Durant deux jours, les 20 et 21 août 2026, ils étaient nombreux les spécialistes de plusieurs filières des industries culturelles, notamment des chercheurs, spécialistes de la muséologie, des historiens, des acteurs du patrimoine, des professionnels des sciences sociales, des universitaires et artistes qui se sont donnés rendez-vous au siège de l'UNESCO en Haïti, pour discuter et examiner les expériences des musées et lieux de mémoire consacrés à l’esclavage dans le monde, ainsi que les perspectives de création d’un Musée de l’esclavage en Haïti à Bwa Kayiman. Coup d'œil sur le document de cadrage de ce grand chantier.
Dans les trois langues (français, créole et anglais), le Comité national Route de l'Esclave (CNRE), vient de publier un livret qui propose une lecture synthétique du projet de musée de l'Esclavage, Résistance, Héritage et Liberté en Haïti. Il est conçu pour accompagner les échanges du séminaire scientifique consacré à ce projet.
Dans le plan de ce document, on retrouve les principales thématiques suivantes : Le contexte de création du musée; Objectif du projet du MERHL dans sa phase II; Zone d'exécution: le MERHL au cœur de la transformation urbaine du Nord d'Haïti ; Opportunité locale du projet MERHL ; groupes bénéficiaires du projet MERHL; cadre programmatique et institutionnel.
D’autres points complètent le plan, parmi lesquels : Les partenaires du projet MERHL; Approche stratégique de mise en œuvre ; Les activités du projet MERHL (phare 2); Budget; pourquoi participer au projet MERHL? L'équipe du projet.
Dans le contexte de création du musée, elle oblige les sociétés impliquées dans cette tragédie à aborder de manière holistique et méthodologique ce chapitre douloureux de l'histoire des peuples. Le débat dans le développement des pays concernés porte sur les effets socio-économiques et culturels persistants chez les populations d'ascendance africaine à travers le monde.
Date marquante, le chantier remonte en 1994: « Sur proposition d'Haïti, du Bénin et de plusieurs pays africains, la conférence générale de l'UNESCO a approuvé, lors de sa vingt-septième session, la mise en place du projet « La route de l'esclave» (résolution 27 C/3.13).
Dans le document initial, selon le livret du musée, « Le concept route » a été choisi pour illustrer ce mouvement d'échanges entre les peuples, cultures et civilisations qui a fait des aires géographiques touchées par l'esclavage un terrain exceptionnel du dialogue interculturel dont les enjeux sont d'une importance considérable pour les sociétés modernes.
Douze mois plus tard, en 1995, le projet de la Route de l'Esclave avait été lancé au Bénin, dans la ville historique de Ouidah, rapporte les auteurs du document en guise de rappel.
Deux ans plus tard, lors de la séance plénière du 12 novembre 1997, la Commission de l'UNESCO adopta la résolution portant création à Port-au-Prince en Haïti, du Musée de la Traite et de l'Esclavage.
Depuis le 30 juillet 2024, soit 27 ans plus tard, les responsables du projet de musée rappellent : Haïti a rejoint officiellement la commission des réparations des pays des Caraïbes au sein de la CARICOM dans leur demande de réparation de la traite et de l'esclavage.
Dynamique institutionnelle : « Le Comité haïtien de la route de l'esclave, au sein duquel un sous-comité, « Musée » œuvre à la responsabilité de mener le projet à son terme. En se référant à la page 285, des documents de l'UNESCO, 1997 et 2023. Le livret souligne que « Le gouvernement haïtien s'est aligné sur l'idée "Route de l'Esclave » en créant le Comité National Haïtien Route de l'Esclave, chargé de mettre en œuvre le Musée de l'Esclavage-Résistance-Héritage-Liberté (MERHL).
Dans une ambiance d'échange, de communication scientifique, de diffusion des regards croisés, le Bureau de l’UNESCO en Haïti a accueilli dans ses locaux le lancement officiel du Séminaire scientifique sur les musées de l’esclavage dans le monde. Cette initiative organisée par le Comité national Route de l’Esclave (CNRE) aura permis au public d'apprécier.
Des rappels à la fois importants et pertinents qui permettent de retracer le chantier et de recadrer le projet dans son contexte. Le séminaire poursuit plusieurs objectifs complémentaires, selon les organisateurs, qui visent à mobiliser des experts à côté des membres du Comité National de la Route de l'Esclavage et les responsables institutionnels des musées afin de partager leurs expertises dans le processus de mise en œuvre du Musée.
Dans un autre sens, il vise à construire une réflexion partagée autour du Musée et de développement dans le contexte d'Haïti. Et communiquer au public les démarches et les étapes nécessaires conduisant à la réalisation du Musée en Haïti.
Du nombre des intervenants, on peut citer les membres du Comité, tels le président du CNRE le professeur Laênec Hurbon, le vice-président l'historien Pierre Buteau, le directeur exécutif du CNRE l'urbaniste, Neptune Prince.
D'autres représentants de l'UEH ont pris la parole, comme le recteur Dieuseul Prédelus, les professeurs Kenrick Demesvar, Sterling Ulysse, Jean Waddimir Gustinvil, entre autres.
Dans la note publiée par l'UNESCO, les responsables précisent que « la cérémonie d’ouverture a réuni l’UNESCO, le Comité national Route de l’Esclave, l’Université d’État d’Haïti ainsi que plusieurs partenaires, dont l’Ambassade de France en Haïti. Plus loin, ils soulignent que les travaux des 20 et 21 août portent notamment sur la muséologie, les lieux de mémoire de l’esclavage, l’état des musées en Haïti et les étapes pouvant contribuer à l’avancement du projet de Musée de l’esclavage à Bwa Kayiman.
Des interventions à retenir, dont celles de Samuel Pierre sur des musées de l'esclavage à travers le monde, celles d'André Delpech sur la muséologie d'aujourd'hui, celles de Rossila Goussanou autour du projet du musée international du Vodoun au Bénin, et la communication de John Sley Pierre sur le musée du Nouveau Monde de La Rochelle en France, entre autres.
Dominique Domerçant
