Le dernier rapport trimestriel du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), couvrant la période d’avril à juin 2026, dresse un tableau particulièrement sombre de la situation sécuritaire en Haïti. Les chiffres révèlent une intensification dramatique de la violence des gangs et ses conséquences directes sur la population civile. Selon le BINUH, plus de 1400 personnes ont été victimes dans l’espace de trois mois. Ce qui révèle une situation sécuritaire désastreuse au sein de la population haïtienne.
Un lourd bilan humain accablant
Selon le report du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), entre le 1er avril et le 30 juin 2026, pas moins de 1 408 personnes ont été tuées et 656 autres blessées dans le pays. Parmi ces victimes, 55 % d’entre elles ont péri lors d’attaques perpétrées par des gangs armés, 40 % ont été tuées ou blessées lors d’opérations de sécurité menées par la Police nationale d’Haïti (PNH), parfois en collaboration avec une société militaire privée et 5 % des victimes sont liées aux violences des groupes d’autodéfense et des membres de la population.
Par ailleurs, la majorité des incidents soit 78 % ont été recensés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, suivie de l’Artibonite 17 %, du Centre 2 %, du Sud-Est 2 % et du Grand Nord 1 %.
En outre, ce rapport documente également 796 victimes de violences sexuelles, dont 772 femmes, 23 filles et un homme. La quasi-totalité des cas soit 98 % ont été signalés dans le département de l’Ouest, et 87 % étaient des viols collectifs. Par ailleurs, 81 personnes ont été enlevées contre rançon, principalement dans l’Ouest 63 % et l’Artibonite 27 %.
Attaques massives et déplacements forcés
Les affrontements entre gangs dans la Plaine du Cul-de-Sac et Cité Soleil ont fait 463 morts et 256 blessés au cours du trimestre. À Séguin, dans le Sud-Est, 15 personnes ont été tuées lors d’incursions du gang Village de Dieu. Dans le département de l’Artibonite, au moins 42 morts et 48 blessés ont été recensés dans plusieurs localités. Ces violences ont provoqué le déplacement de plus de 18 000 personnes, accentuant la crise humanitaire.
Face à ce constat, le BINUH à travers ce rapport appelle le gouvernement haïtien à lancer les premières enquêtes des pôles judiciaires spécialisés sur les crimes de masse et les violences sexuelles, tout en garantissant les opérations de sécurité respectent le droit international des droits humains.
De plus, le rapport plaide pour l’accélération du processus de vetting au sein de la police et traduire en justice les agents impliqués dans des violations graves, renforcer les mécanismes de protection et d’assistance aux victimes, notamment les survivantes de violences sexuelles, développer des programmes de prévention et de réhabilitation pour les mineurs enrôlés par les gangs.
La communauté internationale est également invitée à maintenir Haïti dans son agenda et à accélérer le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG), conformément à la résolution 2793 du Conseil de sécurité. Ce rapport illustre une réalité implacable  dont la violence des gangs continue de décimer la population, fragiliser les institutions et transformer l’insécurité en véritable crise nationale.
Likenton Joseph
