À l’initiative du Centre de recherche économique et sociale (CRES), s’est déroulée à Pétion-Ville le 25 juin 2022, une conférence-débat autour du thème universitaire et développement. Leur objectif, selon les responsables, étant d’analyser certains problèmes que confronte l’université en Haïti et identifier des pistes de solutions visant à la rendre plus efficace. C’était l’occasion pour quelques étudiants, issus de différentes universités du pays, d’échanger avec le panel constitué de professeurs à l’université et personnalités politiques, dont Clarens Renois.
Cette activité était également l’opportunité pour les organisateurs de procéder au lancement officiel du Centre de recherche économique et sociales (CRES), une institution qui se donne comme mission « de promouvoir des recherches scientifique adaptée qui répondent aux préoccupations et aspirations de la population haïtienne. » L’agriculture et des ressources naturelles, l’environnement, l’économie et les affaires sociales, sont les 4 domaines que CRES compte prioriser dans leurs recherches fait savoir Guerlin Wood-Lee Bossou, président de cette structure.
Dans son intervention, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, Clarens Renois, a mis l’emphase sur l’importance de la recherche au sein de l’université. « La recherche universitaire vise à « faire avancer» la connaissance, de chercher ce qui ne s’est pas encore fait, d’innover dans la discipline, de poser des questions dont les réponses n’existent pas encore. »
Le professeur précise plus loin qu’«Au-delà de son rôle de création et de transmission de savoirs, l’université est le laboratoire de la société de demain. Elle est donc en prise sur les questions sociétales nouvelles. Elle s’en saisit avec tout le potentiel scientifique que sa richesse disciplinaire rend possible. Contribuer au débat de société et au débat citoyen, entre donc dans ses prérogatives au-delà de son activité de diffusion et de production des savoirs, qui constitue un bien commun.»
Selon lui, la situation actuelle de l’université dans le pays est un choix politique, car les gouvernements, dit-il, qui se sont succédé, en commençant par celui de François Duvalier, ont tous cherché à museler l’université, craignant son épanouissement et ses travaux. L’une des solutions à cette crise multidimensionnelle qui ronge le pays, est d’investir dans l’université afin qu’il y ait des recherches », a-t-il déclaré .
Université et développement
L’économiste Walky Louis, l’un des intervenants, rappelle que l’université est appelée à contribuer d’une manière efficace au développement de la société à travers non seulement un enseignement de qualité qui peut offrir de meilleures opportunités d’emploi aux étudiants défavorisés, réduisant ainsi les inégalités. Mais également s’impliquer dans des recherches répondant aux besoins et aux orientations du marché de l’enseignement supérieur, en termes d’efficacité cherchant le bien-être de la société.
«On ne peut parler d’université sans production, sans transformation», martèle le professeur, le pays fait face à l’une des plus grandes crise économique de son histoire, selon lui, l’université aurait dû déjà se plancher sur ce problème, et proposer des solutions à la société », a t-il insisté.
Université et environnement
Alors que le pays, de part sa position géographique et sa vulnérabilité, est victime chaque année ou presque d’une catastrophe naturelle, l’environnement ne figure pas parmi les priorités du gouvernement, et le fonds alloué à ce secteur dans le budget de la République est une pitance, a souligné le politologue Guercy Rosana.
«L’environnement est vilipendé en Haïti, a quoi sert le ministre de l’Environnement quand il est incapable de mettre en œuvre des stratégies afin d’empêcher la population de vider le pays de ses arbres se demande le politologue ». Il incombe à l’université de sensibiliser la population sur l’importance de l’environnement et le bon comportement à adopter », a-t-il ajouté tout en appelant à l’application d’une nouvelle politique publique sur le territoire.
Des participants ont salué cette démarche entrepris par les responsables de CRES. Ils plaident en faveur de la réalisation de plus de conférences de ce genre afin que plus de jeunes soient sensibilisés dans le pays.
Esdra Jeudy
