À moins de 48 heures de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition, les partis politiques et les regroupements d’acteurs nationaux peinent toujours à s’accorder sur une formule consensuelle de gouvernance pour la suite de la transition.
En effet, cette impasse accentue la crise de légitimité institutionnelle qui secoue le pays. Réunis le 2 février 2026 sous l’égide de l’Organisation des États Américains, des représentants de la CARICOM, de l’Organisation des Nations unies, du Canada et des États-Unis ont renouvelé leur engagement à accompagner Haïti face à une crise qualifiée de multidimensionnelle. Dans un communiqué publié le 4 février sur le site de l’OEA, les partenaires internationaux ont réaffirmé leur soutien à la transition politique et à l’organisation d’élections crédibles, estimant que la période actuelle est à la fois critique et porteuse d’opportunités pour l’avenir du pays.
Aussi, à l’approche du 7 février 2026, les États-Unis ont exprimé leur appui au maintien du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête de l’exécutif. Selon une publication diffusée sur les réseaux sociaux, Washington considère que la continuité du chef du gouvernement constitue un facteur essentiel pour préserver la stabilité institutionnelle et sécuritaire durant la transition.
De son côté, le Collectif Défenseurs Plus a dénoncé l’exclusion quasi totale des femmes et des jeunes du dialogue inter-haïtien tenu du 1er au 3 février à l’hôtel Montana. Dans une note de presse publiée le mercredi 4 février, l’organisation de défense des droits humains affirme suivre avec une vigilance accrue les initiatives visant à définir l’avenir institutionnel du pays, tout en appelant à un processus plus inclusif et représentatif.
Toujours dans ce climat de contestation, le parti Popilè Ayisyen a plaidé pour la désignation d’un juge de la Cour de cassation à la tête de l’État, estimant que cette option pourrait garantir la stabilité et le respect de la Constitution.
D'autre part, le dépôt de candidatures à des postes de président et de Premier ministre à l’hôtel Montana a suscité ironie et indignation sur les réseaux sociaux, certains observateurs dénonçant une démarche déconnectée de la réalité institutionnelle du pays.
À l’issue de trois jours de discussions entre des acteurs politiques et des membres du CPT, un cadre de gouvernance provisoire a été proposé, reposant sur un exécutif à double tête. Le document final recommande l’instauration d’un Collège présidentiel, composé de trois membres un représentant du CPT, un magistrat de la Cour de cassation et une personnalité issue de la société civile, ainsi que la désignation d’un chef de gouvernement. Selon les initiateurs du projet, cette configuration viserait à renforcer l’équilibre des pouvoirs et la représentativité au sommet de l’État.
Dans le même temps, lors de la 35ᵉ édition des Mardis de la Nation, tenue le 3 février à la Primature, le ministre délégué chargé des questions électorales et constitutionnelles, Joseph André Gracien Jean, a présenté les principales actions entreprises par l’État. Il a notamment mis en avant le décret électoral et le calendrier en vigueur, soulignant des innovations telles que la décentralisation du Centre de tabulation des votes et des mesures visant à encourager une plus grande participation des femmes.
Vladimir Predvil
