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Récapitulatif du scandale sexuel à la FHF

Récapitulatif du scandale sexuel à la FHF



Le 30 avril 2020, suite à un article du journal britannique The Guardian, le football haïtien allait être soumis à sa plus grande crise de l’histoire. Le président d’alors, Yves Jean Bart, et bon nombre de ses collaborateurs ont été accusés d’abus sexuel sur mineurs, au Centre technique FIFA Goal. Depuis, trois personnes ont déjà connu leur sort, dont l’ex-président banni à vie. D’autres attendent la décision de la chambre de jugement du Comité d’éthique de la FIFA.

Entre la paralysie des principales activités, l’année 2020 a été marquée par le scandale sexuel au Centre technique FIFA Goal. À l’origine, un article du trio Ed Aarons, Romain Molina et Alex Cizmic dénonçant le président de la FHF Yves Jean Bart d’avoir abusé sexuellement des jeunes du centre entre 2015 et 2020. Presqu’un an après, le concerné, Yvette Félix et Nella Joseph sont tous sanctionnés. Rosnick Grant, Wilner Étienne et consorts sont en attente d’un verdict qui peut modifier à jamais leur statut dans la discipline phare du pays. Mais entre l’article dénonciateur et la décision de la chambre de jugement du Comité d’éthique de la FIFA, le dossier a suscité beaucoup de remous dans la société.

Dès les premières semaines, l’Office de la protection du citoyen (OPC) a demandé aux instances concernées, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports et celui de la Justice, de diligenter une enquête autour de ces allégations afin de faire la lumière sur cette question d’abus sexuels. Même cas de figure pour les organisations féministes Sofa et Kay Fanm qui ont manifesté leur soutien aux victimes : « Ces filles sont exposées aux prédateurs sexuels et ne bénéficient d’aucune protection de l’État ou d’autres responsables », a écrit les organisations féministes.

En réponse, le président Yves Jean Bart via un communiqué a rejeté d’un revers de main ces accusations. L’intéressé a évoqué la thèse d’un complot visant à l’évincer de la présidence de la FHF : «Ces accusations mensongères sont aussi criminelles que les pratiques d’abus sexuel sur mineur », estime M. Jean-Bart. Un duel à distance se déclenche entre le camp Dadou et ceux qui défendent les jeunes.

Le parquet de la Croix-des-Bouquets s’est saisi du dossier et l’intéressé a été auditionné pour la première fois, le 14 mai 2020, au tribunal par le commissaire du gouvernement de ce ressort, Me Maxime Augustin. Après une deuxième audition, Dadou a fait savoir, dans un communiqué, qu’il salue la décision du système judiciaire haïtien qui le « débarrasse pleinement de tout acte répréhensible, prouvant que les attaques incessantes et les fausses accusations portées contre lui sont des mensonges sans fondement ».

Pendant que la justice haïtienne s’est montrée incapable de traiter efficacement le dossier, la Commission d’enquête de la FIFA avançait à grands pas. Au courant du mois de mai 2020, l’homme qui dirigeait le football depuis deux décennies a reçu une suspension provisoire de 90 jours suivant les articles 84 et 85 du Code d’éthique de la chambre d’investigation de la Commission d’éthique indépendante. La suite de l’enquête allait pousser la branche juridique de la FIFA à renouveler la sanction. Entre inquiétudes des proches de monsieur Jean Bart et l’impatience de plus d’un, le verdict a été salé.

Yves Jean Bart suspendu à vie

C’est le 18 novembre de la même année que la chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante a jugé Yves Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football (FHF) et ancien membre de commission de la FIFA, coupable d’abus de pouvoir et d’agression sexuelle sur plusieurs joueuses, dont des mineures, en violation du Code d’éthique de la FIFA, a écrit l’instance dirigeante du football. Par conséquent, il est banni à vie de toutes activités liées au football au niveau local et international. Il doit en outre s’acquitter d’une amende d’un montant de 1 million de francs suisses.

La décision a été sévère, mais juste. Des voix se sont levées et réclamaient aussi des sanctions judiciaires. Mais la justice haïtienne est restée passive. Encore une fois, Dadou a réfuté la sanction et a même intenté un recours auprès du Tribunal arbitral du sport, dit-il. C’était la première d’une série de sanctions.

Les autres sanctions

Wilner Étienne, ancien directeur technique national, a lui aussi été mis l’écart du football en attendant la fin de l’enquête le concernant. Même situation pour l’ancien président de la Commission nationale des arbitres, Rosnick Grant, qui est en attente de son jugement. Dans un premier temps, Yvette Felix et Nella Joseph a pris le provisoire, mais par la suite définitivement sanctionnées pour leur implication dans le scandale sexuel au sein de la Fédération.

Dans le cas d’Yvette Felix, il a fallu attendre le mois d’avril 2021 pour connaitre la nature de sa sanction. Ainsi, la Fédération internationale de football via un communiqué a décidé : « La chambre de jugement de la Commission d’éthique indépendante a jugé Mme Yvette Félix, entraîneure adjointe et responsable de l’équipement de la Fédération haïtienne de football (FHF), coupable d’avoir manqué à son devoir de protection de l’intégrité physique et mentale de plusieurs joueuses placées sous sa responsabilité et son autorité au centre technique national de Croix-des-Bouquets (Haïti), en violation du Code d’éthique de la FIFA », précise la FIFA. Elle est suspendue pour une durée de 5 ans assortie d’une lourde amende de 10.000 francs suisses.

Quant à Nella Joseph, sa sanction a été publiée le 3 mai 2021. La chambre de jugement a établi que Mme Joseph avait enfreint l’art. 23 (Protection de l’intégrité physique et morale) du Code d’éthique de la FIFA et a prononcé à son encontre une interdiction de toute activité relative au football (administrative, sportive et autre) aux niveaux national et international pour une durée de dix ans. Elle devra en outre s’acquitter d’une amende s’élevant à 20 000 CHF.

Au final, ce scandale a changé le paysage du football haïtien qui est placé sous la tutelle de la FIFA. La Fédération est gérée par un comité de normalisation ayant à sa tête Jacques Letang. Ledit comité y restera jusqu’au mois de novembre 2022.

Kenson Désir




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