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Le cataclysme de la gouvernance calamiteuse

Le cataclysme de la gouvernance calamiteuse



« Gouverner, c’est prévoir ; ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte ». (Émile de Girardin, La politique universelle, 1852) Éruption volcanique, secousse sismique, dépression atmosphérique, perturbation cyclonique ; de manière intemporelle, les évènements telluriques participent activement de la dynamique cosmique. Celle-ci obéit - entre autres aux lentilles de Lavoisier - aux principes physiques de transformation et de reconstruction des cellules du macrocosme à travers d’intenses énergies de réaction.

La complexité de l’univers requiert des connaissances techniques et technologiques adéquates afin de capter et maîtriser les mouvements stellaires de manière à éviter des impacts regrettables sur les structures terrestres. Inlassablement, les gouvernants ont besoin de cabinets garnis de conseillers avisés à même de s’enquérir d’informations pertinentes pour simuler, analyser, comprendre et donc diriger la Cité en toute conscience.

Dans la perspective d’une gouvernance moderne greffée sur les modèles théoriques et empiriques qui implique alors la quête de la victoire de la dialectique sur le sophisme, seule la vérité scientifique nous affranchira. Plus près de nous, la gestion de la crise de la Covid 19 a permis de renforcer cette thèse de la primauté de la recherche scientifique sur les acrobaties politiques et les hérésies religieuses. À un stade décisif, ce ne sont ni aux pasteurs hâbleurs ni aux politiciens vilains d’assurer le destin des communautés. Entre les mains de la science, l’humanité s’abandonne.

A l’instar de Galilée qui au péril de sa vie concluait « Et pourtant elle tourne » pour secouer l’inconfort déconcertant de la royauté et de la papauté dans leur cécité et leur stupidité, les « intellectuels » d’aujourd’hui sont davantage invités à épouser l’éthique et la vérité. Laquelle attitude empreinte d’humilité contribuera à construire des projets ancrés dans la vision sincère de la conception et l’implémentation de politiques publiques consistantes au profit du bien-être collectif. Probité intellectuelle exige ou simplement par humanité, les véritables intellectuels et serviteurs de la patrie doivent objecter aux impostures de Sa Majesté à travers ses exhibitions fantasmagoriques de croire pouvoir sauver un peuple par un coup de baguette magique.

Des milliers de maisons commandées toujours en attente de traverser la Méditerranée pour apaiser la misère des sinistrés, des appareils imaginaires capables de contenir les cyclones, des gratte-ciels à Corail qui déclarent concurrence avec la Californie, des projets de stades, écoles, hôpitaux, téléfériques, ports et aéroports; le mensonge finit toujours par laisser la lumière scintiller en dessous de son jupon pestilent. « On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personnes une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois ». N’est-ce pas Alain Berberian ?

À l’époque antédiluvienne où les fameuses découvertes quantiques faisaient défaut, il fallait les prouesses prédictives des devins proches du divin comme celles de Nostradamus ou de Joseph pour anticiper les désastres et les miracles afin de faciliter la gestion rationnelle de la Cité suite aux vicissitudes de la nature. En ce 21e siècle, ce n’est point par le biais d’une boule de Crystal couvée en des synagogues ou en des péristyles que se décident l’avenir et le devenir.

Ce millénaire de lumière et de progrès techniques ceinturés par l’intelligence artificielle délègue la destinée des nations à la vigilance de la science, non à la providence. Toute approche politique ou sociale érigée dans la facétie – ignorant les aléas naturels et basée sur la résignation du « Bondye bon » - est jugée surannée et porte les gènes du désastre.

Un monde virtuel de plus en plus réel

Cette ère moderne caractérisée par une guerre acharnée des talents mobilisés dans les mécanismes des réseaux neuronaux placés au cœur de la technologie de pointe rend plus évidente la gouvernance rationnelle. Les multiples activités spatiales, les projets sous-terrain, sous-marin, et sur le sol qui exigent le maintien de la symbiose de notre écosystème sophistiqué s’entretiennent davantage sous l’égide de l’automation.

Depuis les deux dernières décennies, le monde est entré à pas de géant dans le paradigme de la destruction créatrice préconisé par Schumpeter. Les machines de dactylographie ont disparu; plus besoin de taureaux et de charrues pour labourer la terre ; les mules ne servent plus à transporter les produits alimentaires d’une région à l’autre. Il n’est plus question du labeur humain à manipuler les serpettes ou les truelles à brasser le mortier pour travailler les hectares irrigables ou construire des maisons. Ce que des centaines d’humains ne pouvaient réaliser en une année, une seule machine « programmée à cet effet » est capable de le délivrer en un jour.

La visualisation des maquettes virtuelles aux exécutions réelles en des temps record procure la sensation que la vraie vie se vit tel un « game » de haut de gamme. Il suffit de presser sur des boutons pour voir des déchets transformés en des décors tinctoriaux. Un code tapé sur un smartphone est capable de faire tourner des systèmes gigantesques ; des grains peuvent être semés et très vite se multiplier dans une virtualité abstraite transportée dans une étonnante réalité concrète. Des fruits et légumes, du bétail, des volailles et du poisson sont arrivés à maturité en un laps de temps. Du train que ça va, l’arbitrage de la production de masse aux dépens de la « qualité bio » s’impose ; car plus de 7.8 milliards de bouches à nourrir. Cela va probablement trop vite ; mais c’est la règle de la modernité.

En dépit des percées à vitesse de fusée de la science moderne, il demeure tout de même des énigmes et des défis majeurs face auxquels la planète reste angoissée. N’est-ce pas que les gaz à effet de serre avec leurs conséquences néfastes de changement climatique viennent compliquer les défis qui se dressaient devant les chimistes et les physiciens sensibles à l’équilibre cosmique. En tout cas, comme toujours, la science a du pain sur la planche.

La guerre froide, mais acharnée entre les géants de la technologie pour remporter la cagnotte du « cloud » s’intensifie. Dans le but de protéger leurs enjeux, les États-Unis animent le jeu en des anti-jeux perceptibles, question d’obstruer les allées favorables à la Chine qui a pris une belle longueur d’avance dans cette compétition de l’innovation. La seule façon pour les USA de maintenir sa suprématie économique consiste à empêcher à la Chine d’implémenter ses projets merveilleux endossés par le 5-G qui sans conteste rendraient dépassées de nombreuses réalisations modernes de l’Occident.

Le mariage sincère entre les technopoles des sociétés industrielles et les institutions académiques et de recherche est à la base des énormes avancées sur le sentier du développement. Pour persuader du lien consubstantiel entre la recherche et le développement, le professeur Philippe Aghion soutient qu’il n’y aurait pas de Silicon Valley en dehors de Standford, MIT, Yale, etc.

Malheureusement, on compte jusqu’à date des pays archaïques cloitrés dans le cercle vicieux de la misère - dont Haïti constitue un prototype - réticents à pratiquer le jeu vertueux de la modernité pour profiter des nouvelles techniques de création et de gestion de la richesse de masse au profit du bien-être collectif.

Par leur cupidité et leurs comportements déviants couplés d’indécence et d’un discours de zizanie, les représentants politiques sont susceptibles de causer des dégâts plus aigus qu’un tremblement de terre. Par exemple, la maladresse cynique « Nous allons marcher sur le Capitole, et j’irai avec vous » prononcée par le narcissique Donald Trump au 6 janvier 2021 a terni l’image de la démocratie occidentale en fissurant les colonnes d’un symbole sacré jusqu’à ôter la vie à cinq personnes à l’enceinte même du Congrès américain. C’est l’effet que cela fait quand un peuple élit n’importe qui aux postes politiques les plus décisifs.

Tant vaut le dirigeant, tant vaut la nation. Voilà pourquoi des pays modernes à l’instar des nations scandinaves choisissent leurs présidents, ministres, directeurs généraux ainsi que les autres têtes des entités publiques en référence à la compétence et la probité de celui qui deviendra serviteur de l’État et non-profiteur de l’État.

Carly Dollin, carlydollin@gmail.com
Instructor-PhD Student in Economics
Master Student in Statistics
Washington State University (WSU)
wsu.edu




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