Depuis la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est chargé d’assurer la continuité de l’État avec le soutien affirmé de la communauté internationale. Alors que certaines informations font croire qu’un document pourrait être signé ce week-end, ouvrant la voie à un remaniement ministériel dans les 48 heures qui suivent. Un replâtrage gouvernemental ne résoudra pas la crise pluridimensionnelle que traverse le pays, a alerté le sociologue Delson Cius.
Dans une interview téléphonique accordée au journal Le National, Delson Cius, également membre de l’Accord de Montana, estime que le Premier ministre n’a ni la légitimité ni l’autorité politique pour entreprendre une telle démarche. Selon lui, le chef du gouvernement, révoqué par la majorité, devrait se limiter à expédier les affaires courantes en attendant la mise en place d’un exécutif bicéphale. Il accuse par ailleurs le locataire de la Primature de mettre en œuvre l’agenda de la communauté internationale à travers un gouvernement monocéphale.
Alors qu’une large partie de la classe politique plaide pour un exécutif bicéphale, le sociologue Delson Cius considère que la démarche du Premier ministre ne produira aucun résultat tangible, sinon un simple partage de postes ministériels. « Le Premier ministre n’agit pas dans l’intérêt du peuple haïtien, mais dans celui de l’international », martèle-t-il. Il précise également que les représentants de l’Accord de Montana n’entameront aucun dialogue avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sans des conditions préalables, notamment un accord de principe pour la mise en place d’un exécutif bicéphale et une orientation stratégique pour organiser les élections.
« Nous sommes face une crise pluridimensionnelle, quel que soit la solution pour résoudre cette crise doit bâtir par un diagnostic et une concertation légitime », martèle le sociologue Delson Cius, tout en soulignant que la forte possibilité pour qu’il ait un remaniement ministériel est selon lui, une démarche suicidaire.
À l’inverse, Jean Rony Alexandre, président du parti Renouveau National (RN) et membre du Compromis Historique, juge qu’il est indispensable pour un remaniement ministériel. Selon lui, des ajustements sont nécessaires pour permettre au Premier ministre de répondre aux exigences liées au rétablissement de la sécurité et à l’organisation rapide des élections.
Toutefois, il met en avant les avancées déjà réalisées, notamment la création de la Force de répression des gangs (FRG) et les travaux du Conseil électoral provisoire. Pour le président du parti Renouveau National (RN), Jean Rony Alexandre, des changements au sein du gouvernement sont jugés cruciaux afin d’assurer la continuité de ces efforts.
En somme, il appelle le locataire de la Primature à insuffler une nouvelle dynamique au sein de son gouvernement et réaffirme le soutien du Compromis Historique à Alix Didier Fils-Aimé. Ce regroupement politique rappelle qu’après le 7 février, c’est bien au Premier ministre qu’il revient d’assurer la continuité de l’État jusqu’à la tenue des élections générales dans le pays.
Likenton Joseph
