La situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante en Haïti. Alors que Kenscoff continue de subir les assauts répétés de la coalition criminelle « Viv Ansanm », provoquant des morts, des déplacements massifs de population et d'importants dégâts matériels, la Police nationale d'Haïti (PNH) poursuit ses opérations contre les groupes armés, le trafic de stupéfiants et les réseaux criminels opérant dans la région métropolitaine.
À Kenscoff, plusieurs localités, dont Téléco et Robin, ont de nouveau été la cible d'attaques armées. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 5 840 personnes, représentant 1 836 familles, ont été contraintes de fuir leur domicile entre le 4 et le 8 juillet à la suite des violences. L'organisation précise que 86 % des déplacés ont trouvé refuge auprès de proches ou de membres de leur famille.
Les habitants dressent un bilan particulièrement lourd, faisant état de plusieurs dizaines de personnes tuées ou portées disparues. De nombreuses habitations ont également été incendiées, aggravant une situation humanitaire déjà critique. Le maire de Kenscoff appelle les autorités à reprendre le contrôle de cette commune agricole, confrontée à une détérioration continue des conditions de sécurité.
Le drame s'est aggravé avec le massacre d'une famille de quatre personnes attribué aux gangs de « Viv Ansanm ». Le père, la mère et leurs deux enfants ont été tués. Parmi les victimes figure une adolescente qui devait participer aux épreuves du baccalauréat prévues ce 13 juillet 2026. Ce crime relance le débat sur l'écart entre les déclarations officielles faisant état d'une amélioration de la sécurité et la réalité vécue par les populations.
Un inspecteur de police arrêté
Parallèlement, la Police nationale annonce l'arrestation de Rubenson Elce, inspecteur de police issu de la 18e promotion de la PNH, pour son affiliation présumée à un groupe criminel établi à Pèlerin 5, dans la commune de Pétion-Ville.
L'interpellation, effectuée par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), s'inscrit dans une enquête ayant permis le démantèlement d'un réseau impliqué dans des enlèvements, des cambriolages et des vols commis dans plusieurs secteurs de la région métropolitaine. L'enquête se poursuit afin d'identifier les autres personnes impliquées.
Un influenceur TikTok entendu par la DCPJ
La PNH a également procédé, le 11 juillet, à l'interpellation d'un influenceur connu sur TikTok sous le pseudonyme de « Big Boss », dans le parking d'un hôtel de Pétion-Ville.
Cette intervention est intervenue après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo dans laquelle un chef de gang opérant à Kenscoff, identifié sous le nom de « Dydi (Izo 2) », affirme que l'influenceur aurait participé à des échanges portant sur la préparation d'attaques contre plusieurs zones stratégiques de la capitale et aurait apporté un soutien à certaines activités criminelles. Ces accusations n'ont toutefois pas été confirmées par les autorités judiciaires.
Selon le porte-parole de la PNH, le commissaire Gary Desrosiers, la DCPJ devra auditionner l'intéressé afin de vérifier ces allégations et d'établir l'existence ou non de liens avec des groupes armés.
Plus de 4,8 tonnes de marijuana détruites
Dans le département du Sud, les agents du Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS), avec l'appui des Gardes-côtes de la PNH, ont procédé à la destruction de 4,842 tonnes de marijuana et de 57 kilogrammes de cocaïne dans la localité de Renyé, commune des Coteaux.
Selon la Police, ces stupéfiants avaient été saisis lors de plusieurs opérations menées depuis 2017 dans le Grand Sud. Cette destruction s'inscrit dans la stratégie de lutte contre le trafic de drogue et de renforcement de la sécurité publique.
Malgré ces opérations, la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans plusieurs régions du pays, notamment à Kenscoff, où les forces de l'ordre poursuivent leurs interventions afin de contenir la progression des groupes armés et de tenter de rétablir un climat de sécurité pour les populations.
Vladimir Predvil
