Plus de 1 400 personnes ont été tuées ce deuxième trimestre de l'année 2026 contre 705 du trimestre de l'année antérieure, selon le rapport présenté ce jeudi 27 août 2026 lors d'une conférence de presse tenue par le Collectif Défenseurs Plus. La structure présente le rapport trimestriel au cours de la période du mois d'avril à juin 2026 sur la situation des droits humains en Haïti. À cette occasion, elle présente les résultats du rapport et fixe sa position et ses analyses sur l'actualité nationale.
En effet, depuis des années, le pays fait face à une crise multidimensionnelle, notamment la crise sécuritaire qui ne cesse de semer la terreur au sein de la population haïtienne avec les attaques des groupes armés qui continuent de semer le deuil dans le pays.
Face à cette situation, le Collectif Défenseurs Plus, une organisation de défense des droits humains, présente un rapport trimestriel sur les principaux actes de violation des droits humains documentés en Haïti entre le mois d'avril et juin 2026.
L'organisation a expliqué que le deuxième trimestre a été marqué par une forte détérioration de la situation sécuritaire, avec l'expansion des groupes armés dans plusieurs régions, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la Plaine du Cul-de-Sac, l'Artibonite et le Centre. Cette violence s'est traduite par des homicides, des incendies, des enlèvements et des affrontements affectant gravement les populations civiles.
La crise sécuritaire a également aggravé la situation humanitaire et socio-économique, entraînant des déplacements massifs, une insécurité alimentaire grave.
Dans son intervention, le responsable aux affaires juridiques de cette structure, M. Ulrick Tintin, a expliqué que les droits civils et politiques en Haïti demeurent grandement compromis par la dégradation de la situation sécuritaire, la croissance des groupes armés et la faiblesse des mécanismes de protection.
Car les violences contre les populations civiles ont entraîné de graves atteintes aux droits fondamentaux des citoyens. Pour lui, le droit à la vie en Haïti demeure précisément une menace.
« Le trimestre précédent, au moins 705 personnes ont été assassinées. Les violences meurtrières se sont maintenues pour ce deuxième trimestre de cette année. En avril 2026, au moins 432 personnes ont été tuées, notamment lors de l'assassinat de l'ancien député Étienne Geffrard, du drame de la Citadelle Laferrière ayant causé environ 30 morts, de l'attaque de Seguin à Marigot ayant fait au moins 7 victimes, ainsi que des affrontements dans la Plaine du Cul-de-Sac et à Cité Soleil ayant causé environ 20 décès. Pour le mois de mai 2026, au moins 541 personnes ont perdu la vie. Les affrontements à Cité Soleil et dans la Plaine du Cul-de-Sac auraient notamment fait au moins 78 morts, auxquels s'ajoutent des assassinats ciblés, des attaques contre des civils et des décès liés aux opérations des forces de sécurité. En juin 2026, au moins 427 personnes ont été tuées dans différents incidents liés à l'insécurité, notamment des attaques armées, des assassinats et des incidents impliquant des agents de l'État, ce qui a fait que le deuxième trimestre 2026 a enregistré au moins 1 457 personnes tuées », a expliqué le responsable aux affaires juridiques, Tintin.
Par ailleurs, des cas de kidnapping, de séquestration et de disparitions ont également été enregistrés. Selon le rapport, entre avril et juin, un total de 161 personnes ont été victimes de kidnapping ou de séquestration durant le deuxième trimestre 2026, contre 51 cas au trimestre précédent, qui se répartit comme suit : En avril 2026, au moins 32 personnes ont été enlevées, notamment à Pétion-Ville. En mai, au moins 57 personnes ont été kidnappées ou séquestrées, avec des cas recensés à Delmas, Pétion-Ville, dans l'Artibonite et le Sud-Est. Et en juin, au moins 71 personnes ont été victimes de kidnapping ou de séquestration, dont plus de 50 personnes séquestrées à Cité Soleil le 13 juin par le groupe armé dirigé par Mikanor.
Ce ne sont pas seulement des cas de kidnapping et de séquestration qui se multiplient. Durant cette période, les hommes armés ont également commis des actes de viol et des déplacements forcés au cours du deuxième trimestre 2026, notamment dans les zones contrôlées par les groupes armés où les femmes et les filles sont exposées aux viols, agressions et menaces.
Face à cette situation qui continue de s'aggraver, le Collectif Défenseurs Plus a formulé des recommandations aux autorités étatiques tout en exigeant de renforcer la sécurité et la protection des civils. Il doit également protéger les groupes vulnérables et renforcer la prise en charge des personnes déplacées.
À la Police nationale d'Haïti, il demande de renforcer la lutte contre les groupes armés et les enlèvements, protéger les populations et les sites de déplacés, sécuriser les axes et les convois humanitaires, protéger les femmes et les personnes vulnérables, tout en garantissant le respect des droits humains et en enquêtant sur les abus commis par des agents.
Pour la communauté internationale, la structure veut qu'elle accroisse l'appui financier, technique et humanitaire en faveur des populations vulnérables, de la santé, de la reconstruction et de la résilience, soutienne les institutions haïtiennes et contribue à la lutte contre l'impunité.
Enfin, aux organisations de la société civile, Défenseurs Plus leur recommande de renforcer la documentation et le signalement des violations, l'assistance juridique, psychosociale et humanitaire aux victimes, le plaidoyer pour le respect des droits économiques, sociaux et culturels et la participation des communautés aux décisions qui les concernent. Elles doivent également renforcer la protection des journalistes, leur accompagnement et la coopération entre organisations de défense des droits humains et associations de journalistes.
Yasmine sanon
