Le gouvernement haïtien, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a adopté le décret portant sur le budget rectificatif de la République d’Haïti pour l’exercice fiscal 2025-2026. Ce document détaille les ajustements financiers décidés par l’Exécutif afin de préserver la stabilité des finances publiques tout en répondant aux urgences sociales.
Parmi les mesures introduites figurent de nouvelles dispositions fiscales, telles que des droits additionnels sur les passeports et des modifications des taxes sur les produits importés. L’enveloppe globale atteint désormais 360 milliards de gourdes. Par ailleurs, le document prévoit également des exonérations ciblées pour soutenir les industries manufacturières orientées vers l’exportation ainsi que le secteur de l’énergie solaire.
Parallèlement, la mise en place de ce budget rectificatif est motivée par des évolutions économiques et sociales imprévues, liées notamment à la crise sécuritaire et aux perturbations sociales. Ces facteurs ont entraîné une baisse des recettes fiscales et une hausse des dépenses urgentes en matière de sécurité et de protection sociale. Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse, rendant indispensable un ajustement budgétaire pour garantir la pérennité des finances publiques.
Sécurité : hausse des allocations
Le budget du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) passe de 41,5 à 54,9 milliards de gourdes, dont 46,3 milliards pour la Police nationale d’Haïti (PNH). Les crédits d’investissement pour la PNH bondissent de 11 milliards, atteignant 18,4 milliards de gourdes, afin de renforcer ses capacités opérationnelles.
Le Ministère de la Défense bénéficie également d’une hausse, passant de 10,6 à 12,7 milliards de gourdes. Les crédits d’investissement pour les Forces armées d’Haïti (FAd’H) totalisent désormais 7,4 milliards, destinés au renforcement institutionnel et à la construction de nouvelles bases, notamment pour la lutte contre les gangs. Le Fonds de Soutien à la Sécurité Nationale est doté de 2,29 milliards de gourdes, soit une augmentation de 500 millions par rapport au budget initial.
Éducation : ajustements ciblés
Le budget du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) connaît une hausse modérée, passant de 54,85 à 55,02 milliards de gourdes. L’augmentation est concentrée sur les investissements, avec une réorientation vers les infrastructures scolaires et les services directs aux élèves (cantines, manuels).
De plus, le Fonds national de l’éducation est doté de 3,145 milliards de gourdes, dont 2 milliards pour la construction et la réhabilitation d’écoles, et 1 milliard pour le Programme national de cantines scolaires. Une enveloppe de 500 millions est maintenue pour la distribution du « Livre unique » aux élèves du cycle fondamental.
L’Université d’État d’Haïti (UEH) voit son budget global réduit de 50 millions de gourdes, en raison d’une coupe dans ses crédits d’investissement. Ceux-ci passent de 150 à 100 millions, affectant principalement les projets liés aux biens et services. Les crédits de fonctionnement restent stables.
Certaines universités publiques de province bénéficient toutefois de financements préservés pour des projets d’infrastructure, notamment à l’UPS, l’UPSE et l’UPAG. Une enveloppe de 50 millions est également allouée pour des réparations urgentes au campus Henri Christophe de Limonade.
Likenton Joseph
