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Vaut-il la peine de vacciner la population haïtienne contre la Covid-19 ?

Vaut-il la peine de vacciner la population haïtienne contre la Covid-19 ?



Dans le but de combattre le nouveau coronavirus en Haïti, le gouvernement haïtien a accepté d’immuniser le peuple haïtien avec le vaccin anti-covid. Discutée au Conseil des ministres, la décision a été adoptée dans une résolution publiée en date du 16 mars 2021 par le président de la République dans le journal Le Moniteur.

« Le Conseil des ministres reconnaît la nécessité pour le pays de disposer de vaccins anti-covid19 au bénéfice de la population. En ce sens, il entérine (approuve) les démarches entreprises par le Ministère de la Santé publique et de la Population en vue de se procurer de ce vaccin », lit-on à l'article premier de la résolution.

En ce qui a trait à la procédure de son entrée sur le sol national, le décret prévoit en son article 2 que le Conseil des ministres est d'avis sur la question dans les conditions stipulées dans le document de soutien de l'Alliance globale de l'Immunisation (GAVI).

Les Haïtiens s'y opposent !

Parmi les figures de proue de la scène politique haïtienne, le militant Jean Charles Moïse est le premier à avoir manifesté publiquement son opposition à cette décision. Selon le militant farouche au pouvoir en place, faire vacciner la population haïtienne est une décision irresponsable.

S'y opposant d'emblée, le numéro un du PPD affirme que le volume de personnes infectées en Haïti au virus est nettement inférieur par rapport aux autres pays touchés par la pandémie. « Otorizasyon Leta bay pou vaksen anti kovid antre an Ayiti a se yon desizyon iresponsab. Li pa jistifye paske pa gen volim moun malad menm jan a lòt peyi yo ki deside yo menm kanpe sou vaksen pou efè segondè l sou santé popilasyon yo », a écrit le militant sur son compte Twitter.

Plusieurs internautes n'ont pas non plus vu de bon œil l'administration du vaccin anti-covid dans la société haïtienne. C'est le cas de Ginette qui réagit sur sa page Facebook de manière ci-après : " Que Jovenel Moïse et sa bande se fassent vacciner d'abord ! L'exemple vient d'en haut. " D'autres sont allés plus loin pour marteler que jamais ils ne se laisseront administrer le vaccin anti-covid.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes

Quoique mal équipée en terme d'infrastructures sanitaires, Haïti figure parmi les pays les moins touchés par la pandémie du coronavirus dans le monde en général et dans les Caraïbes en particulier. Notamment si l'on regarde le nombre de décès quotidiens liés à la pandémie auxquels faisaient face les grandes puissances comme les États-Unis, la France, l'Espagne, l'Italie, entre autres.

Le Ministère de la Santé publique et de la Population est lui aussi d'avis que la maladie n'a pas touché Haïti au rythme auquel on s'y attendait. Le 19 mars 2021, exactement à un an de l'introduction du virus sur le sol haïtien, le Ministère a écrit que : « La réalité montre que le pays n'a pas subi autant de décès ou de cas sévères que ce à quoi on s'attendait selon les premiers pronostics sur les dégâts éventuels de la maladie en Haïti. »

Selon les derniers communiqués du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) relatifs à l'évolution du nouveau coronavirus en Haïti, il y a un rebond en termes de cas positifs et de décès liés à la maladie durant ces dernières semaines. Mais jusque-là, on est loin d'être parmi les pays les plus touchés de la région.

Les vaccins anti-covid et leur prévention contre le coronavirus

Selon le ministre de la Santé en France, Olivier Véran, une personne se faisant vacciner contre le coronavirus n'est pas complètement protégée contre celui-ci. De son avis, il s'agit d'une chance. « Contre la #COVID19, la vaccination est une chance... », a-t-il écrit sur Twitter.

Le 29 mai 2021, Lisa Shaw, journaliste-présentatrice de la radio BBC, est décédée à l'âge de 44 ans après avoir été vaccinée à l'AstraZeneca. Selon ce qu'a rapporté le journal britannique "The Guardian", elle souffrait de violents maux de tête et avait développé des caillots sanguins moins d'une semaine après la vaccination.

Certes, les personnes ayant été vaccinées peuvent être moins vulnérables face à la contraction du virus qu'une personne qui ne l'a jamais été. Mais le vaccin anti-covid semble ne pas vraiment immuniser les vaccinés selon plusieurs constats.

Qu'en est-il des effets secondaires ?

Plusieurs pays qui avaient autorisé l'entrée des vaccins anti-covid sur leur territoire sont retournés sur la décision. Selon les autorités sanitaires de ces pays, ces vaccins peuvent avoir beaucoup d'effets secondaires et indésirables sur les personnes auxquelles ils sont administrés.

« L'Allemagne suspend l'utilisation du vaccin contre la Covid-19 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca à titre préventif après le signalement d'effets secondaires », selon ce qu'a annoncé lundi le ministère de la Santé allemande, rapporté par BFMTV dans un article paru en mars.

Cette décision a été prise par les autorités allemandes après que l’institut médical Paul-Ehrlich, conseillant le gouvernement, « estime que d'autres examens (sont) nécessaires », après des cas de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées en Europe.

C'est ce qu'a précisé un porte-parole du ministère, rapporté par le média BMFMTV, alors que, précise-t-il, cette décision de suspension intervient après de nouvelles informations concernant des thromboses de veines cérébrales en lien avec la vaccination en Allemagne et en Europe. Et là encore, il ne s'agit pas que de l'Allemagne. Nombreux autres pays en ont fait pareil, particulièrement ceux de l'Europe, comme les pays de la Scandinave.

L'État haïtien s'en lave les mains

L'État haïtien, le principal acteur qui a autorisé par décret l'entrée des vaccins anti-covid sur le sol se dédouane de tous les effets indésirables et secondaires que l'administration de ces derniers peut éventuellement avoir sur la santé des gens qui l'en consomment.

À l'article 2 dudit décret, l'État haïtien prévoit que l'administration du vaccin ne sera pas obligatoire. À côté de cela, le gouvernement oblige aux récipiendaires de signer un formulaire de désistement, avant même l'administration du vaccin, pour ne pas poursuivre l'État haïtien et/ou les fabricants du vaccin au cas où ledit vaccin aurait causé des effets secondaires après son administration.

Une décision qui pousse de nombreux Haïtiens à douter davantage non seulement de l'efficacité du vaccin, mais aussi de ses effets secondaires. De leur avis, l'État haïtien avait déjà l'habitude d'autoriser l'entrée d'autres vaccins sur le territoire national en guise de prévention contre d'autres maladies, mais c'est pour la première fois, disent-ils, qu'une pareille exigence en est faite. Pourquoi ? L'État haïtien est-il plus rassuré des effets indésirables du vaccin que son efficacité face au virus ?

Jim Larose




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