Les grandes manœuvres sont lancées en vue des prochaines élections. Le Conseil électoral a publié la liste de 17 groupements politiques enregistrés et validés. Déjà, certains candidats sont en mode précampagne. Et des foules vraisemblablement « motivées » commencent à se rassembler autour de certains d’entre eux.
La vérité est que, si les élections sont nécessaires, elles sont loin d’être suffisantes pour changer la donne dans ce pays enfoncé dans une crise multidimensionnelle. Il faudrait qu’elles puissent sortir des traditionnelles « gagòt ». Mieux, il faudrait qu’elles ne soient les otages d’aucun groupe armé. Or, pour le moment, on ne voit rien de radical allant dans le sens opposé. L’accalmie observée ressemble au calme avant on ne sait quelle tempête !
Les élections serviront-elles de monnaie d’échange dans le cadre d’un quelconque et improbable deal ? De tous les côtés, on se prépare soit à l’affrontement, soit à des accords négociés au bord de « l’apocalypse ».
Le scrutin risque de devenir une occasion foireuse permettant à certains candidats de chercher des appuis « infernaux » afin de vaincre sans gloire patriotique !
Tout est possible dans les prochains mois. Entre-temps, une délégation de haut niveau de l’OEA est dans nos murs pour travailler sur la « stabilisation » du pays. Une partie du secteur privé veut, de son côté, montrer patte blanche en lançant le concept de « croissance sociale ». Un engagement bon à prendre de la part d’un secteur historiquement décrié, auquel il faudra de la patience et des actions concrètes pour prouver qu’il est capable, en confluence avec d’autres secteurs sociaux, d’inverser la courbe fatale de la déchéance du pays.
La forte délégation internationale présente dans nos murs du 16 au 19 août ne pourra que renouveler son soutien « moral » et nous conforter dans une aide humanitaire utile, mais bien en deçà de nos ambitions.
Le monde devient chaque jour plus brutal et indifférent aux tragédies qui consument la planète. Haïti doit certes profiter de la moindre « tendresse » du monde, mais surtout se prendre en main. Et cela passe par des stratégies communes à bâtir dans la concertation et l’humilité d’une écoute intelligente.
Roody Edmé
