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Position d’un groupe de chercheurs et d’expatriés haïtiens au Brésil sur le référendum de M. Moïse

Position d’un groupe de chercheurs et d’expatriés haïtiens au Brésil sur le référendum de M. Moïse



Depuis l’année 2011, avec le régime de PHTK (Parti Haïtien Tèt Kale) au pouvoir, la situation sociopolitique, juridique et économique d’Haïti a été exacerbée. À côté de cette dégradation multiforme que connaît le pays, l’effondrement de l’État est le plus désastreux. La banditisation de l’État initiée en 2011 par l’accession de M. Martelly à la présidence du pays atteint son apogée avec M. Moïse. Ainsi, on assiste depuis tantôt trois ans à une sorte de déguerpissement de l’État par le banditisme où la population civile est livrée à elle-même, où les gangs armés terrorisent la République comme bon leur semble, en toute quiétude, au regard passif et complice des autorités. Si longtemps il y avait eu des zones de non-droit, maintenant c’est l’effroyable pagaille généralisée, même les zones les plus reculées du pays sont gangstérisées à l’outrance. C’est dans ce climat de terreur généralisé, où même les autorités étatiques en place paient des rançons faramineuses pour sauver ou faire libérer les/ leurs kidnappés; que M. Moïse, dont son mandat constitutionnel est expiré depuis le 7 février 2021, s’obstine à doter le pays d’une nouvelle constitution.

Sans prétention de faire le procès du régime de M. Moïse, encore moins de présenter une lecture exhaustive sur la problématique du changement de Constitution, les lignes qui suivent ne présentent que la position d’un groupe d’haïtien au Brésil sur l’obstination de M. Moïse à changer la Constitution de 1987.

Tout d’abord, les idées des spécialistes en question de Constitution (Mirlande Manigat, Sonnet Saint-Louis), des juristes (Bernard Gousse, Josué Pierre-Louis), des Groupes de la Société civile (CONANE), des organisations des droits humains (Fondation Je Klere, RNDDH, CADRE, POHDH), des Organisations religieuses (Religion pour la Paix), des Partis politiques de l’opposition et proches de M. Moïse s’accordent non seulement sur l’inopportunité du changement de Constitution dans des conditions tant délétères, mais aussi sur le caractère anti et inconstitutionnel d’une telle démarche. D’ailleurs, l’article 284.3. de la Constitution de 1987 affirme péremptoirement: « Toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ». Malgré cette prohibition constitutionnelle et les cris d’avertissement issus de la quasi-totalité de la société civile contre son macabre projet de destruction de l’État haïtien, M. Moïse, à lui seul, veut imposer au pays une nouvelle constitution. Quelle insolence! Comment un Président aussi contesté, impopulaire, qu’illégitime peut, à lui seul, décider de changer la loi mère du pays, sur laquelle, il avait juré de respecter et de faire respecter, sous prétexte que l’interdiction imposée par l’article 284.3 susmentionné se réfère à la non-modification, mais non pas au changement de la Constitution par voie référendaire? C’est comme louer une maison à une personne où, dans le contrat de location, il est interdit de modifier l'immeuble et, un beau jour, le locataire décide de le démolir pour en construire un nouveau, sous prétexte que le contrat interdit la « modification », mais il n’interdit pas la « démolition ». Quelle insulte à l’intelligence et au bon sens!

Son obstination à changer la Constitution nous rappelle son comportement en 2018, quand il avait refusé d’entendre raison sur l’augmentation faramineuse des produits pétroliers à la pompe. Il a fallu une réponse violente de la part de la population pour que M. Moïse se soit rétracté. Lors de ces événements qui ont provoqué des pertes énormes pour le pays, plus d’un pensait que M. Moïse allait apprendre de ne pas poursuivre sa folie, qu’il allait désormais se laisser guider par la sagesse. Force est de constater que ce Monsieur se montre plus arrogant, plus têtu, plus obstiné à sa folie au point qu’il s’autoproclame « Apre Dye ». Il contrôle TOUT, se sentant doté de tellement de pouvoir, il affirme péremptoirement: « À qui veut l’entendre, à n’importe quel moment les élections auront lieu dans ce pays, nous les emporterons ». Et avant cette déclaration, son ex-premier ministre Jack Guy Lafontant avait dit « nou pran pouvwa a pou pi piti 50 tan ».

Face à de tels constats, nous, expatriés haïtiens, signataires de la présente, ne pouvons pas rester indifférents devant l’hécatombe collective que prépare M. Moïse et ses copains. Vu qu’il n’écoute personne, même ses allié.e.s et conseiller.ères, vu qu’il se montre inconscient, insouciant, incompetent et partisan du chaos, inutile de lui demander de se rétracter. En effet, nous voulons, par la présente, lancer un fervent appel à toutes les citoyennes haïtiennes et tous les citoyens haïtiens avisé.e.s de se rassembler, en dehors de toutes divergences politiques, afin de barrer la route à M. Moïse et ses allié.e.s. Ainsi donc, nous exhortons la population dans toutes ses composantes à continuer à se mobiliser et à utiliser tous les moyens possibles et imaginables afin de freiner M. Moïse dans sa folle course vers l’anéantissement de la nation haïtienne.

Nous ne devons donner aucune possibilité à un président, sans un large consensus, voire à un président antidémocratique comme Jovenel Moïse dont son mandat constitutionnel est expiré depuis le 7 février 2021, de changer la Constitution du pays. Malgré son imperfection et la nécessité d’une révision en profondeur, malgré qu’elle n’a jamais été appliquée réellement, la Constitution de 1987 mérite d’être jalousement défendue et protégée; car c’est elle qui nous a préservés, malgré tout, ces trente dernières années contre des régimes autoritaires. Alors, la résistance que le Conseil Électoral provisoire (CEP) décrié a reçue dans plusieurs villes de province, ces dernières semaines, est un pas vers cet engagement citoyen que nous réclamons. D’ailleurs, cette résistance a déjà donné de bons résultats: les membres du gouvernement ainsi que ceux du CEP ont perdu leur tête. Ainsi, ils ont décidé de parler de leur nouvelle Constitution uniquement à leurs proches, aux femmes et aux enfants, tout en interdisant aux hommes et jeunes habiles à voter d’assister à leurs réunions. Donc, continuons ce flambeau de protestation, barrons la route à ces individus qui ont déjà perdu leur tête, jusqu’à ce qu’ils prennent conscience de leur folie et acceptent d’entendre la voix de la sagesse.
Actuellement, l’urgence du pays n’est pas une révision constitutionnelle voire un changement de Constitution, mais plutôt celle de combattre:

i) la corruption et le népotisme qui gangrènent l’administration publique;

ii) l’entreprise de kidnapping et les gangs armés qui ne cessent d’endeuiller, d’empêcher la circulation et d’appauvrir la population;

iii) l’extrême pauvreté qui affecte plus de 4.5 millions de la population et
iv) d’organiser des élections.

Donc, compatriotes haïtien.ne.s où que nous soyons, mobilisons-nous, conjuguons nos forces en vue de barrer la route à Jovenel Moïse et ses allié.e.s dans leur velléité d’imposer leur projet suicidaire et liberticide.


Les signataires

Dieumettre JEAN (Doctorant en Études Littéraires) – Université d’État Paulista (UNESP) - São Paulo/Brésil.

Frantz Rousseau DÉUS (Doctorant en Sociologie) - Université d’État de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Ismane DESROSIERS (Doctorant en Géographie) - Université de São Paulo (USP) - São Paulo/ Brésil.

Berno LOGIS (Doctorant en Histoire) - Université d’État Paulista (UNESP) - São Paulo/Brésil.

Guerby SAINTE (Doctorant en Géographie) - Université d’Etat de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Jean Renel FRANÇOIS (Doctorant en Mathématique Appliquée) - Université d’Etat de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Tomy FELIXON (Maîtrise en Mathématique Appliquée) - Université d’Etat de Campinas (UNICAMP) - São Paulo/ Brésil.

Pour l’Association Haïtienne de Campinas et Régions pour le Développement (AHCRD): Choisy FANCILOME (Président) et Carnest MORAIN ( Conseillé).

Sanel CHARLOTIN (Maîtrise en Relations internationales) - Université Fédérale de l'Intégration Latino-Américaine ( UNILA) - Paraná/Brésil.

Lanousse PETIOTE (Chercheur postdoctoral en Chimie inorganique)- Université d’Etat de Campinas (UNICAMP) - São Paulo/ Brésil.

Ralph CHARLES (Doctorant en Géographie) - Université d’Etat de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Wesner SAINT-JUSTE (Bachelier en Linguistique) -Université d’État de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Sudly Amonsen Raphaël SAINTIL ( Bachelier en Linguistique, étudiant en Lettres Portugaise) -Université d’État de Campinas (UNICAMP)- São Paulo/Brésil.

Handerson JOSEPH (Docteur en Anthropologie Sociale, Enseignant-chercheur au département d’Anthropologie à l’Université Fédérale de Rio Grande do Sul - UFRGS/Brésil).




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