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J'avais la chance de rencontrer Maxime Roumer juste quelques mois avant sa mort (Première partie)

J'avais la chance de rencontrer Maxime Roumer juste quelques mois avant sa mort (Première partie)



J'avais l'habitude d'entendre ce nom qui résonnait un peu partout lorsque j'étais en classe secondaire dans une école jouissant d'une très bonne réputation dans la cité des poètes, comme on l'appelait dans le temps. Jusqu'au jour où je suis tombé sur un poème D'Émile Roumer (Marabout de mon cœur) qui m'a séduit et d'un coup je me suis posé la question sur ses descendants qui sont encore en vie et habitent toujours à Jérémie. L'idée c'était de les rencontrer un de ces jours, car la troisième page du livre décrivant l'auteur indiquait qu'il est de Jérémie. "Maxime Roumer est son neveu, il est sénateur", m'a répondu un de mes camarades qui avait, lui aussi, une passion sans égale pour les livres, pour la littérature. " Ne me dis pas que tu ne connais pas Maxime", ajouta-t-il. La réponse était un non qui sortait timidement de ma bouche pour éviter les taquineries pour une simple bonne raison. Ne pas reconnaître notre représentant au Parlement haïtien, à l'époque ce dernier jouissait d'une popularité incontournable.

Les années ont passé. Une fois mes études à l'école secondaire achevées, j’ai laissé la terre natale et je me suis installé à Port-au-Prince pour des études à l'Université. Durant cette période, je n'avais pas eu la chance de rencontrer Maxime en face, dommage. Quelque temps après, grâce aux réseaux sociaux j'ai eu l'opportunité de tomber sur une photo profil de lui. Assis sur une chaise. Une paire de lunettes cadrait ses yeux. Il portait chemise jaune si toutefois ma mémoire ne me fait pas défaut. Regard soutenu sur un ordinateur. Le bicolore bien agencé à côté de lui. Un lot d'ouvrages sur la table. Une vieille photo de René Philoctète tachée sur un mur juste derrière lui. Son nom bien écrit en majuscule. MAXIME ROUMER. C'est à ce moment que j'allais faire connaissance de l'Université Nouvelle Grand'Anse (UNOGA) à Jérémie dont il avait mis sur pied depuis quelques années. Les informations que j'ai pu recueillir ont fait savoir que l'institution est au chevet de la bonne formation universitaire dans le Sud du pays surtout en qui a trait aux formations liées à l'agronomie.

Maxime Roumer, un homme de sciences

Il a toujours fait preuve de mettre la connaissance scientifique au premier plan. C'est sans doute l'une des raisons qui l'a poussé à fonder l'Université Nouvelle Grand'Anse. Toujours des images de lui en compagnie de ses étudiants sur le terrain, en train d'expérimenter une nouvelle variété. Voir, à la place d'un échantillon qui n'a pas été fructueux comment procéder une nouvelle façon qui serait plus bénéfique. La mise en commun des idées. Le réseautage. Accords, partenariats, coopérations, jumelages entre l'Université Nouvelle Grand'Anse et d'autres institutions Universitaires étrangères, surtout des pays de l'Amérique latine dont il était fort reconnu.

Une rencontre physique qui a finalement eu lieu

Un rendez-vous avec lui était programmé suite à un échange sur Facebook qu'on avait eu. Madame Savannah Savary, une amie à moi était invitée pour une tournée au niveau de Jérémie en juin 2020. Au menu, une conférence était prévue. L' amphithéâtre de l'Université nouvelle Grand'Anse fut l'endroit idéal qui m'était venu à l'esprit suite à nos échanges par téléphone. Il m'avait demandé de lui rejoindre le lendemain à son domicile dans les hauteurs de Borde pour mieux arranger tout ça. Enfin, ce fut un rêve qui allait se transformer en réalité.

Le jour venu, j'étais accompagné d'un ami, l’agronome Bertho Vincent, qui lui aussi avait pris à coeur l'idée d'organiser des activités culturelles, éducatives, sociales dans la ville. Nous avons pris la route de Borde. (L'adresse est très facile à trouver si tu connais les deux hôtels du coin) m'avait-il dit au téléphone. Nous nous sommes arrêtés au niveau de l'hôtel la Cabane. Rapidement, un passant nous a indiqué la grande barrière de la maison. Nous franchissons rapidement la grande cour. À l'intérieur il n'y avait personne. Seulement une vieille voiture et des arbres un peu partout. Nous nous sommes arrêtés pour lui annoncer notre présence. Il nous a indiqué de venir tout droit. Ensuite, tourner à droite. Au cours de route un jeune homme nous a accompagné jusqu'à la galerie qu'il recevait ses invités.

Le décor était magnifique. Il était à peine onze heures du matin. La mer caribéenne était si bleue et stagnante qu'elle pourrait même se confondre avec un tableau dessiner à la main par un artisan qui s'y connait bien dans le domaine. Le cri des oiseaux cassait un peu le rythme du silence qui planait. Quelque temps après nous avons entendu le bruit des pas d'un homme qui parlait au téléphone. Ce fut l'homme que je voyais sur la photo. De haute taille. Un géant. Nous nous saluons avec les coudes juste pour respecter les mesures barrières, car nous étions en pleine période de pandémie. D'un coup, la conversation avait pris corps. Après une brève présentation, nous abordons les mises en place pour la conférence, c'était à l'ordre du jour. Le local, l'accueil, public cible, l'UNOGA a toute une équipe administrative dynamique capable de tout mettre en place, approuve-t-il.

Maxime était aussi un vrai passionné de la littérature haïtienne

Ce fameux ouvrage de René Philoctète fut ce qui allait tourner notre sujet de conversation sur une fenêtre littéraire. Un roman qui se déroule sur le massacre des milliers de compatriotes haïtiens où le crapuleux Trujillo en était l'instigateur. Cela fait plus de six mois que je cherche à me procurer un nouvel exemplaire, le dernier que j'avais en est tellement abîmé et j'arrivais à peine à faire la lecture, me disait-il. Il s'était aussi confié sur quelques ouvrages qu'il ne pouvait s'arrêter de lire; la petite corruption de Yannick Lahens, Compère Général soleil de Jacques Stephen Alexis, Gouverneur de la rosée de Jacques Roumain, Kannjawou de Lyonel Trouillot, mes chères petites ombres de Jean-Euphèle Milcé, les brasseurs de la ville d'Evains Wêshe, mûr à crever de Franck Étienne.

Jean Louis Guelson




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