Radio Pacific 101.5 fm

Éditorial 4 min de lecture

Le cauchemar de Martissant

Le cauchemar de Martissant

Certains peuvent avoir les moyens de se payer un billet d’avion pour éviter le territoire dit perdu de Martissant. Mais quelqu’un qui n’a pas effectué la traversée du Portail Léogâne à Fontamara n’a vraiment pas une idée de ce que l’absence de gouvernance, la folie du pouvoir et le mépris social peuvent produire. Si Martissant est vu comme un territoire perdu, la zone qui commence à partir de Fontamara semble tout aussi abandonnée. Au niveau de ladite Marine haïtienne pour aller jusqu’à Gressier, la Nationale numéro 2 est dans un état de dévastation qui devrait faire honte à un État en l’an de grâce 2023. La chaussée en plusieurs endroits n’existe pas. Les détritus sont partout. Une pluie de quelques minutes et pire de quelques heures comme l’averse qui s’est abattue sur la région dans la soirée du 16 au 17 mai a rendu presque la route impraticable. Il fallait partout manœuvrer dans la boue et les ordures en priant Dieu qu’on ne s’abîme pas dans un fossé caché sous les eaux.

 

Pour effectuer la traversée, car c’en est bien une, la population y est bien obligée, car on habite Fontamara, Bizoton, Thor, Mahotière etc. et son gagne-pain est souvent à Port-au-Prince. Ce tronçon de route relie plusieurs départements. Il faut donc avoir recours aux services d’un transport public de fortune, délabré souvent, qui fonctionne on ne sait par quelle volonté, celle de Dieu, du Diable ou des lwa. L’atmosphère dans l’un de ces grands autobus jaunes, le moyen le plus prisé pour effectuer le trajet, est toujours houleuse. Les passagers, la plupart avec un sac à dos, doivent se trouver une place sur des sièges en mauvais état, pendant que des vendeurs dans la cohue  tentent d’imposer leurs produits. Ceux qui encaissent aux portières à l’avant et à l’arrière ne plaisantent pas. Quand l’autobus démarre, sa carcasse jacasse son agonie prochaine. Avant d’aborder Martissan, le véhicule est comme une embarcation traversant l’étang nauséabond tapissé d’ordures qu’est devenu le Boulevard Jean Jacques Dessalines. Un spectacle que n’imaginent certainement pas nos pseudo dirigeants dans leur confort et leurs privilèges nullement mérités.

Publicité — faites défiler pour poursuivre la lecture

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

Suivez-nous sur WhatsApp

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre