radiotelepacific@gmail.com
Radio Pacific 101.5 fm
Tribune

Dr James Lamare porte plainte contre Ayiti...

Dr James Lamare porte plainte contre Ayiti...

(Message envoyé à mon ancêtre, le Général André-Juste-Borno LAMARRE, Héros de l’Indépendance d’Ayiti, mort au combat le 16 juillet 1810)                    

Mon Général,

    Au nom de notre Ayiti andeyò, cet Ayiti éternellement combattu mais jamais battu, par les pas, par les signes et les mots, à l’ombre de la houppe dentelée, je m’adresse à vous. Vous, ‘’Maitre A’’, le ‘’Maitre D’’ vous salue sur les 5 points.

 Mon Général,

           Comme tout Ayisyen conscient de la descente aux enfers du pays, j’en ai ras-le-bol. Nous en avons ras-le-bol…Nous, hommes et femmes mandatés par les puissances de l’Inconnu pour neutraliser les dirigeants phronémophobes et ressusciter toute une jeunesse apathique, nous en avons ras-le-bol.

Mon Général,

       La péniaphobie juvénile et la platitude des élites ayitiennes contemporaines ont éclaboussé l’héritage inestimable que vos alliés et vous avez légué à Ayiti en 1804 : la LIBERTÉ. Le peuple ayitien libéré flirte actuellement, à visière levée et de manière désinvolte, avec les éternels fossoyeurs de la LIBERTÉ.      

Mon Général,

      Le pays s’achemine vers sa ruine, tandis que l’Ayitien se tourne vers un Occident imaginaire qui le ‘’dé - gbɛtɔ́ - rise’’. Sa vie  est un naufrage calamiteux. Dans la géhenne occidentale, l’Ayitien a presque tout raté. Il a raté le rendez-vous avec " l’humanité". Il a presque tout raté, et il est traité comme un paillasson par un système raciste qui s’érige en bouclier de la pègre politique ayitienne.

Mon   Général,

       Mon   Ayiti a presque tout raté. Il est gouverné par des ratés nés et prêts à se prostituer pour une boule de pain. Nous sommes en pleine bérézina. Au milieu de la foule, au milieu des commerçants de l’instabilité euphémiquement appelés ‘’communauté internationale’’, au cœur de la tempête, le pays est seul. Nous sommes seuls, seuls contre la meute de chacals, mais forts et inébranlables dans l’épreuve.  Du fond de l’abîme de cette solitude, notre Ayiti andeyò a crié vers vous mon Général... Du fond de l’abîme, je porte plainte contre l'Ayiti fourvoyé et buté qui refuse de se dégager de l’embrasure du vampirisme franco-étasunien.  Du fond de l’abîme, j’ai crié 9 fois.

Mon Général,

    Face à l’agonie de mon peuple, je veux prendre mon bâton de pèlerin. Je veux prendre mon bâton de pèlerin pour sauver cet Ayiti sacrifié sur l’autel de la kleptocratie et victime de la terreur de l’« émigra-lonialisme ». Je veux prendre mon bâton de pèlerin pour tenter vaille que vaille de préserver ce que vous avez construit hier afin de le transmettre à ceux qui me suivront demain.

Mon Général,

      Dans mon combat contre la barbarie clanique, ceux qui tenteront d’attaquer le Lamare libérateur se heurteront au Lamare accompli. Ce Lamare ectothermisé, remodelé par les épreuves existentielles et le silence des initiations.

Mon Général,

       En ce moment, mon regard est tourné vers « Ayiti cheri mwen », mes pensées, toutes mes pensées sont orientées vers lui.  Que cette phrase shakespearienne soit sa boussole dans sa situation éreintante : « Il n’est si longue nuit qui n’atteigne l’aurore. »

 

Dr. James LAMARE

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Tribune

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre