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17 octobre: une métaphore historique du défi gigantesque du relèvement d’Haïti

17 octobre: une métaphore historique du défi gigantesque du relèvement d’Haïti

« L’esprit de justice que la fréquentation des grands de ce monde n’a pas su chasser de son cœur prédestiné a guidé Moïse, l’Hébreu, dans sa vocation de libérateur d’Israël des chaines de l’esclavage égyptien. » De manière similaire, le Charpentier Jean Jacques Dessalines a charpenté la lutte insurrectionnelle dans la colonie de Saint-Domingue et proclama l’Indépendance d’Haïti.

Cherchant à expliquer les vocations respectives des deux libérateurs précédemment mentionnés, nous sommes parvenus à pénétrer la vocation du citoyen à la lumière des exigences liées au contexte immédiat de sa vie. Cette perspective est la bannière de notre Parti politique : Réveil de l’Esprit Dessalinien (R.E.D). Nous pensons que « la politique est la préoccupation cardinale de tout citoyen, bien qu’elle soit, dans le sens pratique, son dernier choix. » Voilà pourquoi, en recevant la distinction dont nos compatriotes ont bien voulu nous honorer, celle de nous octroyer la Présidence de ce Parti, notre gratitude est d’autant plus profonde que nous réalisons ipso facto à quel point cette récompense dépasse nos mérites personnels. Tout citoyen, et, à plus forte raison, tout homme devrait désirer laisser son empreinte sur son époque. Nous le désirons fiévreusement.

En effet, il ne nous sera pas aisé d’assumer cette vocation sans comparer son retentissement à ce que nous sommes réellement. Simple citoyen, enroulé autour d’études et de recherches académiques pendant plus d’un quart de siècle tel un drapeau autour de son mât, riche de nos seules prétentions et vœux de changement à peine mis en chantier, habitué à vivre dans la rectitude et l’honnêteté, comment ferions-nous pour investir l’arène politique peuplée des spécimens que nous connaissons tous ? Par quel miracle ou avec quelle potion magique saurions-nous ramener le gouvernail de notre nation vers le changement alors que l’agressivité farouche, le chauvinisme plénier, le lèche-cul débordant et surtout l’extrême violence voulue hantent notre terre natale tel un malheur incessant ? Beaucoup de nos compatriotes sont plus expérimentés que nous et, peu ou prou, aussi instruits ou éduqués. 

Nous confessons avoir connu le désarroi et le trouble intérieur en nous trouvant sous la lumière crue. Pourtant, notre être entier retrouve sa paix. Car, enfin, il aura fallu en somme nous mettre en règle avec notre sort très généreux. Lequel ? Celui de ne pouvoir jamais égaler Moïse, l’Hébreu, ni Jean Jacques Dessalines, le Grand. Non. Surtout si nous nous appuyons sur nos seuls mérites. Ainsi, nous apportons pour nous aider ce qui nous a soutenus tout au long de notre vie, dans les circonstances les plus contraires, surmontant les vicissitudes les plus nombreuses : le sens du devoir. Permettez maintenant que, dans un sentiment de reconnaissance et de fraternité, nous partagions avec tous la définition la plus simple du sens du devoir.

Le citoyen, avouons-le, ne peut vivre personnellement sans l’autre, son compatriote. Et il n’a pas besoin d’atteindre une éducation supérieure pour savoir que l’autre, collectivement, se place toujours au-dessus de lui, au-dessus de tout. Cela dit, notre valeur, notre utilité, notre engagement, bref, notre citoyenneté véritable nous interdit de nous séparer de personne. La citoyenneté ne se mesure point dans la réjouissance solitaire. Elle est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes et de femmes, nos compatriotes, en gardant continuellement à l’esprit une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Elle oblige donc le citoyen véritable à ne pas se séparer. Elle soumet chacun et chacune à la vérité la plus humble et la plus universelle : l’impératif de la cohabitation harmonieuse. Et, celui qui, malheureusement fort souvent, se marginalise et choisit sa voie en s’estimant différent, apprend bien vite qu’il n’accomplira sa citoyenneté et ne nourrira sa différence qu’en avouant sa ressemblance avec tous ses compatriotes. Le citoyen se forge dans un aller-retour perpétuel de lui aux autres, dans une communion intense avec les autres, à mi-chemin de la tentation d’une solitude miroitant devant lui une fallacieuse beauté qui l’attire irrésistiblement et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher s’il entend satisfaire ses divers besoins. C’est pourquoi le vrai citoyen ne méprise rien ni personne. Nous devons nous évertuer à comprendre au lieu de juger. Et la meilleure prise de position, ce ne peut être qu’une position collective, celle qui consiste à rallier toutes les couches sans le moindre préjugé.

Voilà la compréhension du vrai citoyen de son rôle. Celui-ci, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. On comprend par là que le vrai citoyen ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire ainsi qu’elle s’étale à nos yeux. Au contraire, il est au service de ceux qui la subissent, se situant en face des oppresseurs. C’est la plus risquée, mais aussi la plus digne de toutes les attitudes citoyennes. Les armes employées en Égypte, dans la colonie de Saint-Domingue sont les mêmes qui détruisent la société haïtienne d’aujourd’hui. La tyrannie n’a donc point de lieu géographique précis ni d’époque particulière. Rappelons-nous surtout que les victimes, au sein d’une société humaine, Haïti comprise, ne sont jamais des inconnus, mais des compatriotes. Le silence, la solitude, la neutralité s’avèrent tous des formes de complicité et de cynisme à l’égard de l’oppressé. Les maigres privilèges dont peuvent jouir certains ne pèsent rien dans la balance de la destinée d’un seul individu relégué à la merci des démons de l’histoire.

Il convient de faire taire notre silence par l’engagement citoyen. C’est par le moyen de celui-ci seul que nous parviendrons à relayer les bienfaits et les privilèges de la liberté. Heureusement, aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. L’exigence s’adresse à tous, surtout dans les circonstances présentes de la vie nationale. Le citoyen d’aujourd’hui doit retrouver le sentiment d’une communauté haïtienne afin de vivifier la seule condition du changement attendu par tous : servir la vérité et servir la liberté. Puisque notre vocation est de réunir le plus grand nombre possible de nos compatriotes, évitons le mensonge et la servitude, car là où ils règnent, là aussi prolifèrent les pires malheurs.

En ce qui nous concerne personnellement, nous sommes prêts, malgré nos infirmités personnelles. La noblesse citoyenne le requiert puisqu’elle est toujours enracinée dans deux engagements personnels difficiles, mais desquels nous ne pouvons nous départir : le refus de mentir sur ce que l’on peut accomplir et la résistance inflexible à l’oppression, quelles que soient ses provenances. Notre génération a vécu une histoire démentielle, un aller-retour incessant, cinglant d’une impertinence tendant éternellement à fléchir notre souveraineté vers les boues puantes de l’humiliation, donc perdue apparemment sans secours dans le vacarme soulevé expressément pour l’engloutir dans le vertige et la déraison, la nation haïtienne, par ainsi, se noie, subrepticement, sous les convulsions d’un éternel mauvais temps.

Nous pensons fermement que faire de la politique, aujourd’hui, est un grand honneur. Puisque l’opportunité nous est offerte à émuler Moïse, l’Hébreu et Jean Jacques Dessalines, le Grand. Il s’agit d’un acte ou d’un engagement obligé. Et cet acte obligé nous oblige également à porter, avec tous nos compatriotes, sans aucune forme de condescendance, le malheur et l’Espérance que nous avons en partage. Désormais, nos malheurs s’expliquent à partir d’un fil conducteur unique qui s’identifie dans un ensemble de mécanismes dont le but est l’aplatissement de l’homme haïtien. Nous sommes partout sur la planète. Et, ironie moqueuse, nous excellons dans tous les domaines. Aucun calcul mathématique n’est ici requis pour conclure que l’équation de la déchéance collective d’Haïti relève d’un spectre satanique qui s’étend, tel un gris suaire, sur notre nation et tenu par la main de puissants ennemis caressants nous étreignant pour nous étouffer. 

On comprend alors combien il est difficile de demander à l’haïtien d’aujourd’hui d’être optimiste. Le désespoir s’installe, le déshonneur aussi. Et, peu à peu, l’haïtien s’oublie en oubliant son appartenance à sa nation. Le refus de cet oubli représente le point de départ de la reprise de notre légitimité et, de là aussi, se forgera le renouvellement de notre patriotisme. Car il ne faut point se méprendre là-dessus, le changement dont nous avons besoin, en Haïti, est une renaissance nationale plénière. Pourrons-nous vraiment refaire Haïti ?

Héritière des exactions de Paul Eugène Magloire, du Docteur François Duvalier et de son Fils, du « Dechoukay », des Chimères innombrables, donc d’une histoire corrompue où se mêlent des avortements politiques, idéologiques et doctrinaux, des déchéances spectaculaires, du contrôle par des mains tapies dans les ténèbres pour œuvrer à notre destruction, de la mort physique de nos Aïeux, de la mort  des dieux tutélaires, des médiocres se succédant follement au pouvoir, et même, paroxysme d’un malheur ! l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante des agents de la haine et de l’oppression, notre génération n’a d’autre choix ni d’autre cri que celui de vivre libre dans la dignité ou de mourir. Pour effectuer une telle tâche, nous avons besoin de bâtir une arche de l’alliance sans laquelle notre nation est menacée de désintégration. Cette arche, c’est le Réveil de l’Esprit Dessalinien, le Parti politique de la victoire intégrale de la nation haïtienne. Le pari commence au nom de la vérité et de la liberté. Des sacrifices hors pair nous seront exigés. 

Du même coup, après avoir dit la noblesse du vrai citoyen, remettons-le maintenant à sa vraie place. Le mental écrabouillé dans les convulsions historiques de son époque, vulnérable et enclin à la corruption à l’instar de tous ses contemporains, injuste dans son attitude et dans son comportement, clamant telle une grosse caisse creuse des valeurs qu’il ne respecte point, détruisant sa propre nation avec hargne, sans honte ni outrecuidance, il ne nous reste qu’à lui présenter les douleurs collectives actuelles et la possible beauté que peuvent engendrer les créations qu’il nous revient, obstinément, d’édifier pour freiner le mouvement de l’histoire. Nous n’avons rien de belle morale à enseigner à l’haïtien, mais un égoïsme collectif. Marchons péniblement, mais résolument, car le chemin sera très long, nos défaillances nombreuses et l’impossible sera nôtre.  Ne renonçons point à la lumière de la liberté, essuyons ensemble les larmes de nos erreurs et de nos fautes,  Ramenés ainsi à ce que nous sommes historiquement à la naissance, célébrant nos limites, n’oubliant point nos dettes, attachés, irréductiblement, à notre foi inflexible dans l’avenir, soyons tous fiers de notre vocation de vrais citoyens et jurons d’une seule voix par la même promesse de nos Aïeux de fidélité, de vérité et de liberté. Vive Haïti ! Vive l’Avenir !

Rabbi Yaakov-Betzalel HASHALOM                                                                                                                              Président du Parti politique du Réveil de l’Esprit Dessalinien (R.E.D)                                                                                                                                          # 10 Porte-Des-Étoiles, Thozin, Grand-Goâve, Haïti (W.I).

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PAUL Casmine

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