La société civile à l’assaut de l’insécurité

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Des organisations et des personnalitésmembres de la société civile ont lancé, le 23 novembre 2021, le Groupe de travail sur la sécurité (GTS), à Port-au-Prince, au local du Réseau national de défense des droits de l’homme (RNDDH). Selon des membres, la nouvelle structure aura à collaborer avec les institutions garantes de la sécurité dans le pays et tous les autres acteurs de la société afin de trouver une réponse efficace et efficiente aux problèmes de l’insécurité généralisée en Haïti.

« Nous sommes là pour faire pression sur les différents responsables des institutions gouvernementaux, afin qu’ils prennent leur responsabilité », déclare Ashley Laraque, membre du GTS. Conscient de la complexité du phénomène de l’insécurité en Haïti, M. Laraque parle des actions qui doivent être menées en amont, avec les forces répressives légales (Police et Armée) de même que l’aspect social ne doit pas être négligé en aval. 

 

En effet, le phénomène des enfants « des rues » et « dans les rues », un problème social longtemps négligé, est aussi l’une des conséquences de l’insécurité. Le GRS travaillera notamment à la sensibilisation de la jeunesse, au support et à l’amplification des projets des organisations qui encadrent les jeunes. Selon lui, les institutions étatiques qui travaillent pour l’épanouissement de la jeunesse doivent également faire leur travail. La GTS collabore aussi avec la diaspora, avec des experts et techniciens dans le domaine de la sécurité en Haïti comme James Boyard, et l’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti, Mario Andresol.

 

Pour sa part, Pierre Esperance, directeur général du Réseau national de défense des droits de l’homme, également membre du GTS, souligne la faiblesse des institutions étatiques dans le pays surtout au niveau de leur administration. « Il y a trop de policiers détachésà la protection des autorités et d’autres personnalités qui ne sont pas membres du gouvernement », pense Pierre Esperance. De 2017 à aujourd’hui, 45 policiers en moyennes ont perdu la vie. Les agents de l’ordre sont également victimes de l’insécurité,  a conclu le défenseur des droits humains. Pour lui, les autorités ne travaillent pas au renforcement des institutions et ne donnent pas assez de moyens aux policiers les permettant de faire le travail. Du côté de la justice, les individus,contre qui des avis de recherche sont décernés, ne sont pas vraiment poursuivis par la justice qui est en faiblesse aujourd’hui, fait savoir Pierre Esperance. Selon Esperance, l’établissement de l’État de droit et l’instauration de la sécurité dans le pays ne peut se faire pas le renforcement des institutions. Un constat que fait Pierre Esperance dans un contexte où Haïti fait face à une crise institutionnelle qui persiste. 

 

Environ une vingtaine d’organisations font partie du GTS dont, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), la Fédération protestante d’Haïti (FPH), la Fédération des églises pour la libéralisation d’Haïti (FEELH) et des personnalités comme: l’homme d’affaires Bernard Craan, le professeur James Boyard, l’ancien directeur de la PNH, Mario Andresol. Selon les membres du GTS, ils n’ont ni la prétention de remplacer les institutions policières ni des ambitions politiques. 

Geneviève Rose Murdith Joseph

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