Le Comité National Route de l’Esclave en Haïti (CNRE) a clôturé deux journées de séminaire scientifique autour des musées de l’esclavage, à la veille de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition. Les membres du comité ont présenté les objectifs spécifiques de ces deux journées, puis annoncé l’ensemble des travaux qu’ils vont réaliser pour la mise en place du projet du musée de l’esclave en Haïti.
Durant ces deux journées, différents intervenants ont pris part aux discussions autour de ce projet sur différentes thématiques et des résolutions ont également été prises. Dans ce contexte, le président du Comité National de la Route de l’Esclave, Laënnec Hurbon, a expliqué que ces journées scientifiques ont une portée informative qui explique ce qu’est un musée de l’esclave et présente l’ensemble des musées de l’esclavage existants.
Ils visent également à sensibiliser tout le monde, notamment les artistes, les chercheurs, les dirigeants et toute autre personne du pays, ainsi que les institutions culturelles et les groupes sociaux également, pour mieux comprendre ce qu’est un musée de l’esclave.
Le Comité National de la Route de l’Esclave (CNRE) a consacré deux journées à la présentation des études existantes dans le monde sur les musées de l’esclavage.
Au cours de ces journées, ils ont abordé l’existence des musées consacrés à l’esclavage à travers le monde, ainsi que leur rôle dans la préservation et la transmission de la mémoire historique.
Ils ont également étudié la manière dont certains musées accueillent et sensibilisent les visiteurs, ainsi que l’importance de ces institutions pour mieux comprendre les différentes périodes de l’histoire de l’esclavage dans les pays concernés.
«L’impact de ces musées est particulièrement important pour préserver la mémoire de deux à trois siècles d’histoire, notamment une histoire que certains pays occidentaux ont longtemps tenté de dissimuler ou de minimiser auprès de leur propre population », a fait savoir le président du CNRE.
Par ailleurs, le directeur exécutif de ce projet, Prince Neptune, a présenté l’ensemble des travaux que le comité va mettre en place dans le cadre de ce projet. Comme première activité qui fait partie de leur perspective, c’est la maison-chantier qu’ils vont réaliser sur le site de « Bwa kayiman » que l’on appelle la « Kay Boukman », une ancienne habitation qui était déjà sur le site. Le comité va aménager dans trois dimensions l’aménagement de ses blocs sanitaires, l’installation d’un système solaire pour permettre la présence de l’électricité quotidiennement.
« Concernant la Maison de Boukman, elle devrait servir de premier espace de sensibilisation sur le site. Dans ce même espace, des formations seront également organisées autour des différents métiers liés au secteur muséal. L’objectif est notamment de former les habitants de la zone aux différents métiers du musée, afin de leur permettre de participer activement à la valorisation, à la conservation et à la transmission du patrimoine historique et culturel du site », a déclaré M. Neptune.
Ils ont également annoncé l’ouverture du projet d’un consortium avec le secteur privé des affaires afin de leur permettre de contribuer à la réalisation de ce projet de création du musée de la Route de l’Esclave. Dans ce cas, un appel est lancé à tous les acteurs du secteur privé intéressés à investir et à participer au consortium.
Par ailleurs, un comité scientifique international sera mis en place. Sa mission sera notamment d’authentifier, d’accompagner et de valider scientifiquement le projet, en réunissant des spécialistes issus de différents domaines liés à l’histoire, à la mémoire, au patrimoine et à la muséologie.
En outre, il lance également un appel à la diaspora haïtienne pour créer un réseau d’ambassadeurs du musée pour porter ce projet.
Il décide notamment, à partir de l’année fiscale 2026-2027, de lancer un appel international autour du marketing du musée. Et enfin, porter ce projet au plus haut niveau de l’État, ce qui permettra à l’État central de se saisir de cette question et de finir par dégager une politique publique autour de la culture, des arts et du musée, qui attire une forte concentration des acteurs autour de ce projet et donne également une directive publique sur la valorisation des patrimoines et des sites mémoriels.
Yasmine Sanon
