La jacmélitude transforme l’énergie collective en force active. »
Un mot, une naissance : la Jacmélitude en héritage
Dans la préface du tome 1er des 4 tomes de Jacmélitude écrits par Dr. Jean-Elie Gilles et Joan Dithny Raton et publiés en juin 2026 chez Educa Vision, les auteurs ont signalé l'origine du mot Jacmélitude qui a pris naissance en 2009, ["après un bon repas copieux entre amis, entre le zist et le zeste, dans les jardins Ä‘u Maire d'alors qui plus tard sera Sénateur de la République, Monsieur Joseph Edwin Daniel Zenny, plus connu sous le nom d'Edo"]
Selon l'ancien Recteur de l'Université Publique du Sud-Est à Jacmel (UPSEJ), [« la maternité du mot revient à Joan Dithny Raton qui, en causant avec Jean-Elie Gilles, Danièle Saint Lot, Michaëlle Craan Richarson Dorvil, Camille Depestre, Pascarın Raymond, trouvait en Jean-Elie une passion toute voile dehors pour parler du Jacmel d'antan avec une fine pointe de mélancolie dans la voix et s'exclama tout de go : ... mais vous nous donnez la Jacmélitude ! », afin de souligner cette solitude des histoires anciennes. Et, ce mot dans lequel réside toute une philosophie et un art de vivre montre clairement que « La Jacmélitude » est le point d'ancrage qui nous fait épouser nos relations humaines en tant que communauté de tendances économiques, culturelles, sociales et spirituelles plurielles.].
Débats, appropriation et structuration d’un concept
Ce mot, pris naissance en 2009 a permis l’organisation en 2013 du CARNAVAL DE LA JACMELITUDE par la Mairie de Jacmel , sous le leadership de Hugues PAUL, alors maire de la ville avec une pléiade de jacméliens passionnés de leur ville : Evans SABAT dit TI NABOT , président du Carnaval, entouré de personnalités telles que : Michaelle CRAAN, Jean-Elie GILLES, Lydie KRAUCHI, et de bien d’autres, avec le support de la directrice du bureau départemental de la culture, l’infatigable, Joan Dithny RATON, devenue plus tard ministre de la culture.
De l’idée à l’institution : la Jacmélitude organisée
Edgard AGELLA a récupéré les idées de la JACMELITUDE et, à partir de 2016, il organise tous les évènements autour dudit thème, à un point tel qu’on aurait dit qu’il l’aurait lui-même inventé. Il a même voulu, accorder la maternité du concept à Madame Mirlande MANIGAT, sans se soucier nullement des conséquences judiciaires de son action. Il accélère toute sorte de structuration avec ce thème, sans aucun respect des normes de l’emprunt littéraire. Aussi, s’empresse-t-il de multiplier conférences et autres débats tout en mettant en place, au Ciné Concorde, un espace littéraire et philosophique dédié aux auteurs haïtiens.
En 2017, le Ballet Grand Soleil lance officiellement la première édition de la Jacmélitude comme un événement annuel structuré. Conférences, rencontres, débats : Jacmel se pense, se raconte, se projette.
La Jacmélitude : une philosophie vivante
Au fil du temps, la jacmélitude dépasse le symbole pour devenir une force agissante. Comme l’analyse Edgard Agella, initiateur de plusieurs activités autour du concept :
« La jacmélitude est à la fois un outil de motivation interne, une vitrine externe et une stratégie de développement. Elle transforme l’énergie collective en force active.
» Elle devient ainsi :
- une conscience identitaire
- un levier culturel
- un projet de société
Ces éléments de la définition du concept semblent venir tout droit de ce que l’autrice du concept, Madame Joan Dithny RATON avait déjà avancé, lors de la création dudit concept en 2009 et qui a été développé dans les 4 Tomes de la JACMELITUDE, publiés en Juin 2026 par Educavision .com,
René Depestre au cœur de la Jacmélitude
Dans cette dynamique, l’hommage à René Depestre par Edgard AGELLA est une évidence que ce concept est de taille.
Figure majeure de la littérature haïtienne, profondément liée à Jacmel, Depestre incarne l’alliance entre enracinement et universalité.
« Pour Jacmel, son œuvre est une fierté, un patrimoine littéraire et une source de transmission culturelle », rappelle Edgard Agella, qui poursuit :
« Pour Haïti, c’est la preuve que notre littérature peut rivaliser avec les plus grandes. »
L’hommage prend une forme vivante à travers l’adaptation théâtrale de quatre œuvres majeures :
- Hadriana dans tous mes rêves
- Le Mât de cocagne
- Éros dans un train chinois
- Alléluia pour une femme-jardin
« Adapter ces textes au théâtre, c’est leur donner des corps, des voix, des émotions. C’est sortir la littérature de ses murs », insiste Edgard AGELLA.
La jeunesse, cœur battant du projet
Le 13 mars 2026, à la mairie de Jacmel, des élèves se succèdent devant un jury, textes en main, voix tremblante puis assurée. Ils lisent, interprètent, habitent les mots.
« Donner une scène à la jeunesse, c’est lui offrir la possibilité d’exister », affirme Edgard Agella. Une élève, encore émue, confie : « C’est la première fois que je me sens vraiment écoutée. »
Du 19 au 24 mai 2026, Jacmel devient un espace total de culture :
- 14 conférences scolaires
- 35 établissements impliqués
- des élèves acteurs, penseurs, artistes
Une ville entière en mouvement. L’ambition est désormais claire : faire de la jacmélitude une institution. Comité permanent, calendrier structuré, partenariats : les bases d’un projet durable se dessinent.
« La jacmélitude doit devenir une culture structurée et soutenue », insiste Edgard Agella.
Une trajectoire collective, portée par une ville, incarnée par sa jeunesse, éclairée par ses écrivains. Et à travers l’hommage rendu à René Depestre, Jacmel ne célèbre pas seulement une mémoire : elle affirme, face au monde, que sa culture est vivante — et qu’elle avance.
ENCADRÉ — Portrait
Edgard Agella, artisan de la jacmélitude
Né à Jacmel en 1969, enseignant depuis plus de trois décennies, journaliste culturel et homme de terrain, Edgard Agella s’impose comme l’un des principaux artisans de la structuration de la jacmélitude. À la croisée de l’éducation, de la culture et de l’engagement citoyen, il œuvre à faire de la jeunesse un acteur central du développement culturel. À travers concours, festivals, conférences et projets pédagogiques, il inscrit son action dans une logique de transmission et de transformation. Pour lui, la culture n’est pas un héritage figé, mais une force en mouvement.
Emerson Vilbrun
Journaliste -Écrivain
Vilbrunemerson@gmail.com
