Turquie : des milliers de personnes manifestent contre la condamnation du maire d'Istanbul

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Des milliers de Turcs sont descendus dans le rue, jeudi, pour dénoncer la condamnation du maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu à deux ans et sept mois de prison. Cette décision de justice est perçue comme un moyen d'écarter le principal rival de Recep Tayyip Erdogan à quelques mois de l'élection présidentielle.

Une décision de justice qui suscite la controverse politique. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Istanbul, jeudi 15 décembre, en présence des chefs de l'opposition turque, au lendemain de la condamnation du maire Ekrem Imamoglu qui le prive de ses droits politiques.

Le maire d'Istanbul, condamné à deux ans et sept mois de prison et à la suspension de ses activités politiques pour une durée équivalente, s'est adressé à la foule massée sous la pluie devant le siège de la municipalité.

"Ils ont effacé vos votes!", a-t-il lancé devant une marée de drapeaux rouges de la Turquie."Ce n'est pas mon procès mais le procès de la justice et de l'équité", a-t-il poursuivi, ajoutant n'avoir "absolument pas peur de cette décision illégitime".

"Je n'ai pas de juges pour me protéger mais j'ai 16 millions de Stambouliotes et notre nation derrière moi. Ensemble, nous allons chasser cet ordre défectueux", a-t-il enchainé, avant de conclure : "Tout ira bien!" – le slogan de sa campagne victorieuse pour la mairie, en 2019.

 

"Coup dur pour la démocratie", "condamnation injuste"...

C'est la première fois que les six partis d'opposition se retrouvent ainsi en meeting public depuis le lancement de leur plateforme commune pour affronter le président Recep Tayyip Erdogan lors des élections présidentielle et parlementaires en 2023.

Ekrem Imamoglu, 52 ans, qui a ravi en mai 2019 la plus riche et principale ville de Turquie au parti de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, était accusé d'avoir "insulté" les membres du collège électoral – traités "d'idiots" – qui avaient invalidé sa victoire, avant qu'un nouveau scrutin ne le confirme avec éclat trois mois plus tard.

L'édile avait annoncé son intention de faire appel dès l'énoncé du verdict, mercredi. Sa condamnation a suscité une vague de réprobation internationale, Berlin évoquant "un coup dur pour la démocratie".

La France a exhorté la Turquie "à inverser de toute urgence les tendances négatives à l'œuvre en matière d'État de droit, de démocratie et de respect des droits fondamentaux".

Pour le département d'État américain, qui se dit lui aussi "gravement préoccupé", "cette condamnation injuste est incompatible avec l'État de droit".

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis près de 20 ans, a annoncé sa candidature à sa propre succession au printemps prochain, dans le contexte d'une sévère crise économique et d'une inflation de plus de 84 % qui rend la vie quotidienne très difficile pour une majorité de Turcs.

 

AFP 

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