Cet été, Plimay Éditions organise des ateliers de création littéraire dans quatre écoles de Jacmel. Au bout du parcours, les textes ne resteront pas dans les cahiers : ils seront réunis dans des ouvrages collectifs. Deux manuscrits sont déjà en cours de correction.
Pour 39 élèves de Jacmel, un texte écrit en classe est sur le point de devenir autre chose qu’un devoir. Leur nom figurera bientôt dans un livre. Leurs poèmes et leurs nouvelles, relus puis corrigés, seront confiés à des lecteurs qu’ils ne connaissent pas encore. C’est la promesse faite par Plimay Éditions à travers son programme d’ateliers de création littéraire.
La maison d’édition jacmélienne a choisi de passer une partie de l’été dans les écoles. La première session s’est déroulée du 7 au 11 juillet à l’École Marie Reine Immaculée. L’Institution Vie de France a accueilli la suivante du 20 au 24 juillet. Après ICOSA, du 3 au 7 août, le programme doit se poursuivre du 10 au 14 août à l’Institution du Bon Pasteur, la section secondaire de l’IDEPH de Jacmel.
Chaque atelier dure cinq matinées. Les élèves travaillent la poésie moderne et la nouvelle littéraire avec Raynaldo Pierre Louis. Poète, professeur de littérature et de philosophie, il dirige Plimay Éditions depuis 2021. Devant les participants, il ne se contente pas d’expliquer les formes littéraires. Il leur demande de penser à la personne qui ouvrira un jour leur livre.
« Écrire pour être publié change la nature même du geste », explique-t-il. Dès qu’un texte quitte le cahier, l’élève ne s’adresse plus uniquement à son professeur. Il choisit ses mots pour raconter, émouvoir ou surprendre. Il apprend aussi à reprendre une phrase, à accepter une correction et à défendre sa propre voix.
Raynaldo Pierre Louis insiste sur ce changement de regard : « L’élève n’écrit plus pour une note, mais pour lui-même ou un lecteur qui n’existe pas encore. » La publication donne ainsi une destination au travail. Elle montre au jeune que sa parole peut sortir de la salle de classe et rencontrer le public.
À l’École Marie Reine Immaculée, 21 participants ont réuni leurs textes dans « L’horizon au bout des doigts ». À l’Institution Vie de France, 18 autres élèves ont préparé « Constellations d’encre ». Les deux manuscrits sont en cours de correction. Ils doivent paraître dans « Graines d’Avenir », une collection de Plimay Éditions réservée aux jeunes auteurs.
L’expérience ne commence pas cet été. En 2024, des ateliers animés au Centre culturel Maurice Cadet avaient donné naissance à « PROMESSES », un collectif de jeunes poètes. En mai 2026, l’International Christian Academy a publié « Semences », un autre ouvrage collectif accompagné par Plimay Éditions et salué par l’écrivain Gary Victor.
Ces livres donnent une suite concrète aux ateliers. Les élèves ne repartent pas seulement avec des conseils ou un certificat. Ils emportent la preuve de leur travail. Pour certains, ce sera la première fois qu’ils verront leur nom imprimé à côté d’un poème ou d’une nouvelle.
Reste à payer la fabrication des ouvrages. Selon les cas, l’école prend en charge l’impression ou cherche un financement extérieur. Le programme, mené avec l’International Christian Academy et l’Association des Anciens de Vie de France, sollicite aussi des partenaires pour les établissements qui ne peuvent assumer seuls ces frais.
Cette étape compte autant que l’atelier. Sans impression, les textes risquent de rester à l’état de manuscrits. Avec un soutien financier, chaque groupe peut aller jusqu’au bout de l’aventure et remettre aux élèves le livre qu’ils ont écrit ensemble.
À la mi-août, quatre écoles auront accueilli le programme. Derrière ce bilan, il y aura surtout des jeunes qui auront appris à regarder autrement leurs propres mots. À Jacmel, Plimay Éditions leur ouvre une porte simple mais décisive : celle qui mène du cahier au livre.
Emerson Vilbrun
