Malgré son élimination dès la phase de groupes, Haïti quitte la Coupe du Monde 2026 avec une distinction hautement symbolique. Le superbe but inscrit par Wilson Isidor face au Maroc a été élu troisième plus beau but de cette 23e édition, à l’issue d’un sondage officiel organisé par la FIFA après le sacre de l’Espagne contre l’Argentine (1-0, après prolongation).
Marquée lors du troisième match des Grenadiers dans le groupe C, cette frappe puissante et parfaitement exécutée avait déjà été désignée deuxième plus beau but de la phase de groupes. Même si Haïti s’était inclinée 4-2 face aux Lions de l’Atlas, la réalisation d’Isidor est restée comme l’un des grands moments de la compétition.
Le prix du plus beau but du tournoi est revenu au Cap-Verdien Sidny Lopes Cabral, auteur d’une magnifique frappe enroulée dans la lucarne contre l’Argentine, lors de la prolongation des seizièmes de finale. La deuxième place a été attribuée à l’Ouzbek Eldor Shomurodov, récompensé pour un lob magistral inscrit face au Congo durant la phase de groupes.
Cette distinction permet à Haïti de perpétuer une tradition rare. En seulement deux participations à la Coupe du Monde, en 1974 puis en 2026, les Grenadiers ont vu l’un de leurs buts figurer parmi les plus belles réalisations du tournoi.
En 1974, le légendaire Emmanuel “Manno” Sanon avait marqué les esprits avec son but historique contre l’Italie de Dino Zoff. Cette réalisation avait ensuite intégré la prestigieuse liste des 200 plus beaux buts de l’histoire de la Coupe du Monde.
Cinquante-deux ans plus tard, Wilson Isidor inscrit à son tour le nom d’Haïti dans la mémoire esthétique du Mondial. Son but contre le Maroc rappelle que, même lorsque le parcours collectif s’arrête trop tôt, un geste de classe peut suffire à laisser une trace durable.
Si les Grenadiers n’ont pas franchi le premier tour, cette réalisation restera l’un des souvenirs les plus forts de la Coupe du Monde 2026 pour Haïti. Elle symbolise à la fois le talent, la fierté et la capacité du football haïtien à produire des moments capables de marquer la scène internationale.
Gérald Bordes
