions-nous être convaincus de la nécessité de trouver un dénominateur commun avant d’atteindre le pire, car « pi ta pi tris ».

Roody Edme




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