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Le système de santé haïtien et l’Halitose

Le système de santé haïtien et l’Halitose

En Haïti comme dans la plupart des pays du tiers monde, la santé n’est pas un enjeux politique majeur. Vous ne trouverez pas ce mot inscrit dans l’agenda des hauts dirigeants de l’état. Ce n’est pas pour eux, non plus, une cause d’insomnie. Le nombre d’emploi créé dans ce secteur, les opportunités d’affaires, allons donc ! Dans l’opinion publique, on parle de la santé à l’occasion d’accident, de l’émergence d’une épidémie, le 7 avril etc. Rien d’étonnant jusque-là, si l’on considère que sur l’échelle de Maslow, la santé se situe au deuxième niveau des besoins. La sécurité, l’alimentation, le logement font partis des besoins primaires. En Haïti, ce sont ” des produits de luxe” pour ne pas répéter les paroles d’un célèbre gredin. Si vous êtes intéressés aux statistiques un bref regard sur la répartition des dépenses en santé peut vous donner une idée. Haïti a fait le choix de s’orienter vers le caritatif au lieu de s’intéresser au marché mondial de neuf mille milliards de dollars. A chacun ses gouts, ses préférences.

On ne saurait ignorer l’importance de l’argent. Cependant, on le répète souvent, l’argent, ce n’est pas tout. La santé est aussi un construit social, (jargon d’expert). Elle n’a pas le même sens ou la même importance dans toutes les sociétés. Avec le temps le sens évolue aussi dans une société. L’obésité dans certaines sociétés était perçue comme un signe de bien-être, aujourd’hui, elle a le sens contraire. Que dire de l’homosexualité qui a disparu dans les manuels de psychiatrie et de la Classification Internationale des Maladies (CIM-x). Bref !

Parlant de la santé, les théoriciens de la gestion pensent que c’est un terreau pour tester leurs modèles de gestion de la complexité. L’interaction en un même lieu de 150 corps de métiers, la lutte pour le leadership, quelle est la ressource la plus importante, l’optimum de Pareto… Véritable tour de Babel des temps post-modernes, chef d’œuvre architectural de la déconstruction. Stop ! Arrêté !

E le kò !  Et la santé, ça va ?

On a quelques petits soucis, on a déjà remplacé, même par pareil, jumeau par clone, identique par analogue, similaire par paire, semblable par conforme. On n’a presque plus d’options, les ressources se font rares. Que veulent-ils encore ? On nous demande de “changer de mentalité”. Et encore plus loin, ils parlent de la culture de la dépendance. Pour celles et ceux vivant au pays de Dessalines, Christophe, Charlemagne Péralte, en écoutant ces paroles, on devrait penser à Redemption song de Bob Marley. On ne peut pas faire de reproches aux gens à qui on adresse ces paroles, la majorité d’entre eux n’était encore née lorsque Bob Marley écrivit “emancipate yourselves from mental slavery…” Dans l’histoire d’amour furieuse entre Haïti et les donateurs de ressources, on a l’impression d’être le témoin d’un dialogue entre deux tourtereaux – Où l’on entend : Je ne sais plus comment te dire, euh !…je ne trouve plus les mots pour arrêter la dérive…Parle-moi…Tu as l’halitose.

Si vous êtes encore avec moi, félicitation ! Si vous n’aviez pas compris. C’est juste une mauvaise habitude. Vous n’aviez pas traduit “halitose “ en créole.

Alô, alô… Jah luzy, est-ce que tu as vu, ce que j’ai mis, ce matin sur mon status…Message payé pour X  (Carla N. Lazard).

Hello…waya, waya.

 

Docteur Guy Marcel Craan

Maitre ès Science en Administration de la Santé

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