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Tu ne tueras point

Tu ne tueras point



Nous vivons cette triste conjoncture où la mort ne cesse de faire parler d'elle qu'on le veuille ou pas : impitoyablement et sans discrimination, le covid-19 continue d'emporter des millions dans le monde plus de 4.07M. Et chez nous, en Haïti, non seulement la maladie persiste à abattre nos frères et soeurs, elle trouve volontiers des bouchers pour l'accompagner de manière sordide et expéditive dans sa funeste mission. Eux, ils propagent le deuil dans nos familles avec une arrogance pleine de dégout et une haine morbide, en semant des cadavres, pêle-mêle, sur les pavés, jusqu'à oser percer quatre murs de sécurité pour aller assassiner honteusement le président de la République d'Haïti, M. Jovenel Moise, dans sa chambre. Impensable ! Il faut donc nous arrêter un instant pour avouer que depuis bien des décades, en Haïti, la mort n'est plus simplement--cette, « surprise que fait l'inconcevable au concevable, » de Paul Valery, mais une monstrueuse banalité, une machine infernale qui nous enfonce plus profondément dans l'abime de la malédiction. On fait disparaître des vies humaines comme l'on souffle sur de la poudre : on empoisonne, on fusille... on massacre. Port-au-Prince est devenu un vaste abattoir. Pourtant, Dieu nous interdit catégoriquement d'ôter la vie à quelqu'un illégalement.

Khalil Gibran nous a rappelé que « nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit », que la mort est un passage obligé -- ce que nous admettons fatalement, malgré tout. Et notre mort peut provenir d'un accident, de la maladie, ou même d'une guerre ! Mais, soit par madichon ou imprécation, par l'avortement insensé d'un foetus ou par un assaut physique ou moral, ou par quelques autres manières occultes qui provoqueraient la mort d'autrui, nul n'à le droit d'enlever la vie à personne pas même à une poule sans la permission de Dieu.

Les raisons apparentes de ces limites à l'homme sont plusieurs. Parmi toutes les créations de Dieu, la vie humaine est, sans équivoque, la plus précieuse à ses yeux. C'est la raison pour laquelle il a choisi la vie et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ pour solutionner le problème du péché une fois pour toutes. C'est parce que Dieu est vie, il a souci pour tout ce qui vit.2 donc, faire du mal à la vie, c'est offenser Dieu ; b) le Souverain maitre, l'Auteur de toute vie, a assigné un terme à l'existence de chacune de ses créatures vivantes. « L'éléphant emploie vingt-cinq à trente ans, avant d'atteindre son entier développement ; il vit de deux cent cinquante à trois cents ans. Le taureau croit de deux à trois ans ; il vit de vingt à trente. Le chat est entièrement formé au bout d'un an ; sa vie ne dépasse guère dix à douze années. Le chien croit de douze à quinze ans mois ; il vit de dix à quinze ans. » Selon Ed. Robin (1858) et le Physiologiste Jean Pierre Flourens (1874), la durée de la vie humaine est de cent cinquante à deux cents. Par conséquent, tuer quelqu'un, c'est d'interférer témérairement dans le plan de Dieu, c'est lui déclarer la guerre.

Dieu tient tellement à la vie de l'homme qu'il a institué la peine capitale la loi du talion. « Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé, car Dieu a fait l'homme à son image. » 3 mai, pour empêcher que le sang continue de couler inutilement et épargner les victimes du châtiment, Dieu les a interdits de se venger eux-mêmes : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre... » 4 plutôt, il s'est chargé de la vengeance. « À moi la vengeance, à moi la rétribution. » 5 la vengeance divine est toujours plus dure, quoiqu'elle semble parfois non évidente : Il punit jusqu'à la troisième et la quatrième génération. 6L'Éternel s'était lui-même chargé de venger Caïn si quelqu'un le tuait. 7 Il a sévèrement puni le roi David, pour avoir astucieusement provoqué la mort d'Uri, l'un de ses capitaines.8

Que faut-il donc faire en Haïti pour arrêter ces tueries ? Comment tarir la fontaine de sang qui abreuve l'orgueil et la haine qui rongent la société haïtienne ? Devrait-on joindre les rangs des cinquante-quatre pays ou plus du monde qui pratiquent encore la peine de mort ou les deux tiers qui l'ont abolie ? Sommes-nous obligés de prendre le chemin de l'amour ?

Au premier plan il faudra d'abord désarmer tout le pays. Ensuite, prendre la détermination d'élaborer et de promouvoir une politique de justice sociale basée sur le respect de l'autre, le pardon et la réconciliation. Car l'autre voie nous apportera davantage de déboires, et nous attirerait le tonnerre de Dieu. Aujourd'hui, je nourris le sentiment que nous sommes en train de payer pour le sang de tous les innocents et de tous les présidents qui a été coulé sur la terre d'Haïti sans sa permission --, et celui de M. Jovenel Moise en vient à ajouter à nos calamités. Ne devrions-nous pas prendre le sac et la cendre pour demander pardon à Dieu et pour nous pardonner réciproquement ?

Le titre de cet article, « Tu ne tueras point » est le sixième commandement du Décalogue, pierre angulaire de toute saine jurisprudence, que le Seigneur a résumé en deux lois : la première, « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force ; la deuxième, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » 9 c’est tout simplement, la loi de l'amour.

J'envoie mes sincères condoléances à tous ceux qui pleurent la mort de leurs parents, et à la famille présidentielle en particulier. Que le Dieu de paix vous soulage dans vos afflictions.

Pierre-Yves Roy




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