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Des supporters britanniques racistes remis à leur place

Des supporters britanniques racistes remis à leur place



Pour l'Angleterre, le grand rêve de devenir championne d'Europe pour la deuxième fois de l'histoire après 1966 s’est effondré dimanche soir. L'équipe britannique a été battue par l’Italie aux tirs au but. Frustrés, les supporters de « Three Lions » s’en prennent à leurs propres joueurs. Réactions.

Des insultes racistes et des violences ont assombri la fin du championnat d'Europe de football lundi soir. La frustration des supporters anglais après la défaite aux tirs au but s’est surtout dirigée contre les joueurs noirs de Three Lions qui ont raté leurs pénalties contre l'Italie. Jadon Sancho (21 ans), Marcus Rashford (23 ans) et Bukayo Saka (19 ans) ont été doublement frustrés : ils ont raté leur goal - ils n’ont pas su retenir leurs larmes sur le terrain – et en plus, ils ont été insultés.

Sur Twitter et d'autres réseaux sociaux, des attaques racistes ont été lancées contre ces trois internationaux. Peu après la défaite, des reproches, des insultes et des accusations racistes de la pire espèce ont commencé sur Twitter et d’autres médias sociaux contre ces joueurs.

Le trio est devenu la cible de la haine insensée, folle et démesurée d'une minorité de fans de football à l'esprit étroit. Sous les derniers posts « Instagram » de Sancho, Rashford et Saka, on pouvait lire des dizaines de commentaires contenant d'ignobles insultes et jurons racistes dans les minutes qui ont suivi leur amère défaite 3-2 aux tirs au but. Twitter a tenté de contrer cette tendance en remplaçant un hashtag raciste par #SayNotoRacism.

Le quotidien britannique « Guardian » a rapporté qu'une grande fresque à Withington/Manchester représentant le footballeur Rashford a été vandalisée et couverte de graffitis.

Ce qui est réconfortant, ce sont les réactions positives du sport, de la politique et du public. Sur le compte Twitter officiel de l'équipe nationale anglaise, on lit qu’ils sont « dégoûtés » que certains joueurs aient été victimes de discrimination. En outre, la déclaration de la « Football Association », la Fédération britannique de football, s’est aussi dit « écœurée » et a fortement condamné ces incidents. Dans un communiqué diffusé lundi soir, la FA a déclaré que « nous ne pourrions pas être plus clairs : toute personne à l'origine d'un tel comportement révulsant n'est pas la bienvenue parmi les supporters de notre équipe. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir les joueurs concernés tout en faisant pression pour que les responsables soient punis le plus sévèrement possible. » « La FA condamne toute forme de discrimination et est consternée par le racisme en ligne qui a visé certains de nos joueurs anglais sur les médias sociaux ».

L'Union des associations européennes de football (UEFA), regroupant et représentant les fédérations nationales de football d'Europe, a tweeté qu’elle « condamne avec la plus grande fermeté les insultes racistes répugnantes adressées à plusieurs joueurs anglais sur les médias sociaux après la finale du Championnat d'Europe, qui n'ont pas leur place dans le football ni dans la société. »

« Ce sont plutôt des héros à acclamer ! »
« Nous gagnons et perdons en équipe. », a souligné de son côté l'entraîneur britannique Gareth Southgate. Dans le même temps, il a assumé l'entière responsabilité de la défaite de l'Angleterre tout en cherchant à protéger ses joueurs : « C'est ma décision, pas celle des joueurs. Nous avons choisi les meilleurs tireurs qui étaient sur le terrain. »

Le Premier ministre Boris Johnson a également condamné les attaques racistes lundi matin : « Cette équipe d'Angleterre mérite d'être vénérée comme des héros, pas d'être insultée en utilisant des propos racistes. » Il estime que « les responsables de cet abus épouvantable devraient avoir honte d'eux-mêmes ». Le chef du gouvernement britannique lui-même a été critiqué pendant le championnat européen, tout comme le ministre de l'Intérieur Priti Patel, parce qu’ils avaient tous les deux refusé de condamner les huées de l'équipe d'Angleterre lorsqu'elle s'agenouillait avant les matchs - en signe de lutte contre le racisme. Après l’explosion de propos racistes, Johnson a ensuite fait marche arrière, demandant que l'équipe soit acclamée et non huée. L'équipe nationale d'Angleterre s'était agenouillée avant chaque match du Championnat d'Europe pour protester contre le racisme et la discrimination.

Les réactions n’ont pas tardé à accumuler. Le Prince William de Grande-Bretagne a également réagi aux attaques racistes. « Je suis rebuté par les insultes racistes adressées aux joueurs anglais après le match. », a-t-il écrit sur Twitter. Il a aussi déclaré que le comportement de certains fans était « totalement inacceptable et odieux ». Cela doit « cesser maintenant », tance-t-il, et que toutes les personnes impliquées doivent être condamnées.

Mais il y a eu aussi d’autres réactions positives du côté des supporters. Les fans du FC Arsenal, où Bukayo Saka est sous contrat, ont inondé ses profils de messages positifs. Par exemple, ils ont écrit qu'ils étaient « fiers de leur jeune vedette ». Marcus Rashford et Jadon Sancho, quant à eux, ont été l’objet de nombreux éloges pour leurs engagements sociaux. Par exemple, Rashford avait notamment créé un programme alimentaire pour les enfants défavorisés qui ne pouvaient pas manger à l'école pendant le lockdown dû au Coronavirus.

Ce n'est pas seulement au Royaume-Uni que les remarques racistes des fans ont soulevé de l’indignation. En Allemagne, on a enregistré aussi des réactions choquées.

L’agence de presse américaine AP a rapporté lundi matin que la police londonienne enquête déjà sur les personnes qui ont diffusé des messages « offensants et racistes » sur les médias sociaux. Dans une déclaration, elle a fait savoir que « Cet abus est totalement inacceptable, ne sera pas toléré et fera l'objet d'une enquête. »

Selon le Frankfurter Rundschau en date du 13 juillet, dans la nuit de 11 au 12 juillet dernier, des noirs auraient été victimes d'agressions physiques à Londres et dans d'autres régions du pays. Une vidéo d'une attaque a circulé sur Twitter pendant la nuit, mais elle n'a pas encore été examinée par les autorités chargées de l'enquête.

Les supporters anglais avaient déjà attiré une attention négative lors des matchs contre l'Allemagne et le Danemark, même s'ils avaient jusqu'à présent limité leurs attaques à l'équipe adverse. En conséquence, certains utilisateurs de Twitter n'ont pas été surpris par les réactions racistes. L'auteur et expert en racisme, le Dr Shola Mos-Shogbamimu, a par exemple écrit que l'Angleterre montrait son « vrai visage ».

« Dégoûtantes »

Ces incidents suscitent également un ressentiment considérable et des réactions choquées en Allemagne, souvent sous le hashtag #SayNoToRacism. La ministre de l'intégration, Mme Annette Widmann-Mauz, a fait remarquer sur Twitter que le football ne devrait jamais conduire à la haine et que le racisme n'a pas sa place dans le sport ou la société. Des réactions similaires sont venues de plusieurs partis politiques : le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak, a jugé les insultes racistes tout bonnement « dégoûtantes ». La direction du SPD a souligné que les « émeutes racistes » qui ont suivi la finale du Championnat d'Europe ont montré tout ce qu'il restait à faire. Le chef du groupe parlementaire des Verts, Katrin Göring-Eckardt, a qualifié les incidents d' « intolérables ».

Frustré, le journaliste allemand d’origine sri-lankaise, Stephan Anpalagan, qui traite des questions de racisme, a remarqué dans un fil de discussion largement partagé sur les incidents que « L'agenouillement, les confessions, tout est oublié, tout cela n'a pas d'importance. Que les joueurs noirs aient propulsé l'équipe en finale, peu importe. Que ce soit le noir Rashford se soit levé contre la pauvreté des enfants en Angleterre, pour eux, c'est sans importance »

Le chercheur allemand en sciences sociales Harald Lange (Université de Würzburg) est également très inquiet. Ce spécialiste du supporterisme a affirmé qu'on a vu le soir de la finale « qu'un énorme problème a surgi, qui n'est pas seulement embarrassant pour les responsables, mais aussi énormément embarrassant pour l'équipe et aussi énormément embarrassant pour la politique tout autour. » Il a clairement pointé du doigt l'ancien directeur général de la « Football Association », Greg Clarke. Ce dernier avait été contraint de démissionner en 2020 de son poste de président de la la Fédération anglaise de football après avoir employé un terme offensant envers les noirs lors d'une audition avec des parlementaires britanniques. L'expression « coloured footballers » ( « footballeurs de couleur ») est considérée comme hautement offensante au Royaume-Uni. Il s'était rapidement excusé après y avoir été appelé par le député Kevin Brennan. Il aurait aussi d'ailleurs tenu des commentaires homophobes et misogynes.

Selon les autorités, 19 policiers ont été blessés lors d'affrontements avec des supporters en marge de la finale du Championnat d'Europe de football entre l'Angleterre et l'Italie. C'était totalement inacceptable, a déclaré la police sur Twitter lundi matin. Au cours de la journée de dimanche, 49 personnes ont été arrêtées pour diverses infractions, ont-ils précisé. Dans le même temps, la police a remercié les dizaines de milliers de supporters qui se sont comportés de manière pacifique.

Avant la finale du Championnat d'Europe à Londres, de nombreux fans de football avaient tenté de prendre d'assaut le stade de Wembley, et avaient parfois réussi. Des vidéos ont montré des bagarres aux entrées du stade. Dans le centre-ville de la métropole britannique, l'état d'urgence a prévalu dans les heures précédant le match. Après la défaite de l'équipe anglaise, la police a tenté de disperser la foule à l'extérieur de l'arène. Des bouteilles de bière ont été lancées et des chansons contre l'Italie, chantées.

Huguette Hérard




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