La guerre des gangs s’étend au Bel-Air

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Un incendie s’est déclaré à la mi-journée dans les locaux de la cathédrale de Port-au-Prince au Bel-Air, à l’extrémité nord de la rue Mgr Guilloux. Il serait d’origine criminelle. Le G9 et alliés sont pointés du doigt.

Des SOS ont été lancés par plus d’un, dont l‘ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Jimmy Albert, membre de l’organisation religieuse Solèy lafwa, en vue de pouvoir limiter les dégâts.

Il faut indiquer que les affrontements se sont poursuivis entre les gangs G9 et Gpèp pour la 6e journée consécutive au quartier Bel-Air. Les bandits font chanter la poudre sans aucun répit entretenant ainsi une situation de tension au niveau de plusieurs endroits.

Dans la foulée, des gens ont été atteints de projectiles alors qu’ils sont terrés dans leurs domiciles, d’autres en pleine rue ont été touchés. C’est le cas de Franckel Rodolph, un graphiste du journal Le Nouvelliste, blessé à la rue du Centre non loin des locaux du Pénitencier national qui serait en ébullition, selon certaines informations.

En début de semaine, un résident raconte qu’un enfant a été atteint d’une balle à l’œil tandis qu’il se trouvait à l’intérieur du domicile familial. Il a été transporté d’urgence à l’hôpital de l’Université d’État (HUEH), en vue de se faire soigner. Ce même témoin a rapporté qu’une dame a été blessée aux fesses par une balle toujours au quartier Bel-Air.

Plus loin, à Carrefour-feuilles, Anne Samaelle Junie Dallemand, 6 ans, fille du journaliste-cameraman, Samuel Dallemand de Radio Télé Guinen, a été atteinte d’une balle perdue, alors qu’elle était en la résidence de ses parents, à la rue Jean-Philippe. Elle a été transportée à un centre hospitalier pour se faire soigner.

Depuis le début des hostilités, un net ralentissement des activités a été constaté au cœur de la capitale. Mercredi, les petits détaillants ont dû évacuer les lieux en raison de la gravité de la situation qui a aussi affecté le transport en commun.

La guerre des gangs s’enlise au quartier Bel-Air par la volonté des caïds qui se battent pour le contrôle de nouveaux territoires.

La zone métropolitaine de Port-au-Prince devient de plus en plus incontrôlable avec les agissements des bandes armées qui s’entretuent et par ricochet assassinent les membres de la population.

Que ce soit à Cité Soleil, à la Croix-des-Bouquets, à Pernier, à Torcell, Martissant ou à Bel-Air, les citoyens paient un lourd tribut à l’escalade de la violence récurrente.

  

L’impuissance avérée de la PNH

Les autorités se révèlent, une fois de plus, impuissantes dans la traque aux groupes armés vu que la plupart d’entre elles sont accusées d’être de connivence avec les malfrats.

Il est notamment reproché aux responsables l’absence d’un plan visant à juguler l’insécurité. La commande d’armes et de matériels placée au Canada ne suffit pas à calmer l’ardeur des caïds qui ont des ramifications dans les plus hautes sphères de l’État.

Le mode de déploiement des policiers ne rassure pas la population et offre la part belle aux gangsters qui se font aisément renseigner sur la mobilisation des agents de l’ordre dont certains font aussi partie du cancer qui gangrène la société en étant de mèche avec la pègre.  

On en veut, pour preuve, à l’absence de la Police à certains endroits stratégiques lors de cas de kidnapping spectaculaires comme celui du 26 juillet, à Delmas 31.

Toutefois, force est de constater que les agents de l’ordre comptent à leur actif plusieurs opérations au cours desquelles des bandits ont été stoppés. Mais, c’est largement insuffisant par rapport à l’ampleur de l’insécurité constante alimentée par les gangsters qui ont établi leurs tentacules sur une bonne partie du territoire notamment au niveau de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.  

 

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