Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement Rural, a organisé, du 25 au 27 novembre au Cap-Haïtien, un atelier de trois jours consacré au plan directeur de vulgarisation agricole (PDVA 2), un outil stratégique visant à renforcer la productivité en milieu rural. Cette activité s’inscrit dans le cadre du programme PAPAIR, piloté par le MARNDR avec l’appui financier de la BID et le GAFSP à hauteur de 85,3 millions de dollars.
Le plan directeur de vulgarisation agricole 2 est un document de référence qui permet de créer un cadre pour harmoniser les multiples acteurs en vue de partager toutes connaissances issues de la recherche et l’innovation vers les agriculteurs. Il met en valeur surtout les bonnes pratiques agricoles prometteuses qui ont fait leurs preuves et les méthodes d’accompagnement des agriculteurs capables de rendre l’agriculture plus durable et performante. Conçu pour accompagner les agriculteurs sur le terrain, il repose sur sept grandes lignes d’action qui définissent les priorités du secteur et les orientations à suivre pour le développement agricole du pays. Ce plan est le fruit d’un processus participatif, résultant de dix ateliers départementaux et un atelier national, qui ont permis de prendre en compte les réalités locales et les besoins des acteurs du secteur.
Selon Emmanuel Silencieux, directeur général au ministère du MARNDR, l’institution soutient depuis plusieurs années les filières agricoles afin d’améliorer les performances du secteur. Lors de cet atelier d’échange, il a invité les participants à partager leurs expériences et à analyser les différentes approches de vulgarisation utilisées en Haïti.
« Face aux défis du changement climatique et aux problèmes structurels, il est important de repenser nos méthodes de production et de promouvoir une agriculture durable et résiliente. La vulgarisation agricole est un pilier incontournable du développement agricole national. Elle permet de transférer des connaissances, des innovations et des technologies aux agriculteurs, d’améliorer leur productivité et de renforcer leur capacité d’adaptation », a-t-il souligné.
L’atelier d’échanges sur la vulgarisation agricole, organisé au Cap-Haïtien, a réuni plusieurs partenaires techniques financiers, des responsables d’universités ainsi que des représentants d’organisations publiques et privées. Les discussions ont permis d’identifier les principales difficultés liées à la diffusion des pratiques agricoles modernes, mais aussi de proposer des solutions concrètes pour une meilleure mise en œuvre du plan. Selon l’agronome Frandy Joseph, directeur de la direction de la vulgarisation agricole au MARNDR, il s’agit d’un travail collectif visant à formuler des recommandations qui concernent et engagent l’ensemble des acteurs du secteur.
« Ce n’est pas seulement le plan du ministère, c’est celui de tous les partenaires. Le partage d’expériences et de bonnes pratiques permettra d’améliorer les méthodes de vulgarisation et de formuler des recommandations adaptées au contexte haïtien. »
De manière générale, le plan directeur de vulgarisation agricole poursuit deux grands objectifs : augmenter la productivité de plus d’un million de familles rurales vivant de l’agriculture, et améliorer leur accès aux services agricoles. Ces actions s’inscrivent dans les Objectifs de développement durable et contribuent à la lutte contre la faim, à la réduction de l’insécurité alimentaire et à l’inclusion des femmes et des jeunes dans la production agricole.
Un outil stratégique pour la gouvernance agricole
Ce plan sert aussi de cadre de gouvernance du secteur. Il définit le rôle et la responsabilité de chaque acteur. Il s’appuie aussi sur la recherche et les résultats scientifiques pour guider les pratiques des agriculteurs et tient compte des spécificités de chaque département et leurs bassins de production respectifs. La Banque interaméricaine de développement (BID) appuie le ministère de l’Agriculture depuis l’élaboration, la diffusion et la mise en œuvre du nouveau plan directeur de vulgarisation agricole (2025-2035).
Après l’évaluation du premier plan (2011-2016) financé par la BID à travers le projet PITAG, le document actualisé et adopté en décembre 2024 est maintenant en cours de diffusion. Il est disponible en ligne sur le site du ministère de l’Agriculture, via le Système d’Information Scientifique et Technique (SIST) souligne l’agronome Sardou Jean-Denis , spécialiste en agriculture pour la BID qui invite la société civile notamment les agents vulgarisateurs à prendre connaissances de cet outil « On trouve des informations intéressantes, notamment sur le rôle de chaque acteur dans le système national de vulgarisation, les récentes innovations de la recherche agronomique, ainsi que des référenitelles claires pour organiser certains dispositifs de vulgarisation comme les champs-écoles paysans. »
Le nouveau plan de vulgarisation agricole est une étape importante vers une agriculture plus productive et plus inclusive en Haïti. La vulgarisation est également un axe transversal du Programme d'Appui à la Productivité de l'Agriculture & de la Pêche et à l'Amélioration des Infrastructures Rurales d'accès aux marchés (PAPAIR), lancé et piloté par le ministère depuis 2021 dans le Nord, le Nord-Est, le Sud et la Grand’Anse.
Ce programme, qui devra prendre fin en 2027, est cofinancé à hauteur de 85,3 millions de dollars, dont 60 millions apportés par la BID et 25,3 millions par le GAFSP. Il vise à améliorer la production agricole, développer la pêche, réhabiliter les pistes rurales et renforcer l’accès des petits producteurs aux marchés. À ce jour, plus de 11 000 ménages pratiquant l’agriculture ont déjà bénéficié de ce programme, qui représente la moitié de la cible qui va recevoir des incitations agricoles et assistance technique de proximité.
Voir le lien du SIST : https://sist.agriculture.gouv.ht
Gaby Saget
