Un nouveau programme destiné à améliorer les conditions sanitaires des populations rurales du Sud et du Sud-Est a été officiellement lancé le vendredi 28 août 2026, aux Cayes. Baptisé « Eau Potable et Assainissement Rural, Résilient, Durable et Décentralisé » (EPARRD), le projet est porté par Helvetas Haïti en partenariat avec la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA) et l’OREPA Sud.
Financé par la Banque mondiale à travers l’UNICEF, avec une contribution de Helvetas Haïti, le programme concernera trois communes dont Les Cayes et Saint-Louis-du-Sud dans le département du Sud, ainsi que Jacmel dans le Sud-Est.
L’une des principales ambitions du projet est de favoriser l’abandon progressif de la défécation à l’air libre dans les zones rurales ciblées. Helvetas Haïti entend ainsi accompagner quelque 15 000 ménages, soit près de 75 000 personnes, afin de faciliter leur accès à des infrastructures sanitaires de base et encourager leur utilisation durable.
Pour Julien Deroy, chargé de programme de Helvetas Haïti, l’intervention ne se limite pas à la construction d’infrastructures. Elle doit également provoquer une évolution des comportements au sein des communautés.
« Nous voulons accompagner les communautés rurales afin de réduire fortement, voire éliminer, la défécation à l’air libre », a-t-il expliqué, rappelant que cette démarche s’inscrit dans les engagements internationaux liés aux Objectifs de développement durable.
Le responsable estime par ailleurs que l’assainissement constitue une question qui dépasse le seul cadre sanitaire. Il touche également à la dignité et aux conditions de vie des populations.
Le coordonnateur du projet EPARRD, Félix Payen, a insisté sur la nécessité d’impliquer directement les bénéficiaires dans les différentes étapes du programme.
L’objectif, selon lui, est de permettre aux communautés de devenir des acteurs à part entière de l’amélioration de leur environnement sanitaire, plutôt que de dépendre exclusivement des interventions extérieures.
Le programme prévoit notamment des campagnes de sensibilisation sur l’hygiène et l’assainissement, ainsi que la construction ou la réhabilitation de 15 blocs sanitaires. Parmi ces infrastructures, neuf seront destinées aux établissements scolaires, tandis que six seront aménagées dans des centres de santé et des marchés publics.
Des clubs d’hygiène seront également mis en place ou renforcés dans les écoles concernées. Dans les marchés et les centres de santé, des comités de gestion devraient assurer le suivi et contribuer à la pérennisation des infrastructures.
Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, les promoteurs du projet présentent l’assainissement comme un outil de prévention sanitaire. Les mauvaises pratiques en matière d’hygiène et l’insuffisance d’installations sanitaires peuvent favoriser la propagation de plusieurs maladies hydriques et diarrhéiques.
Félix Payen souligne notamment la nécessité de renforcer les efforts de prévention dans un contexte marqué par la persistance des risques liés au choléra. Le projet entend donc agir simultanément sur les infrastructures, l’information et les habitudes quotidiennes des populations.
Du côté de l’OREPA Sud, Ferlens Jean Baptiste, responsable régional de la gestion des services, a notamment salué le principe d’un assainissement total porté par les communautés. Selon lui, l’objectif n’est pas simplement de fournir des infrastructures, mais de permettre aux populations de participer à leur réalisation et d’en assurer la pérennité.
Les représentants des collectivités territoriales ont également exprimé leur soutien au programme. Emilienne Merzier, membre de la Commission communale des Cayes, et Photo Bathol, représentant de la mairie de Saint-Louis-du-Sud, ont considéré cette initiative comme une opportunité pour améliorer les conditions sanitaires dans les communautés rurales.
Pour les autorités locales, le renforcement de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement constitue un levier important pour améliorer la santé publique et accroître la capacité des populations à faire face aux différentes crises.
Avec EPARRD, Helvetas Haïti et ses partenaires ambitionnent ainsi de faire de l’amélioration des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement un processus durable, reposant davantage sur la participation des communautés et la responsabilisation des acteurs locaux.
Frantzou Laguerre
