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Le pays a besoin d’urgence d’un vrai accord politique

Le pays a besoin d’urgence d’un vrai accord politique



Ce pays a un urgent besoin d’un accord politique, le plus large possible. Tout d’abord parce que ce peuple n’en peut plus de compter des cadavres ; le récent assassinat de l’homme d’affaires Jose Pablo Sylvain,àSanto 1, a plongé dans la plus grande affliction le monde de l’entreprise. Jose Pablo Sylvain, selon des témoignages recueillis par un confrère, gérait une exploitation de plus de 300 carreaux de terres en mangues « Francique » à Gros Morne. Ce capitaine d’industrie agricole était considéré comme le premier exportateur de mangues du pays. Il croyait dans la nécessité d’un développement de l’agro-industrie. De plus, le Grand Sud attend sa reconstruction après le tremblement de terre du 14 août, toute chose qui ne peut se réaliser sans une certaine convergence nationale.

La multiplication des actes d’enlèvement et « l’embargo » sur l’essence décrété des semaines par les seigneurs de la guerre sont une preuve que le processus d’autodestruction franchit chaque jour de nouveaux paliers. Les « veines ouvertes », le pays continue de se vider de ses ressources. On ne compte plus le nombre de personnes qui ont émigré ces derniers jours. Des professeurs, de jeunes universitaires, des hommes d’affaires, des paysans. Les rues ne se vident pas seulement à cause du manque d’essence, mais à cause de « l’Exodus » haïtien.

Cette situation insoutenable ne peut durer ! Elle interpelle la conscience de tout en chacun. Dans ce contexte, la cérémonie de signature d’une entente politique organisée le samedi 11 septembre en la résidence du Premier ministre revêt, en dépit de son caractère improvisé, une importance historique. Les observateurs étaient sceptiques tout le weekend sur les capacités réelles de la classe politique à s’entendre sur un quelconque accord.

Ils l’ont finalement fait.Dans le sillage de la dynamique enclenchée par la Commission pour une solution haïtienne à la crise, et face aux multiples dangers qui menacent tous les jours les vies et les biens, il existe désormais une sorte de coalition de partis pour le pouvoir. Certaines formations importantes sont certes encore absentes et le Premier ministre Ariel Henri a promis de rencontrer des organisations de la société civile dont la Commission et d’autres structures.

Il est un impératif catégorique que cet accord soit le plus inclusif pour contenir les appétits des uns et des autres qui seraient tentés de se partager le pouvoir comme un butin de guerre. Le texte signé en la résidence du Premier ministre est très ambitieux et renferme certaines des revendications clés figurant dans les autres textes émanant d’organisations de la société civile dont la Comission et d’autres structures. Le reste est une affaire de confiance.

Les politiques seront-ils capables de respecter leurs paroles, la course pour les ministères ne risque-t-elle pas de faire capoter un projet de transition qui ne manque pas d’allure ?

Ceux qui tiennent les rênes du pouvoir et dont le discours savant et « constitutionnaliste » servent à maintenir le statuquoaccepteront-ils de ne pas provoquer une nouvelle crise dans la crise ?

Autant de questions qui restent en suspens au moment où les forces politiques et la société civile semblent vouloir envoyer un message fort au monde que le dialogue national est possible. Les factions politiques ne peuvent plus continuer dans un pays en état de catastrophe à jouer à la roulette russe avec le destin tragique d’un peuple.

Les Haïtiens ne sont pas intéressés à savoir quel est le texte d’accord le plus « vertueux », mais quelles sont les bonnes volontés qui le sortiront de l’impasse.

Roody Edme




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