La sécurité en Haïti demeure au cœur des échanges entre les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux. En visite dans le pays cette semaine, une délégation interaméricaine de haut niveau a rencontré ce mardi 18 août 2026, les responsables de la Force de répression des gangs (GSF), tandis que le gouvernement de Fils-Aimé réaffirme sa volonté de renforcer les capacités de l’État et de ses institutions sécuritaires.
Selon le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, la délégation s’est entretenue avec Jack Christofides et le commandant de la GSF, le général de division Erdenebat Batsuuri. Daniela Kroslak, cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), ainsi que Carlos Ruiz Massieu, chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), ont également participé à la rencontre.
Les discussions ont notamment porté sur les progrès réalisés dans le travail de la GSF et sur le calendrier de son déploiement. Le rôle de l’UNSOH dans l’appui à la mission a également été examiné. La délégation s’est par ailleurs penchée sur la contribution du BINUH à la préparation des prochaines élections.
La coordination entre la GSF et la Police nationale d’Haïti (PNH) a constitué un autre axe important des échanges. Les participants ont discuté des moyens de renforcer leur collaboration sur le terrain afin d’améliorer les efforts visant à rétablir la sécurité.
La délégation interaméricaine a insisté sur la nécessité de maintenir la dynamique engagée et de traduire les discussions en mesures concrètes en faveur de la sécurité et de la stabilité du pays. Cette rencontre intervient alors que les autorités haïtiennes cherchent à consolider l’action des institutions nationales face à la persistance de l’insécurité.
Dans un communiqué publié ce mardi, le gouvernement haïtien a, de son côté, réaffirmé sa détermination à renforcer l’autorité de l’État et à mobiliser les partenariats nationaux et internationaux pour rétablir la sécurité.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est exprimé en ce sens lors d’une rencontre avec le directeur et commandant du Collège interaméricain de défense (CID), le major-général Joseph Lestorti. Accompagné de membres du gouvernement, de hauts responsables de la PNH et des Forces armées d’Haïti (FAd’H), le chef du gouvernement a souligné l’importance du partenariat avec le CID et l’OEA.
Selon l’exécutif, cette coopération doit notamment permettre de renforcer les capacités de la PNH et des FAd’H, de consolider les institutions nationales et de restaurer progressivement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Le gouvernement entend également inscrire la question sécuritaire dans une approche plus large, articulée autour du renforcement de l’État, de la stabilité institutionnelle et de la poursuite des réformes destinées à consolider la démocratie.
La sécurité, préalable aux élections
Alors que le pays se prépare à un processus électoral, l’exécutif considère le rétablissement de la sécurité comme une condition indispensable à l’organisation d’élections générales crédibles.
Les discussions entre les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux associent ainsi deux enjeux étroitement liés : la réponse à la crise sécuritaire et la préparation du retour à une vie institutionnelle normale.
La multiplication des rencontres entre les acteurs haïtiens, l’OEA, les Nations unies et les structures chargées d’appuyer la GSF traduit la volonté affichée de renforcer la coordination internationale autour de la sécurité, tout en consolidant les capacités des institutions nationales.
Vladimir Predvil
