11 septembre 2021- 11 septembre 2022, une année depuis que le Premier ministre Ariel Henry avait entériné, avec ses partenaires politiques, l'Accord pour une gouvernance apaisée et efficace qui comprend 28 articles, dans l’objectif principal était de rétablir le climat sécuritaire du pays, d’organiser les joutes électorales dans le pays avant même la fin de l’année 2022 et soulager la population de la misère abjecte qui la gangrène. Plus d'une vingtaine de partis politiques parmi lesquels Fusion, SDP, MTVAyiti et INITE ont signé l’Accord du 11 septembre 2021. Un an après, cet accord n'a pas été appliqué rigoureusement. Certains signataires ont manifesté pour réclamer sa stricte application, d'autres se sont retirés de cet accord. La population haïtienne est toujours aux abois, la justice est toujours en faillite et la montée de l'insécurité s'aggrave. Que devient l’accord pour une gouvernance apaisée et efficace, une année après ?
Le 11 septembre 2021, le Premier ministre Ariel Henry avait salué le courage et la volonté des représentants des différents partis politiques pour leurs sacrifices et engagements en vue de sortir le pays de cette impasse à travers l’Accord pour une gouvernance apaisée et efficace. « À travers cette action commune, le chef du gouvernement, avec la collaboration de tous les acteurs sociaux et politiques, entend atteindre ses objectifs, qui sont entres autres, l’organisation des prochaines élections inclusives, honnêtes et démocratiques, le rétablissement d’un climat de sécurité et de stabilité politique dans le pays », avait déclaré le chef du gouvernement haïtien à l’occasion de la signature de l’Accord pour une gouvernance apaisée et efficace le 11 septembre 2021.
Le Premier ministre Ariel Henry avait aussi promis, en réaffirmant sa volonté, de rendre justice au président Jovenel Moïse, en traduisant devant la justice les auteurs de ce crime odieux pour qu’ils soient jugés et condamnés.
Dans la foulée des accords qui ont été proposés pour sortir Haïti de l'acuité de la crise multisectorielle dans laquelle, elle se trouve, figuraient également : l'Accord de Vertière, l'Accord Pen, l'Accord de Montana. Les deux derniers ont, par la suite, fusionné pour devenir Accord Montana-Pen modifié.
Le 2 août 2022, l’ex-sénateur des Nippes, Nenel Cassy, s'est retiré parmi les adhérents de l’Accord pour une gouvernance apaisée et efficace. L'ex-sénateur des Nippes avait souligné, lors d'une conférence de presse, que le Premier ministre Ariel Henry n'a pas vraiment la volonté de sortir le pays dans ce chaos indescriptible qui le ruine. Il laissait entendre que le pays a besoin d'une transition et d’un gouvernement bicéphale.
D’un autre côté, à plusieurs reprises, les autres signataires du 11 septembre ont mis en garde le Premier ministre Ariel Henry en ce qui concerne son application stricte qui tarde à venir. Entretemps, plusieurs rencontres de négociations politiques ont eu lieu entre les membres de l’Accord de Montana qui plaident pour une transition bicéphale et les représentants de celui du 11 septembre, qui n'ont abouti à rien.
Pour le coordonnateur général du Collectif des avocats pour la défense des droits de l'homme, Me Arnel Remy, l'Accord du 11 septembre est un échec total. « On ne peut pas parler de réussite puisque la situation ne fait que s’aggraver. Beaucoup plus de personnes sont au chômage, la population haïtienne se trouve dans la misère la plus abjecte», a-t-il déclaré lors d'une interview accordée au quotidien Le National, tout en rappelant que la Police nationale d’Haïti peine à mener des opérations pour traquer les gangs armés qui font la loi dans le pays. Il considère l'Accord du 11 septembre comme un véritable simulacre.
Me Arnel Remy a également déploré la situation des prisonniers dans les différents centres carcéraux du pays. Selon lui, rien n’a été fait pour les soulager, ce qui prouve que le système judiciaire est devenu beaucoup plus dysfonctionnel. Selon lui, l'Accord pour une gouvernance apaisée et efficace a échoué. Même les signataires de l’Accord du 11 septembre sont d'avis qu’il est un échec total, a fait savoir Arnel Remy, qui a laissé entendre qu’aucun article n'a été respecté au sein de l’accord du 11 septembre. D’après ses dires, parmi tous les accords proposés, seul l’Accord de Montana offre la garantie d’un développement sociétal.
Il appelle tous les acteurs politiques, les membres de la société civile à se mettre ensemble pour trouver une issue favorable à la crise multidimensionnelle du pays. « L'heure est au dialogue national, franc et sincère. Les acteurs politiques doivent éviter à tout prix les intérêts claniques et mesquins. Le pays a besoin de nous tous», a-t-il conclu.
Vladimir Predvil
