Le Conseil électoral provisoire (CEP) a exigé un seuil de 30 000 adhérents pour qu’un parti politique soit habilité à présenter des candidats aux prochaines élections prévues le 13 décembre prochain. Dans ce contexte, le parti politique UNIR dénonce de graves failles techniques et des cas de fraude sur le site électoral. Joint par téléphone, le leader d’UNIR, Clarens Renois, détaille les dysfonctionnements rencontrés sur la plateforme du CEP, mettant en cause l’intégrité du processus électoral. Il dénonce notamment la vente illicite de données d’identité nationale, utilisées pour inscrire des citoyens à leur insu.
À cet effet, le leader du parti politique, UNIR Clarens Renois précise que son parti n’a pas encore pu s’enregistrer dans la base de données du CEP en raison de ces problèmes techniques. Selon lui, le système d’inscription en ligne, totalement nouveau, présente des défaillances majeures, mêlant obstacles techniques et dérives éthiques. Les utilisateurs peinent à maîtriser la technologie requise pour finaliser leurs démarches.
De nombreuses failles ont été signalées aux techniciens du CEP. À titre d’exemple, certaines personnes découvrent que le système les a déjà inscrites sous la bannière d’autres partis politiques, sans leur consentement, créant des situations aberrantes. Le processus se complexifie davantage lorsque les organisations tentent de téléverser de longues listes de membres pour atteindre le seuil des 30 000 adhérents.
Bien que des erreurs manifestes apparaissent dans les informations saisies, notamment sur les dates de naissance, la plateforme accepte malgré tout les dossiers au lieu de les bloquer automatiquement.
Par ailleurs, une vaste opération de vente de données d’identité nationale est dénoncée, qui aurait impliqué la complicité de membres de l’administration publique et de certains partis politiques. Ces derniers obtiendraient ainsi des informations confidentielles pour s’enregistrer frauduleusement.
Des citoyens se retrouvent inscrits sans jamais avoir donné leur accord. Le parti UNIR évoque des documents confidentiels issus de ministères ou d’autres administrations de l’État qui seraient détournés et transmis à des partis politiques. Clarens Renois rapporte notamment le cas d’un proche né en 2007, âgé de 19 ans, sans affiliation politique, mais dont le nom figure déjà dans la base électorale à son insu.
Ces failles et dérives morales compromettent gravement la confiance des citoyens dans la transparence du processus électoral. Interrogé sur la faisabilité du scrutin en décembre, Clarens Renois estime que l’insécurité persistante rend le calendrier actuel irréaliste. Il propose la tenue d’un sommet d’évaluation afin de fixer une nouvelle date, garantissant une campagne sécurisée et une restauration de la confiance des électeurs.
Il insiste également sur la nécessité d’une neutralité absolue du gouvernement, alors que le pouvoir en place aurait son propre candidat dans la course. De surcroît, plusieurs zones du pays demeurent occupées par des bandes armées, rendant impossible l’organisation de meetings ou de rassemblements politiques.
In fine, Clarens Renois souligne qu’il est indispensable d’accorder du temps aux forces de sécurité nationales et internationales pour débloquer les quartiers, rouvrir les accès et sécuriser le territoire. Sans cette étape préalable, aucun calendrier électoral ne saurait être réaliste ni réalisable.
Likenton Joseph
