Entre douleur et désir, Bouquet d’amour en vers saignants
Il y a des livres qu’on lit. Et puis il y a ceux qu’on respire comme un feu lent, ceux qui entrent dans la chair et ne veulent plus en sortir. Bouquet d’amour, publié il y a plus de deux décennies par Schultz Laurent Junior, est de cette trempe rare. Ce n’est pas un livre. C’est un battement. Un vertige couché sur papier. Un cri qui s’est déguisé en poème.
On croit au début à de la douceur. Mais ce n’est qu’un masque. Derrière les vers bien tenus, il y a la fêlure, la main tremblante, le corps tout entier plongé dans une nostalgie vive où chaque souvenir est un morceau de verre qu’on serre contre soi. Trois poèmes ont pris feu sous mes yeux : Clair-obscur, Dis-moi, et Souffle de mon cœur. Ils ne m’ont pas seulement ému. Ils m’ont mordu à l’intérieur. Ils ont remué cette partie obscure de nous-mêmes où l’amour n’est plus un sentiment mais un gouffre sucré, où l’on descend sans corde, sans lampe, avec pour seul guide la lumière d’un regard déjà éteint.
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