La vénalité des responsables des établissements scolaires s’affiche sans pudeur, même chez les religieux, sous parapluie d’un ministère de l’Éducation nationale dont le je-m’en-foutisme n’a pas d’égal.
Une école religieuse demande un montant d’environ 200 000 gourdes par année pour la classe de la première secondaire, en plus de dépenses additionnelles pour l’achat des livres d’environ 30 000 gourdes.
La plupart des grandes écoles, y compris les écoles religieuses, pratiquent des prix qui varient entre 80 000 et 200 000 gourdes par année. Et ces prix, les responsables scolaires les fixent à la hausse comme bon leur semble, car il n’y a aucun ministère pour venir au secours des parents.
Parents qui doivent faire face à des dépenses multiples dans lesquelles les établissements scolaires ne s’impliquent pas comme cela se fait dans de nombreux pays, comme le transport des enfants et leur restauration.
De nombreux établissements scolaires n’offrent même pas l’eau de boisson. Un scandale !
Comme quoi le gangstérisme peut prendre différentes formes. Les écoles religieuses ou pas deviennent avant tout des lieux pour ramasser le plus d’argent possible. On a vu, absurdité bien de chez nous, un établissement scolaire religieux refuser la prestation d’un écrivain parce qu’il ne prêchait pas l’évangile.
Plus de 150 000 gourdes par année sans eau de boisson ! Les enfants doivent l’acheter dans l’école. Vendu par l’école ou par quelqu’un autorisé par l’école.
Le plus grave dans tout cela, c’est la stupidité d’une grande partie des parents qui sont parfois fiers que leur enfant soit dans une grande école, sous-entendu que n’importe quelle famille ne peut envoyer leur enfant dans cette école. Mon enfant est à… « Telle école ! » lance la mère, stupide, fièrement.
Alors que cette telle école est aussi fréquentée par des rejetons de délinquants à cravate qui ont les moyens de se payer l’année. Et pire, personne ne le dit, les gangs paient pour plusieurs centaines de jeunes qui vont dans ces écoles et dans nos universités.
Les réunions de parents deviennent souvent des réunions de zombis où on participe comme pour avaliser les décisions des responsables scolaires. Il n’est pas bon de critiquer quand son enfant est soi-disant dans une grande école.
Difficile de voir chez nous une association de parents défendant le droit de vrais parents soucieux de la bonne marche des écoles.
Bref, Port-au-Prince se vandalise à tous les niveaux.
Gary Victor
