L'Ordre des Défenseurs des Droits Humains (ORDEDH) tire la sonnette d'alarme face à l'aggravation de l'insécurité en Haïti. Dans un communiqué publié ce vendredi 31 juillet 2026, l'organisation appelle à une restructuration en profondeur de la Police nationale d'Haïti (PNH), estimant que l'ampleur de la crise impose des réformes institutionnelles immédiates afin de rétablir l'autorité de l'État et de garantir la protection des citoyens.
À l'appui de son analyse, l'ORDEDH fait état d'un bilan particulièrement préoccupant pour le premier semestre de l'année 2026. Entre le 1er janvier et le 30 juin, au moins 1 305 personnes auraient été tuées de manière violente à travers le pays. L'organisation recense, en outre, 408 événements sécuritaires majeurs au cours de cette période, relevant que les départements de l'Ouest et de l'Artibonite demeurent les principaux épicentres de cette violence persistante.
Au-delà des données chiffrées, l'ORDEDH décrit une population confrontée à un climat d'insécurité généralisée, marqué par l'emprise croissante des groupes armés et l'insuffisance des réponses institutionnelles. Selon l'organisation, cette situation traduit l'incapacité des pouvoirs publics à restaurer durablement l'ordre public et à assurer la protection effective des citoyens.
L'organisation formule également plusieurs critiques à l'égard du fonctionnement actuel de la Police nationale d'Haïti. Elle soutient que les opérations conduites par l'institution mobilisent d'importantes ressources financières sans produire les résultats escomptés en matière de reconquête et de sécurisation des territoires. Elle attribue, par ailleurs, ces contre-performances aux interférences politiques affectant l'institution policière ainsi qu'au vide institutionnel résultant de l'absence d'un Parlement pleinement fonctionnel.
Dans cette perspective, l'ORDEDH préconise la mise en place d'une commission de restructuration appelée à se substituer à la direction générale par intérim de la PNH. Une telle instance devrait, selon elle, prendre en considération les revendications des policiers, améliorer leurs conditions de travail et répondre aux préoccupations de la population quant au fonctionnement de l'institution.
Par ailleurs, l'organisation plaide en faveur d'une coordination opérationnelle renforcée entre la Police nationale d'Haïti, les Forces armées d'Haïti (FAd'H) et la FRG. Elle estime qu'une telle synergie constitue un préalable indispensable à la reconquête des territoires sous l'emprise des groupes armés et au rétablissement d'un climat durable de sécurité.
Somme toute, l'ORDEDH rappelle que cette aggravation de l'insécurité intervient alors que le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, est investi de la responsabilité de rétablir la sécurité et de conduire le processus électoral. Dès lors, l'organisation considère que la tenue du premier tour des élections, fixé au 13 décembre 2026 par le Conseil électoral provisoire, ne saurait être crédible tant que les conditions minimales de sécurité ne seront pas réunies sur l'ensemble du territoire national.
Modeline Youte
