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Séisme du 14 août du Grand Sud : l’aide humanitaire mise en examen

Séisme du 14 août du Grand Sud : l’aide humanitaire mise en examen



Malgré la présence de nombreuses organisations humanitaires dans le Grand Sud après le séisme du 14 août 2021, les secours n’ont pas pu être efficaces par manque de coordination et de logistique. Les survivants s’en plaignent de cette situation, pour le moins catastrophique. À l’équation logistique très difficile à résoudre s’ajoutaient la désorganisation et le manque de capacité des autorités locales, déstructurées […]. Intervenir en urgence après une catastrophe de cette nature, c’est d’abord apprivoiser le chaos pour matérialiser une réponse structurée et adaptée aux besoins des plus vulnérables. C’est pourquoi des experts parlent d’aide humanitaire durable.

En effet, une aide humanitaire durable s’articule donc autour de cinq piliers : coordination des actions pendant la crise ; approche participative ; aide à la réhabilitation socio-économique ; maintien des traditions locales ; prévention.

Tout d’abord, la coordination: on l’a vu, l’aide sera beaucoup plus efficace quand tout le monde tire à la même corde. Coordination signifie aussi appréhension globale du problème. Souvent, on se concentre sur des points particuliers, sans prendre en considération ce qu’il y a autour; c’est particulièrement le cas avec les victimes du séisme de 7,2 de magnitude à l’échelle Richter du 14 août 2021 qui a frappé de plein fouet la péninsule Sud (Nippes, Sud, Grand’ Anse).

Aussi, après la phase d’urgence, l’aide humanitaire devrait financer des programmes durables qui contribuent au développement du Grand Sud […]. À ce stade, l’aide humanitaire va rejoindre ici l’aide au développement.

Ensuite, une approche participative : les victimes ne doivent pas rester passives ; il faut leur donner les moyens de retrouver un statut d’acteur économique et de devenir actrices dans la gestion des crises. Mais c’est aussi s’appuyer sur les éléments déjà à disposition (…). Comme le veut le Projet SPHÈRE, il faut intégrer l’économie locale à l’aide autant que possible.

Et d'ajouter, l’aide à la réhabilitation : […] Il faudra aider les survivants du Grand Sud à reprendre les activités économiques, l'agriculture par exemple. En ce sens, l’une des premières mesures à prendre devrait donc être une distribution de stocks de base, pour pouvoir relancer les activités.

Une aide humanitaire durable doit permettre à chacun de retrouver son autonomie et garantir la sécurité. Comme le dit très justement Jean-François Mattei (2005) : « L’aide humanitaire apporte l’espérance, or il n’y a d’espérance qu’en pensant à demain ; l’espérance a besoin de temps ».

Pour sa part, la reconstruction doit être réfléchie, et faite en partenariat avec les autorités locales, qui ont la responsabilité de piloter le redémarrage économique, de rendre cohérent le processus de reconstruction et d’en définir les règles. Le rôle des humanitaires est surtout d’apporter le matériel qui fait défaut et d’éventuelles expertises techniques, permettant ainsi des améliorations par rapport à la situation antérieure. La participation des bénéficiaires (survivants) est ici plus que jamais indispensable.

Ainsi, la reconstruction d’habitats ne devrait se faire que dans le respect de la culture locale. En effet, reconstruire une zone d’habitation sans respecter la culture locale comporte un risque d’un démembrement social et d’un appauvrissement économique. La culture offre à la population touchée par une crise les instruments nécessaires pour la surmonter et pour gérer le traumatisme. Or, la continuité culturelle dépend notamment de la préservation de l’environnement construit. Ceci est, selon l’anthropologue Jennifer D. Barenstein (Barenstein, 2007), un élément primordial si l’on veut préserver un lien entre le passé et le présent.

In fine, il ne faut pas négliger la prévention ; c’est bien sûr le cas avec les catastrophes naturelles, où une bonne préparation peut éviter beaucoup de victimes. Les humanitaires ont donc un grand rôle à jouer en prévention, afin que la catastrophe humanitaire ne se reproduise plus. Les questions que devraient se poser les humanitaires sont notamment: comment intervenir pour ne plus devoir intervenir ? Comment faire en sorte que les acteurs locaux puissent s’en sortir seuls, ou en tous cas, sans grosses interventions humanitaires ?

La prévention suppose l’acceptation même du risque et peut se décliner de plusieurs façons (Mattei, 2005) : protection des personnes, sensibilisation et éducation, renforcement des capacités locales, adaptation des outils législatifs, mise en place de systèmes d’alerte et de dispositifs d’intervention immédiate.

La prévention est certes moins spectaculaire que les interventions d’urgence, mais elle s’avère nettement plus efficace lorsqu’il s’agit de sauver des vies. D’où, l’aide humanitaire d’urgence devra s’ensuivre d’aide au développement.

Therno Senelus, MSc
Master en Coopération internationale et Aide humanitaire,

Masterant en Gestion de projet,

Ingénieur en Développement




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