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Nécessité des recherches cliniques sur les bienfaits de la médecine traditionnelle

Nécessité des recherches cliniques sur les bienfaits de la médecine traditionnelle



Les points de vue des spécialistes en santé publique convergent autour de la réalisation d’une étude clinique afin de confirmer les bienfaits de la médecine traditionnelle sur les patientes et patients atteints de Covid-19 en Haïti.

Un grand nombre de personnes présentant des symptômes similaires au nouveau coronavirus ont été contraintes de suivre des soins domiciliaires et la médecine traditionnelle comme alternative face au manque de ressources disponibles dans les hôpitaux, pour lutter contre cette pandémie.

Environ huit mois après la publication du rapport de la commission d’inventaire et d’évaluation des remèdes traditionnels contre le Sars-Cov-2, mise en place par l’Université d’État d’Haïti (UEH), soit le jeudi 30 juillet 2020, aucun essai clinique n’a été opéré par des spécialistes dans le pays.

« Il n’y a eu pas d’analyse chimique des ingrédients contenus dans les recettes proposées par des médecins-feuilles, dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 », fait savoir la biologiste-botaniste, Marilise Rouzier, lors d’un entretien téléphonique.

La professeure à l’UEH, Marilise Rouzier a fait comprendre que les membres du jury avaient envisagé de faire des recherches cliniques afin qu’ils puissent expérimenter les recettes sur des patients. Mais, ils ont eu des problèmes pour retrouver un hôpital pour faire les suivis, de même que des médecins avec des patients pour le faire.

Faute de moyens adéquats, les membres de cette commission ont dû abandonner leur projet d’effectuer des recherches microbiologiques en laboratoire, pour vérifier l’efficacité des différentes combinaisons de plantes utilisées contre la pandémie. Ils faisaient aussi face aux difficultés à trouver des patients volontaires.

« En réalité, c’est avec les personnes qui présentent déjà des complications comme celles qui sont hypertendues, les diabétiques ou cardiaques qu’il faudrait travailler, mais il y a eu un problème d’hôpitaux. Il fallait avoir beaucoup plus de gens pour tirer les conclusions. Il fallait au moins une vingtaine de personnes », a fait remarquer la professeure Marilise Rouzier.

« Certaines plantes pouvaient agir en prévention, d’autres pouvaient bloquer les complications, par exemple celles qui agissent comme des anticoagulants», laisse entendre la professeure d’Université, soulignant combien cette maladie pouvait provoquer des caillots sanguins qui se forment au niveau des faisceaux.

Les médecins traditionnels, au cœur du combat contre la pandémie en Haïti

Peu de temps après la rencontre par vidéoconférence du président Jovenel Moïse, avec le président du Madagascar, Andry Rajoelina, le 18 mai 2020, les deux homologues se sont mis d’accord pour l’envoi en Haïti d’un stock de médicaments baptisé Covid-Organics utilisé à Madagascar dans la lutte contre le coronavirus.

Un remède réputé comme miracle qui n’est sans doute jamais arrivé en Haïti, encore moins les scientifiques malgaches, dont le chef de l’État, vantait la pharmacopée africaine en négligeant, de surcroit, la vertu de celle des Haïtiennes et Haïtiens.

C’est dans ce contexte que le docteur en médecine traditionnelle, Eddy Pierre, a prétendu qu’il aurait guéri plusieurs personnes qui présentaient les mêmes symptômes que le Covid-19 dans sa clinique se trouvant à la rue des Fronts Forts au Bel-Air, au centre-ville de Port-au- Prince.

« J’ai pu traiter plusieurs personnes à la rue des Front forts, qui présentaient des signes du nouveau coronavirus. La majorité d’entre eux avaient la fièvre, la grippe et des maux de tête », fait savoir Eddy Pierre, phytothérapeute. Il signale qu’il avait lui-même présenté les mêmes caractéristiques, et qu’à partir de ces remèdes, il a pu se rétablir promptement. Il soutient aussi que l’infusion des plantes a été l’une des meilleures méthodes qu’il a utilisées dans le cadre de son traitement. Et tous ces patients ont, eux aussi, été guéris de cette maladie.

Cependant, la thèse faisant croire que la médecine traditionnelle a eu un effet bénéfique sur les personnes atteintes de la pandémie du coronavirus en Haïti n’a pas été prouvée, jusqu’à date, en laboratoire, tenant compte du rapport de la Commission d’inventaire et d’évaluation des remèdes traditionnels contre le SARS-CoV-2, qui a mis en avant plusieurs points qui doivent être corroborés.

Suivant le rapport de la commission d’inventaire et d’évaluation des remèdes traditionnels contre le Sars-Cov-2, l’existence d’une population jeune à plus de 60 % peut être un atout important, c’est le cas de la plupart des pays en voie de développement.
Le climat, avec une température moyenne de 27 ˚C, pourrait influencer la stabilité du virus et ainsi réduire le rythme de transmission.

«La vaccination obligatoire au BCG (Vaccin contre la tuberculose) peut aussi être un facteur de protection, car les données préliminaires ont montré que le BCG protège contre les formes graves d’infection au coronavirus (vi) », lit-on dans le rapport.

Aucune confirmation scientifique de l’apport de la médecine traditionnelle au traitement des cas de Covid-19

« Scientifiquement, je n’ai pas de preuve pour dire que c’est la médecine traditionnelle qui avait contribué à la diminution des cas. Dans la culture haïtienne, les remèdes faits à base de plantes ont un impact positif sur certaines maladies. Le problème avec la médecine traditionnelle réside dans le dosage. Car, ce qui différencie un médicament d’un poison c’est le dosage, c’est la manière de faire », a avancé le docteur Martial Bénêche.

Toutefois, il dit reconnaitre l’apport de la médecine traditionnelle dans la vie quotidienne des Haïtiennes et Haïtiens.
À titre d'exemple, Bénêche a fait savoir que les gens vivant dans des zones reculées du pays ont souvent eu recours au service d’une mambo, d’un phytothérapeute (médecin-feuille) et d’un guérisseur qui parfois les aident à trouver un soulagement à leur malaise.

Le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a accordé beaucoup d’importance à la médecine traditionnelle. C’est pour cela que les autorités sanitaires ont créé une entité devant se pencher sur la question.

L’équipe de cette commission d’inventaire de l’Université d’État d’Haïti (UEH) travaille de concert avec une équipe du MSPP afin de trouver une alchimie pour pouvoir mettre l'accent sur le contenu bénéfique des plantes, a martelé le docteur Martial Bénêche.
Cependant, le directeur départemental sanitaire de l'Ouest soutient que beaucoup d’efforts doivent être consentis, non seulement du côté de l’Université dans la question de recherches, mais également des autorités étatiques qui doivent être disposées à les financer parce qu’il n’y a pas de recherches sans argent.

Jean Élie Paul

* Cette mini-enquête est réalisée dans le cadre d'une série de mini-enquêtes sur la propagation et la gestion de la pandémie de Covid-19 en Haïti soutenue par l'Association des Journalistes haïtiens (AJH) en partenariat avec l'UNICEF et l'UNESCO.




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