RTPacific Contact Avis
 
28.05° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Des scientifiques pour Haïti : 50 diplômés, dont 6 docteurs à la collation des grades 2021 de l’ISTEAH

Des scientifiques pour Haïti : 50 diplômés, dont 6 docteurs à la collation des grades 2021 de l’ISTEAH



La quatrième collation des grades (cérémonie de délivrance de diplômes) de l’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH) a eu lieu le vendredi 28 mai dernier à Génipailler, Milot, siège principal de cet établissement universitaire spécialisé dans la formation aux cycles supérieurs : DESS, maîtrise et doctorat. Présent dans six villes du pays, l’ISTEAH a accueilli, en réel et en virtuel, près de 500 participants, pour célébrer le savoir et la réussite universitaire de 50 étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs de l’ISTEAH, dans 10 disciplines différentes : Administration des affaires; Formation professionnelle et technique; Gestion de projets; Ingénierie; Management des collectivités territoriales; Sciences; Sciences de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement; Sciences de l’éducation; Sciences de la gestion; Sciences économiques.

Un événement historique mais une ombre au tableau

L’ISTEAH a décerné, à sa quatrième cohorte de diplômés, 6 doctorats, 20 maîtrises et 24 DESS. À notre connaissance, c’est la première fois dans l’histoire du pays qu’une université décerne d’un seul coup et dans une même année un aussi grand nombre de doctorats de type Ph. D. (Philosophiae Doctor), avec des thèses réalisées au pays. Fait important à noter, quatre des six nouveaux docteurs résident au Cap-Haïtien.
Parmi ces 50 diplômés, il y a une femme au doctorat, deux à la maîtrise et deux au DESS, soit au total 10 % de femmes et 90 % d’hommes diplômés.

Au regard du nombre de femmes diplômées, nous ne sommes pas du tout fiers de ce résultat. Aussi allons-nous tout faire pour améliorer cette situation. En effet, nous nous promettons d’augmenter significativement le pourcentage des femmes diplômées à la collation des grades de 2022. Et nous n’allons pas nous arrêter là. Car nous devons aller à la source du problème, c’est-à-dire vers les causes profondes qui constituent des obstacles systémiques à l’ascension des femmes aux études universitaires avancées, particulièrement dans le domaine des sciences.

Une première chaire UNESCO en Haïti pour rattraper un retard inadmissible

De nos jours, la disparité entre les sexes dans les domaines scientifiques devient un sujet très préoccupant, particulièrement en Haïti. Les femmes représentent une minorité des chercheurs dans le monde, soit 28 %. De plus, seulement 18 % des chercheures et 35 % de femmes sont diplômées en STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), selon l’enquête SAGA-ISTEAH-UNESCO menée en Haïti en 2018. D’où la nécessité de renforcer la présence des femmes dans ces domaines, en pratiquant une politique vigoureuse d’équité de genre à tous les niveaux du système éducatif haïtien.

C’est ce qui a motivé l’ISTEAH à entreprendre la mise en place d’une chaire de recherche-action pour promouvoir des carrières scientifiques chez les filles et les femmes. Nous sommes heureux d’annoncer que, comme résultat de cette initiative, Haïti vient d’obtenir sa première chaire UNESCO : il s’agit de la Chaire UNESCO Femmes et sciences pour le développement, logée à l’ISTEAH. Elle sera lancée officiellement au cours du mois de juin prochain. La titulaire de cette chaire est la jeune professeure Rose-Michelle Smith, docteure en chimie de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, en France.

Cette chaire permettra entre autres d’élaborer des stratégies et des programmes pour combler les écarts existants entre les hommes et les femmes dans le domaine des sciences. Dédiée à la promotion de l’excellence de jeunes femmes motivées à contribuer au développement scientifique du pays, elle facilitera le développement de partenariats innovants avec des universités étrangères afin de renforcer la qualité de la formation et le partage de connaissances Nord-Sud et Sud-Sud.

L’ISTEAH, un bien commun à léguer aux générations futures

L’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti – avec plus de 210 professeurs associés de calibre international, environ 600 étudiantes et étudiants dans 45 programmes de formation de 2e et 3e cycles universitaires, ainsi que des programmes de licence en sciences et de diplôme d’ingénieur – est le plus grand établissement universitaire au pays dédié aux études avancées dans les disciplines scientifiques et technologiques. Privilégiant la recherche scientifique, l’innovation, le leadership et la citoyenneté comme base du développement socioéconomique, l’ISTEAH vise à renforcer les capacités scientifiques des universités haïtiennes, particulièrement celles des régions, souvent confrontées à des problèmes de pénurie de compétences pour assurer la formation au premier cycle universitaire. L’ISTEAH forme à travers tout le pays des diplômés de maîtrise et de doctorat pour contribuer à la résolution des nombreux problèmes du pays.

L’ISTEAH offre également des services de formation continue et d’expertise aux organismes ayant des besoins spécifiques. Il est reconnu d’utilité publique par l’État haïtien depuis juillet 2015 et demeure l’un des rares établissements universitaires du pays à détenir une accréditation officielle du ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, pour décerner des diplômes de maîtrise et de doctorat.

C’est l’occasion pour nous de remercier solennellement, non seulement les 210 professeurs associés de l’ISTEAH, mais également les 15 administrateurs bénévoles qui ont donné et qui donnent encore généreusement de leur temps et de leurs expertises afin de créer cette université d’excellence que nous voulons laisser en héritage aux générations futures du pays. Le défi est immense, mais nous sommes déterminés à le relever.

L’excellence au service du bien commun

Telle est la devise de l’ISTEAH! En effet, l’excellence ne doit pas être mise au service d’intérêts particuliers aux dépens de l’intérêt général; elle ne doit pas être mise au service de clans qui n’ont aucun souci de l’intérêt général, de l’intérêt de la communauté, de l’intérêt du pays. L’excellence doit plutôt être mise au service de la majorité, au service de la société, au service du bien commun.
Nos diplômé.e.s doivent devenir des phares pour leurs communautés respectives et pour la société. Des porteuses et des porteurs de lumière pour les organisations pour lesquelles ils ou elles œuvrent. Des porteuses et des porteurs de lumière dans cette obscurité où le pays s’engouffre de plus en plus. Des porteuses et des porteurs d’espoir dans ce pays où l’on tue l’espoir dans toutes les couches sociales, particulièrement dans les couches les plus vulnérables dont la jeunesse fait partie. Des modèles et des exemples de bonnes citoyennes, de bons citoyens pour toutes celles et pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de faire des études si avancées.

La citoyenneté avant tout

L’écrivain français François Rabelais a écrit dans Pantagruel, son œuvre majeure publiée en 1532 : « La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Ces diplômé.e.s sont maintenant bien initié.e.s à la science, des connaissances approfondies dans leurs domaines respectifs. Mais, tout cela ne servira pas à grand-chose pour la société et pour le pays s’il ne s’accompagne pas d’une bonne dose de savoir-vivre, de savoir-être, d’intégrité, de patriotisme, d’éthique et d’amour réel du pays et de son peuple, bref d’une bonne dose de conscience citoyenne. Il faut surtout qu’ils se comportent en citoyennes et citoyens modèles et exemplaires!

L’avenir du pays est entre les mains de ces personnes bien formées, chacune dans la sphère d’activité qu’elle a ou aura choisie. Et c’est pour cela qu’elles ont été formées. Pour transformer positivement la société et le pays. Pour changer le monde. Pour un monde plus juste, plus égalitaire, plus généreux, plus solidaire, plus participatif. Oui, ces diplômé.e.s ont été formé.e.s pour nourrir l’ambition de changer le monde positivement. Pour contribuer au progrès de la société haïtienne. Pour contribuer à cette Haïti nouvelle dont nous rêvons toutes et tous.

Merci, chers diplômé.e.s, de rester fidèles à ces idéaux et aux attentes élevées que nous avons placées en vous.

Samuel Pierre, professeur et président de l’ISTEAH




Articles connexes


Afficher plus [4287]