La situation sécuritaire en Haïti demeure fragile dans plusieurs régions, notamment dans l’Artibonite, l’Arcahaie et Kenscoff, où les affrontements entre forces de l’ordre et gangs armés se multiplient. Le dimanche 6 septembre 2026, une policière a été tuée dans la localité de Bercy, lors d’une attaque menée par des hommes armés. L’assaut, survenu aux environs de 19 heures du soir, a également fait un autre blessé aux rangs de la police ainsi que plusieurs membres d’un groupe d’auto-défense frôlés par balles.
Après l’attaque meurtrière de Kenscoff, les gangs de la coalition « Viv Ansanm » ont ciblé Bercy, située entre Cabaret et l’Arcahaie. La policière, affectée à la Brigade d’Opération et d’Intervention Départementale (BOID), a été atteinte d’un projectile à la tête. Selon le maire Wilner René, cité par des médias en ligne, l’affrontement a plongé la « cité du drapeau », à 30 km au nord de Port-au-Prince, dans un climat de terreur.
Par ailleurs, près de quinze jours après le massacre de Kenscoff, qui a fait au moins 47 victimes, aucune opération d’envergure n’a été menée par l’armée ou la police pour neutraliser les gangs. Les autorités se sont limitées à condamner les violences, sans action concrète. Plusieurs habitants restent séquestrés par les assaillants, utilisés comme boucliers humains pour empêcher toute intervention.
Alors que les autorités annoncent la tenue des élections le 13 décembre prochain, l’insécurité fragilise la vie quotidienne de la population. Les déplacements sont limités, les habitants fuient leurs foyers sous les balles, et les cadavres s’accumulent. Le gouvernement dirigé par le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé est pressé de prendre des mesures concrètes pour rétablir un climat sécuritaire durable dans le pays avant la tenue du scrutin.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2 647 personnes réparties en 702 foyers ont été contraintes de fuir leurs domiciles. Au moins 47 habitants ont été assassinés et plusieurs autres séquestrés. Plus de 2 600 personnes ont dû quitté Kenscoff après l’attaque du 23 et 24 août dernier.
Où est passée la compagnie d’Éric Prince ?
Par conséquent, la population s’interroge sur l’absence de résultats de la compagnie étrangère d’Éric Prince, censée contribuer au rétablissement de la sécurité. Malgré un contrat de 52 millions de dollars financé par le Trésor public et des frappes de drones répétées, aucune opération tangible n’a été constatée. Des organisations locales, dont la Fondation Je Klere (FJKL) et l’ONLCC, dénoncent le manque de transparence et l’inefficacité de ce partenariat.
Une violence généralisée
Malgré la présence de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et de la Force de répression des gangs (FRG), les assaillants continuent de défier les institutions. À Kenscoff, les habitants accusent le gouvernement de complicité et d’irresponsabilité face à ce qu’ils qualifient d’attaque terroriste. Pendant que la population suffoque sous une violence généralisée, les autorités se contentent de promesses et de discours creux, sans véritable action concrète.
Le département de l’Artibonite n’est pas exclu face à la violence qui s’intensifie également. Les gangs « Gran Grif » et « Kokorat san ras » étendent leur emprise dans le Bas-Artibonite, à L'Estère et à Gros-Morne et multiplient les massacres et provoquent des déplacements massifs. Ces gangs sèment la terreur en attaquant des commissariats, des routes et des localités rurales.
Par contre, la Police nationale d'Haïti (PNH), avec le soutien de la Task Force, a mené, le dimanche 6 septembre 2026, une opération dans le département de l'Artibonite, notamment à Jean-Denis, contre des groupes criminels. Cette intervention visait à démanteler les fiefs des gangs et à détruire des barrières en béton bloquant les axes routiers. Au cours de cette opération, l’institution a souligné que 11 barrières érigées en béton empêchaient l’accès à certains fiefs des gangs ont été détruites.
Likenton Joseph
